I, 2] LE PAYS ET LA RACE
nos, s'en allèrent au nord, chez les Illyricns, puis plus loin dans la Haute-Macédoine, et s'établirent ensuite à Edesse, près des grandes cascades qui déversent les eaux dans la vaste et fertile contrée du littoral. G'est-là, à Edesse, qui fut aussi nommée .Egae, que Perdiccas, le plus jeune des trois frères, fonda un royaume qui, s'étendant peu à peu, s'annexa les régions circonvoisines, rÉmathie, la Mygdonie, la Bottiée, la Piérie, l'Ampliaxitide.
Ils appartenaient aux mêmes tribus pélasgiques qui jadis avaient occupé tout le territoire hellénique, et dont quelquesunes, restées en arrière de la civilisation des Hellènes, furent considérées plus tard par ceux-ci comme des Barbares ou semi-Barbares. La religion et les mœurs des Macédoniens prouvent cette communauté d'origine. Sur les frontières, il put bien se produire un mélange avec les tribus illvriennes et thraces : mais la langue des Macédoniens nous apparaît comme très voisine des plus anciens dialectes helléniques ^
Dans le régime militaire des Macédoniens, le nom des hétceres est resté en usage jusque dans les derniers temps. Si, comme on n'en saurait douter, ce nom a été importé dans le pays dès l'établissement de la royauté, il en résulte que les Héraclides macédoniens établis dans un pays étranger avaient à y remplir la même tâche que leurs ancêtres dans le Péloponnèse: comme eux. ils devaient fonder leur puissance et leur droit surl'asservissement des anciens indigènes ; la seule
') Tout récemment A. Fick, Zum mahedonischen Diakkte [m Kuhn's Zeitschrift, XXII, p. 193 sqq.) a élucidé cette question, et, en dépit des objections de G. Meyer (in Jahrhh. f. klass. FhlloL, 1875. p. 18ô . il a démontré, à mon sens, par des preuves convaincantes que ce que Ton possède de gloses et de noms macédoniens est en majeure partie de caractère foncièrement grec, surtout les noms antérieurs à Alexandre le Philhellène : ainsi, le nom de cet Alexandre lui-même, ceux de ses prédécesseurs qui sont, en remontant. Amyntns. Alcétas, Aéropos nom d'un roi de Tégée, Pausan., VIII, 44, 8), Philippe, Perdiccas. Cependant, dans la liste de noms macédoniens qui date de 01. LXXXIX (C. I. Attic, n° 42), il s'en trouve aussi de bien étranges, raiTÉa;, 3lTaou.£a:. et — dans le fragment 42 d, qui doit appartenir à la même inscription — "E^apo:. KpaTÉvvaç, Parmi les gloses macédoniennes (ap. Meyer, op. cit.. n° 50 1, vpig.ov, signifiant le copeau de sapin que l'on emploie comme luminaire, rappelle le nom du prince illyrien Tpâgo; dans l'inscription de Tan 355 (publiée dans T'Eçt.u. àpy., 1874, p. 451 et insérée maintenant au C. I. Attic. II, n° 66 b).