‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 33 sur 231 · TA ROYAUTÉ [I · texte numérisé non relu

TA ROYAUTÉ [I

tlinÏTonco était que, dans celte contrée plus que dans les autres pays doriens, Télément ancien se môla intimement au nouveau, et se fondit en un tout qui conservait la vigueur mais aussi la grossière rudesse des ancêtres; il y eut là, pour ainsi dire, un âge héroïque, moins la poésie. Les mœurs indigènes étaient tout à fait semblables aux vieilles coutumes franques : celui qui n'avait encore tué aucun ennemi devait porter un licou pour ceinture ' ; celui qui n'avait encore abattu aucun sanij^lier à la chasse devait rester assis et non couché dans un festin -; dans les funérailles^ c'était la fille du défunt qui devait éteindre le bûcher sur lequel avait été brûlé le cadavre ^; on rapporte que, par la volonté des dieux, les trophées de la première victoire que Caranos remporta sur les tribus indigènes furent, pendant la nuit, renversés par un lion, afin de montrer qu'on n'avait pas vaincu des ennemis, mais bien gagné des amis \ et on ajoute que depuis ce temps la coutume est restée chez les Macédoniens de n'élever aucun trophée sur les ennemis vaincus, Hellènes ou Barbares. Philippe, après la bataille de Chéronée, et Alexandre, après ses victoires sur les Perses ou les Indiens, se sont, dit-on, conformés à cet usage.

Au temps même où la Macédoine remportait ces victoires, Aristote écrivait que, « dans les pays helléniques, la royauté s'est conservée seulement à Sparte, chez les Molosses et en Macédoine ; chez les Spartiates et les Molosses pour la raison que cette royauté avait été tellement diminuée dans ses attributions queles rois n'étaient plus un objet d'envie ». Tandis qu'en tous lieux la royauté, qui avait négligé de s'appuyer sur le bas peuple, était tombée par la révolte de l'aristocratie; tandis que le bas peuple à son tour, exclu pendant longtemps de toute participation à la conduite des affaires publiques et opprimé, s'était soulevé enfin contre cette classe de seigneurs,

1) AmsTGT., Polit., VII, 2, 6.

2) Hegesandr., ap. Athex., I, p. 18.

3) DuRis, fragm., 72. L'histoire fait remonter cet usage à la filie d'Héraclès, Macaria, qui, d'après une autre légende, se serait sacrifiée elle-même comme victime expiatoire. Cf. 0. Muller, Dorier, 1, p. 55.

*) Pausan., IX, 40, 8. Caranos est ici substitué, comme chef de la dynastie, au Perdiccas d'Hérodote.

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