‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 23 sur 231 · I, 1] LA GUERRE SACRÉE · texte numérisé non relu

I, 1] LA GUERRE SACRÉE

Los (lépiilés d'Atlic'ncs et de Thèbes ne vinrent pas ; ceux de Sparte étaient exclus depuis l'issue delà guerre Sacrée ; les envoyés qui parurent à l'assemblée résolurent une expédition sacrée contre Amphissa et en chargèrent les populations voisines. Cette expédition n'eut que peu de succès, et les habitants d'Amphissa persévérèrent dans leur insolence. L'assemblée suivante (automne 339) confia à Philippe le châtiment des profanateurs et l'hégémonie de la guerre Sainte.

Il se hâta de marcher; mais il avait encore un autre but que celui de châtier les paysans d'Amphissa. Athènes avait renouvelé la guerre contre lui et l'avait contraint de céder devant Byzance et devant Périnthe ; l'expédition entreprise pour venger le dieu de Delphes lui fournissait l'occasion de rapprocher ses forces des frontières attiques et de continuer la guerre sur un terrain où la puissance maritime des Athéniens ne pouvait leur servir. C'étaient eux-mêmes qui avaient soulevé la querelle avec Amphissa ; il leur était donc impossible de s'élever contre celui qui venait pour la diriger sans révéler aux yeux de tous leur tort et les contradictions de leur politique. Philippe pouvait compter sur Thèbes qui, surtout depuis la guerre contre les Phocidiens, exaspérée contre Athènes et obligée à la reconnaissance envers les armes macédoniennes qui l'avaient sauvée, était rivée à sa cause par une alliance. Déplus, il avait concédé aux Tbessaliens Nicœa, située à l'entrée méridionale des Thermopyles, et par cette ville le chemin vers le sud lui était ouvert. Dlléraclée, à l'entrée septentrionale des Thermopyles, il envoya en avant une partie de son armée par le défilé de la Doride, qui est la voie la plus directe pour se rendre à Amphissa ; puis, avec la partie la plus considérable de ses forces, il s'achemina par Nicaea à travers le défilé qui descend vers Élatée, située dans la partie haute de la vallée phocidienne du Céphise. A la fin de Fautomne 339, il était à Élatée et s'y retranchait ; devant lui s'étendaient les frontières ouvertes de la Béotie et les routes de FAtlique ; derrière lui, il avait les défilés qui assuraient ses communications avec la Thessalie et la Macédoine.

Philippe envoya des ambassadeurs à Thèbes ; il offrait à la ville, si elle faisait campagne avec lui contre Athènes, une

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part an ])iitin el unc^ extension de territoire ; au cas où elle ne IHninail pas prendre pari à la lutte, il demandait dn moins le passai;»' lilirc. Mais en même temps arrivaient à Tln'hes des ambassadeurs athéniens, et, malg^ré tout ce qui s'était passé depuis vingt ans, le zèle de Démosthène parvenait à conclure une ligue entre Tlîèbes et Athènes. Thi'bes envoya un corps de mercenaires au secours des Locriens d'Ampliissa, tandis qu'Athènes leur cédait 10,000 hommes qu'elle avait enrôlés ; puis les deux villes appelèrent aux armes les Phocidiens bannis, les conviant à rentrer dans leur patrie, et les aidèrent à fortifier quelques-unes des places les plus importantes du pays. Mais les Macédoniens s'avancèrent sur Amphissa et battirent les troupes mercenaires de l'ennemi ; Amphissa fut détruite. Athènes et Thèbes se préparèrent avec une ardeur sans égale à s'opposera la suprématie de Philippe en Phocide ; ils appelèrent même leurs citoyens aux armes ; les forces d'Athènes se dirigèrent sur Thèbes, s'unirent à l'armée béotienne, et deux combats heureux relevèrent leur assurance. Corinthe, Mégare et quelques autres alliés d'Athènes envoyèrent des corps auxiliaires.

Mais Philippe ne recula pas ; il tira de Macédoine des renforts que lui amena son fils Alexandre. Alors son armée se trouva forte d'environ 30,000 hommes. C'est peut-être à ce moment que le roi envoya des ambassadeurs à Thèbes pour entrer en négociation ; la vive riposte de Démosthène paralysa les velléités pacifiques des Béotiens. Il eût fallu que l'armée des confédérés, supérieure en nombre aux forces macédoniennes, eût su aussi bien prendre l'initiative stratégique. Ils occupaient une forte position, appuyés comme ils l'étaient sur le Céphise et à l'entrée de la Phocide. Mais un mouvement de Philippe sur la gauche les força de se retirer dans la plaine de Béotie, et le roi vint leur offrir la bataille près de Chéronée (août 338). Pendant longtemps le combat fut indécis, mais une charge de cavalerie commandée par Alexandre décida de la journée : ce fut la victoire la plus complète ; l'armée des confédérés fut dispersée et anéantie. Le sort de la Grèce était entre les mains de Philippe.

Il n'était pas enivré de son triomphe, et il n'entrait pas non

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