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Lapide siiiL lîi iM6iiiif;t'r et nMiln-r en grâce aiiinvs tï'c.Wo par s;i inimifirciu;»! riivcrs la sciiMicc elles savants.
Du rosir, Clitarque, dans son réoil, no parle d'aneun des compagnons d'Alexandre avec autant de rcsj)ect, avec une intention aussi marquée de lui «lire (les choses agréables, que do Ptolémée. On aura plus loin l'occasion iVvn citer d(!S preuves j)lus détailh'scs : ce qu'il y a de |)lus rernarf|ual)le, c'est une assertion qu'on nedonn(; pas, il est vrai, comme étant de Clitarque, mais ((ui se retrouve dans Diodore et dans Quinte-Curce. A l'occasion de la blessure que Ptolémée reçoit à l'assaut de la ville des Brahmanes, Quitite- (lureedil : Vlolcinwus levilcr (piiihim saucius scd majore periadn (judin vulncrc iiffcdKs rcyis sollicitudincm in se convcHemt : s un {/ni ne canjuncliis erat et quidem Vhilippo yenitum esse credebant; certc licllice ejits orhnn constahat; idem corporis ciistns promplissimusque hellator et pacis artibns quam miiitiœ major et elarior, modica eiviliqne cnlhi, l i lier al is imprimis adi luque facilis nihil ex fasturegio assi(m2)serat : oh hœc régi an popularibus elarior es set dnbitari poterat, tune certe primwn expcrtus suarum animas,, adea ut fortimam, in quam postca ascendit, in illa pcrieula Maeedones amimdi esse videantur^.D'ioâore donne ihu moins en extrait, l'équivalent de ce passage : lui aussi (comme Justin^ également) parle du songe qui révèle au roi le moyen de guérir la blessure : i'ôtov yâp ti xat Tiapâoo^ov (ruvéêr, ysvirrOac usp'tTÔv IItoàî- [xaîov, 0 Ttvc? eîç 6cà)v Trpovoiav àvÉTcsjJLTîOv àyaTiwpLcVOç yàp 'j^' âTrâvxwv oià tî Tr,v àp£Tr,v xai u7iepêoXr,v TrjV Et; to'jto'j; EÙepyeaiaç, oiv.cîa; xr,; çiXavôpwTio-j {ior,- Oesaç ïvjyf^ x. t. \.^,
Certainement, Clitarque a su décrire en perfection, peindre avec de vives couleurs, trouver le trait caractéristique et le mot juste, mais il lui manque le sens de la vérité. Quintilieii porte sur lui ce jugement : Clitarchi probalur ingenium, fides infamatur. Nous n'avons pas à rechercher combien parmi les invraisemblances, les mensonges ou demi-mensonges dont nous savons ou dont nous découvrons qu'il est l'auteur, ont été par lui empruntés à d'autres relations, ou racontés sur la foi de simples bruits ou inventés de toutes pièces, ni jusqu'à quel point il a cru lui-même ce qu'il écrit.
Il n'y a pas de tradition affirmant expressément que le Lagide Ptolémée • ait publié son Histoire d'Alexandre après Clitarque, mais on peut le conjecturer avec vraisemblance, pour les raisons que voici. On voit par Quinte- Curce que Clitarque racontait comme quoi, à l'assaut de la forteresse des Malliens, Ptolémée s'était trouvé parmi le petit nombre de ceux qui protégèrent et sauvèrent alors Alexandre grièvement blessé; l'historien ajoute : sed ipse, scilicet gloriœ fuœ non refragatus, afuisse missum in expeditionem mémorise tradidif* . Or, on fait observer avec raison que Clitarque n'aurait pas pu écrire cela, si déjà le livre du Lagide avait été publié ; au contraire, plus l'ouvrage de Clitarque avait de notoriété, plus le Lagide était porté à
1) CuBT., IX, 8, 22. - 2) Justin., XII, 10. - 3) Diodok , XVII, 103. — 4) Clht., IX, 5,21.
APPENDICE. I 7ol
reclifior une assertion fausse, et Arrieu dit aussi : àvôyéYpaçev oOoà TtapaycvidOat xo'jTfo Tf;» £pY(!>*. La comparaison de Quinte-Curce avec Diodorc et Strabon- montre que l'histoire de la guérison merveilleuse de Ptolémée blessé à la ville des Brahmanes vient de Clitarque, et on voit par Arrien^ que Ptolémée n'a rien dit de semblable. Ptolémée garde également le silence sur l'expédition chez la reine des Amazones. Au sujet de Persépolis, Clitarque raconte comment la belle Thaïs — celle qui vécut par la suite dans l'intimité de Ptolémée et lui donna plusieurs enfants — mit le feu au palais de Persépolis dans un accès d'enthousiasme, au milieu d'un festin avec cymbales et trompettes; mais, quand on rapproche de cette narration le récit discret d'Arrien*, suivant lequel Parménion, consulté, s'oppose à la mesure qu'Alexandre juge nécessaire, on est tenté de croire que la critique de Ptolémée a passé par là, dissipant les extravagances capiteuses que Clitarque a données pour de l'histoire.
Il se peut que Ptolémée ait cru devoir à la mémoire de son royal ami d'opposer aux versions absurdes et même malintentionnées qui ne trouvaient que trop d'écho, une simple relation des faits et la garantie de son nom ; en le faisant, il poursuivit encore, ce semble, un autre but. Il est à remarquer que le Lagide n'eut pas de repos qu'il n'eût amené à Alexandrie la dépouille mortelle d'Alexandre ; que, dans son récit, il a eu soin d'attirer l'attention sur le choix qu'Alexandre avait fait d'Alexandrie, après la mort d'Héphestion, pour y fonder un culte héroïque en l'honneur de son ami'^ ; que Ptolémée a institué lui-même à Alexandrie un sacerdoce voué au grand roi ; que l'image en or d'Alexandre resplendissait dans les processions solennelles, sur un char traîné par des éléphants, telle qu'on la voit sur les monnaies d'or des Ptolémées. On est tenté de rappeler que la plus dure épreuve du Lagide fut la lutte malheureuse qu'il soutint en 306 contre Antigone et Démétrios, en un temps où, le dernier héritier légitime du trône ayant péri depuis cinq ans déjà, Antigone avait la prétention, au nom de l'idée monarchique, de se poser en maître de l'empire entier et de ses satrapes, ce même Antigone qui était resté tranquillement dans sa satrapie de Phrygie pendant que Lysimaque, que Séleucos, que Ptolémée surtout, comme le démontre l'histoire des campagnes du grand roi, avaient « versé leur sang » pour procurer à leur maître puissance et renommée. Bientôt après, la bataille d'Ipsos mit à néant ce fantôme de monarchie et d'empire unitaire, au profit de ceux qui revendiquaient le droit d'être, sur un pied d'égahté et chacun dans son domaine, dans la ôoptxxr.To; */'"^?^) comme on dit dans le langage technique, les successeurs du grand roi.
Ce sont là des conjectures : ce qui est plus certain, c'est que Ptolémée était parfaitement en état d'écrire l'histoire d'Alexandre; que, parmi les survivants de cette génération, personne n'avait approché le héros déplus près, personne n'avait mieux connu et mieux compris ses actes et ses desseins ;
i) ÂHKiAN., VI, 11, 8. —2,1 Clrt., IX. 8, 20. Diough., XVli, 103. Stkab., XV, p. 723. — 3) Ahkia.n., VI; 17. — 4) Arhian., III, 18, 11. — 5) Akhian., VII, 23, 7.
i:\2 APIMCNDICK. — I
et Arrion, qui puise surtout flans sa cliroiiiijuc, a raison de dire qu'il mérite parliculii'TOinoiil confiannc, parce que pour lui, « en sa qualité de roi », le inensonj^o serait doublenieut iiilaniant ' .
Après lui, c'est surtout Ahistodule que suit Arricn, « parce que lui aussi a fait campagne avec Alexandre- » ; et plus loin, « parce que ces deux auteurs, ayant écrit seulement après la mort d'Alexandre, n'étaient ni obligés ni intéressés à raconter les choses autrement qu'elles ne se sont passées-'' ». Par ce dernier passage, Arrien exclut Callistliène, Anaximène, Onésicrite • par le premier, il rejette la possibilité, admise par certains critiques modernes, que Clitarque ait pris part aux campagnes d'Alexandre.
Sur le compte d'Aristobule, nous savons peu de chose; nous ignorons même d'où il est originaire. Il rapporte lui-même* qu'après qu'Alexandre fut revenu de l'Inde, il fut chargé de restaurer le tombeau de Cyrus pillé par des scélérats : peut-être n'était-il pas dans l'armée comme combattant, mais comme ingénieur.
Ce qui nous a été conservé de son ouvrage, dans Arrien et ailleurs, donne à penser qu'il s'attachait moins aux faits de guerre et s'étendait plus volontiers sur les descriptions de paysages et de coutumes, sur les présages et la mantique. Il avait fait entrer dans son récit même les campagnes de 335 ; on s'en aperçoit par un passage que l'on cite de lui et où il est question des hommes d'État athéniens don4, Alexandreexigeait l'extradition •\ Il commença à écrire son ouvrage à l'âge de 84 ans, comme il nous l'apprend lui-même^. On est en droit d'en conclure qu'il n'a écrit qu'après la publication du livre de Clitarque, car, s'il avait écrit avant (avant 312-300), il aurait eu déjà près de soixante ans lors du départ d'Alexandre. Il y a des passages qui font supposer qu'il avait en main l'ouvrage de Clitarque, comme l'embuscade qui surprend les Macédoniens à Maracanda' et l'histoire des avertissements de la Syrienne^. La chose est plus douteuse en ce qui concerne la ruine de Thèbes.Plutarque, parlant dans ses Moralia des beaux exemples donnés par des femmes, cite la Panthéa de Xénophon, la Thébé de Théopompe, la Timocléa d'Aristobule. Or, l'histoire de Timocléa, telle qu'elle est racontée en d'autres endroits sans nom d'auteur^, est aussi « sensationnelle » que possible, tout à fait dans le goût de Clitarque et absolument étrangère à la manière d'Aristobule. D'après ce récit, le misérable qui s'attaque à Timocléa est un ilarque thrace *^ du nom d'Alexandre, tandis que l'on ne trouve pas dans les auteurs les plus corrects le moindre indice que le roi ail eu avec lui des cavaliers thraces dans la campagne de 335. Ou bien, dans cette courte allusion, Plutarque se trompe sur le nom de l'auteur, ce qui lui arrive en plus d'un endroit, ou bien Aristobule a réellement raconté l'histoire de Timocléa; mais alors, il l'a fuit certainement sur un autre ton que ce
1) ÀRRIAN., Prdœm. 2. — 2) Arrian., Ibid. — 3) Arrian., ibid. — 4) Fr. 37 ap. Arman., VI, 29. 10. — 5) Fr. \, — 6) Fr. 1. — 7) Fr. 21. Cf. Curt., VIT, 7, 31. — 8J Fr. 24. Cf. Curt., VIII. 6, 16. — 9j Voy. les passages visés dans C. MûLLER, Arislob. fr. 1. — 10) r^Çiyt o\ Opax-'ou (?) tivo; î'/.r, r. Polytenos (VllI, 39) eu fait même un 0pàS r7î'jiap-/oç.
fragment prétentieux, et peut-être pour rectifier Clitarque, car la conjecture susmentionnée de certains critiques modernes, à savoir qu'Aristohule a suivi dans ses premiers écrits la tourbe des xoXaxeuovxe;, ne paraît pas soutenable centre l'autorité d'Arrien, en dépit de l'assertion d'un rhéteur anonyme cité par C. Millier'.
Parler des auteurs qui ont traité de l'histoire d'Alexandre après le temps des Diadoques n'entre pas dans le dessein de celte revue des sources premières. Cependant, il me sera permis de signaler deux points qui mériteraient bien une étude plus approfondie.
La tendance au roman historique, qui commençait déjà avec Callisthène et qui trouva dans Clitarque une expression fort admirée, a atteint, ce semble, de bonne heure au romanesque pur. Dans l'Egypte hellénistique notamment, il est certain qu'on a cherché de bonne heure à orner de détails merveilleux le souvenir d'Alexandre, à le rattacher à l'histoire des Pharaons et à sa tragique issue sous Nectanébo II : c'est là du reste, sans aucun doute, que s'est formé le Pseudo-Callisthène. Il peut y avoir eu encore d'autres romans d'Alexandre, rattachés à d'autres histoires locales. C'est à un conte de cette espèce que se réfère le prétendu Plutarque^, quand il raconte, d'après le troisième livre des Maxeôovtxà d'Arétade de Cnide, que le roi de Perse Darius, après avoir perdu à la bataille du Granique sept satrapes et cinq cent deux chars de guerre, voulait se réconcilier avec Alexandre, mais que le fils de Darius, Ariobarzane, poussé par son inclination pour Alexandre, s'était offert à trahir son père, sur quoi celui-ci lui avait fait trancher la tête. Le Pseudo-Callisthène mentionne également Ariobarzane avec Bessos comme [j-éya oîbpov Xyi'!/6[xsvoi T^apà 'AXe^âvopou ^, mais seulement à l'occasion du meurtre de Darius. Quand aux Satrapœ septem de l'Asie-Mineure, il en est question tout au moins dans Vltiiiéraire d'Alexandre *, qui emprunte généralement son récit à Arrien, mais le complète par endroits d'après JuHus Valérius. De même, le Dapanès de Pollux, ô Ila'.ovja; craTpâTXT,;^, celui qui fait cadeau à Alexandre d'une chienne de Péonie (yvwp'.jxo; oï xai Tptaxoç vj TraiovixYj xutov), devait être un personnage bien connu de quelque roman de ce genre sur Alexandre ; du moins, un satrape de Péonie est chose assez absurde pour venir d'une pareille origine.
C'est un courant littéraire de direction tout opposée que vise notre deuxième remarque. Que, dès le siècle suivant, la critique, dont l'ouvrage de Ptolémée était déjà un premier essai, se soit emparée des traditions concernant les campagnes d'Alexandre, c'est là un fait qui, vu le développement de l'esprit scientifique tel qu'il s'affirmait, par exemple, à Alexandrie, n'a rien de surprenant. Le jour où Ératosthène se mit à constituer les bases d'une géographie scientifique avec les connaissances qu'on avait amassées sur la configuration de la surface de la terre, et avec le calcul — essayé méthodiquement pour la première fois — de l'étendue de cette surface, il fut obligé de faire
1) C:. :MûLLii:H, op. cit., p. 04. — 2; Ps. Plut.. Par. min., 11. — 3) Ps. Cal- LiSTH., II, 21. — 4) llin. Alex., 19. — 5) Poll., Ontm.,\, 46.
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rinventairc de tous les matrriaux gôograpirKjues ot ethnographiques que lui avaient transmis ies historiens d'Alexandre ; et l'on voit encore par les fragments qui nous restent de lui eoinnicnt il s'rlait acquitte'! de ce travail, comment, par exemple, èx toO |x-)^ ôij.o),oy^'^ à)>/.y,Àoi; toÙ; T'jyypaçéa; ', il conclut qu'il y a peu de fond <\ faire sur leurs renseignements géographiques ou autres. Deux générations plus lard, Polybe, qui saisit si volontiers les occasions de critiquer les historiens antérieurs, prend texte du récit de la bataille d'Issos, tel qu'il est dans Callisthônc, pour montrer la nullité complète, au point de vue militaire, de ces descriptions de littérateur : il est vrai qu'emporté par son zèle critique, il se découvre lui-même plus d'une fois.
Peut être, en y regardant de prés, trouverait-on encore d'autres essais de critique. 11 serait intéressant de savoir si Ton est entré aussi dans la voie qui, pour l'histoire moderne^ hqus paraît la plus fructueuse et la plus indispensable, dans la critique fondée sur des actes et documents : mais, avant de poser la question, il faut déterminer s'il existait des matériaux de cette espèce et en quelle quantité.