‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 28 sur 231 · I, 1] ARTAXERXÈS II · texte numérisé non relu

I, 1] ARTAXERXÈS II

son peuple. Il pouvait monlrer au Spartiate Lysandre le parc qu'il avait établi en grande partie de sa propre main ; et comme celui-ci jetait un coup d'œil incrédule sur ses chaînes d'or et ses somptueux habits, Cyrus lui jura par Mithra que, chaque jour, il ne prenait de la nourriture qu'après avoir fait son devoir soit au travail de la terre, soit dans l'exercice des armes. Il avait appris à connaître et à estimer l'art et la bravoure militaire des Hellènes ; c'était surtout par son appui que Lysandre était devenu maître des Athéniens : de plus, la puissance navale qui avait porté une si grave atteinte au royaume était anéantie avec la chute d'Athènes ; enfin Sparte avait expressément consenti à ce que les villes grecques de F Asie-Mineure fissent retour à l'empire; tout cela était de nature à faire croire à Cyrus qu'il pouvait sans danger enrôler^ comme noyau de l'armée avec laquelle il comptait prendre possession du trône qui lui était du, 13,000 mercenaires grecs recrutés dans tous les États helléniques, auxquels viendraient encore s'adjoindre 700 hoplites que Sparte enverrait à Issus. Tissapherne, satrape de l'Ionieet ennemi personnel de Cyrus, avait envoyé un avertissement à Suse en temps opportun ; Artaxerxès se porta contre le rebelle avec le ban de l'empire ; ce fut à l'entrée de la Babylonie, près de Cunaxa, qu'il le rencontra pour lui livrer bataille. Après la victoire des Grecs à leur aile, Cyrus se précipita avec GOO cavaliers contre les 6,000 cavaliers qui environnaient Artaxerxès, rompit leurs rangs, pénétra jusqu'au roi, le blessa, puis tomba lui-même sous les coups d'Artaxerxès et de ses fidèles. La blessure du roi fut guérie par son médecin, le Grec Ctésias. Le harem de Cyrus tomba aussi entre les mains d'Artaxerxès. Parmi les prisonnières se trouvaient deux Grecques que leurs parents avaient amenées au prince à Sardes. L'une d'elles, une Milésienne, parvint heureusement à s'échapper dans le camp des Grecs; l'autre, la belle Milto de Phocée, qui avait reçu une brillante éducation, entra dans le harem du Grand-Roi et y joua pendant longtemps, à ce que racontent les Grecs, un rôle important.

La journée de Cunaxa affermit extérieurement la puissance du Grand-Roi. Mais ce qui témoignait d'une désorganisation

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prolonck', ('«'sl qirimniédialcment avant Ja Ijalaille Ijoaucoup des nohk's de l'armée royale élaient passes du côté des rebelles. Un symplnnic plus infjuiétant encore, c'est que celte petite (roii[M' de Grecs eût pu, sur le cliamp de bataille, rompre et renverser les masses de l'armée royale et qu'ensuite, marcbant en rangs serrés à travers le royaume, elle eut réussi à atteindre les côtes du Pont. C'était donc bien peu de chose que l'organisation de l'empire pour qu'une armée ennemie put ainsi traverser impunément trois, quatre satrapies, en narguant les forteresses de leurs frontières? Si le satrape de Cilicie, qui appartenait à la vieille race indigène des Si/€7î7iesis , eût fait son devoir ainsi que la flotte perse, qui était commandée par l'Egyptien Tamos^ jamais le rebelle n'aurait pu franchir les défilés du Taurus. Avant tout, ce qui montrait qu'on devait traiter avec plus de circonspection et de rigueur que jamais les satrapies des provinces occidentales qui tout autour des côtes étaient pénétrées d'éléments helléniques, c'est que Cyrus, avec l'autorité excessive dont il était investi, avait pu y lever toute une armée de Grecs. La faute n'incombait pas au système des satrapies, mais bien au pouvoir central qui avait laissé les Kai^anoi et les satrapes s'habituer à diriger la politique par eux-mêmes, à gouverner comme des souverains territoriaux et à se faire, dans les tyrans des villes, les fermiers d'impôts et leurs favoris à gages, un parti personnel qui leur donnait assez de force pour qu'ils fussent insolents avec leurs supérieurs et oppressifs envers leurs inférieurs.

Peut-être cependant n'est-ce pas seulement dans ces conjonctures que le nombre des satrapies de l'Asie-Mineure, borné à quatre dans le régime institué par Darius 1", fut augmenté. La grande satrapie de Phrygie, qui s'étendait de la Propontide au Taurus et aux monts d'Arménie et qui comprenait presque tout le plateau intérieur, fut divisée en trois satrapies, celles de la Phrygie d'Hellespont, de la Grande-Phrygie et de Cappadoce ; toute la Carie et la côte méridionale jusqu'à la Cilicie furent retranchées de la satrapie dlonie ; la Cilicie fut dorénavant laissée sans satrape, et devint, paraît-il, un territoire immédiat de l'empire.

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