‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 30 sur 231 · I, 1] DARIUS III ROI DE PERSE · texte numérisé non relu

I, 1] DARIUS III ROI DE PERSE

lui donna Tordre do boire cette coupe, comme si c'eût été une marque de sa faveur. C'est ainsi que iiagoas trouva, mais bien tard, son châtiment.

Les rênes du royaume étaient entre les mains d'un roi tel que les Perses n'en avaient pas eu depuis longtemps; beau et grave, tel queFAsialiquc se représente volontiers son souverain, gracieux pour tous et honoré de tous, doué de toutes les vertus de ses grands aïeux, exempt des vices hideux qui avaient dégradé la vie d'Ochos et mené l'empire à sa perte, Darius paraissait être destiné à guérir de ses blessures cet empire auquel il était arrivé sans avoir eu besoin ni de crime, ni de sang. Aucune révolte ne vint troubler le commencement de son règne ; FEgypte était de nouveau soumise à l'empire, les Bactriens et les Syriens obéissaient fidèlement au roi. Depuis les côtes ioniennes jusqu'à l'Indus, l'Asie, unie sous le noble Darius, semblait en sécurité comme elle ne l'avait pas été depuis longtemps. Et pourtant, ce roi devait être le dernier des descendants de Cyrus qui régnerait sur l'Asie, comme s'il fallait une tète innocente pour expier ce qui ne pouvait plus se guérir.

Déjà s'amoncelait à Thorizon la tempête qui devait anéantir la Perse. Déjà les satrapes des côtes avaient envoyé des messages portant que le roi de Macédoine avait fait la paix et con» clu alliance avec les Etats de la Grèce, et qu'il préparait son armée pour se jeter, au printemps prochain, sur les provinces de l'Asie Mineure. Darius désirait éviter à tout prix cette guerre; il semblait pressentir que son colossal empire, déchiré intérieurement et languissant, n'avait besoin que d'une secousse extérieure pour se disloquer. Dans cette indécision, il laissa passer le dernier délai qu'il eut pour prévenir cette attaque redoutée.

Au moment même où Darius montait sur le trône, le roi Philippe faisait traverser l'Hellespont à ses premières troupes, sous la conduite de Parménion et d'Attale, avec ordre de s'établir fortement dans les villes grecques des satrapies voisines.

Déjà les membres de la Ligue hellénique avaient reçu avis d'envoyer leurs contingents en Macédoine et de réunir leurs

C)H LA GUKKRE NATIONALE [1, 1

tririMiics à la floltc macédonienne. Philippe comptait se mettre Iiii-niùme en marclie bientôt après pour commencer, à la tête des forces gréco-macédoniennes, l'œuvre à laquelle il avait jusque-là travaillé.

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