‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 34 sur 231 · I, 2] LA ROYAUTÉ · texte numérisé non relu

I, 2] LA ROYAUTÉ

avait enlevé leurs privilèges aux membres de la noblesse elles avait soumis au droit égalitaire des sociétés démocratiques, la Macédoine avait conservé son antique royauté, parce que les germes de froissement et de haine dans les relations des classes ne trouvèrent pas à se développer; la vieille royauté s'y conserva, « supérieure à tous, dit Aristote, en richesse et en honneur * ».

En Macédoine, le danger était d'une autre nature. La royauté appartenait à la race royale, mais les règles de la succession n'étaient pas assez bien fixées pour exclure à l'avance les doutes et les querelles. Par cela même que le pouvoir royal y était plus libre, il demandait plus de capacité personnelle et d'énergie de la part de celui qui en était revêtu ; et il arriva trop souvent que les mineurs, les incapables, les négligents, durent céder devant un frère ou un cousin plus habile. Ainsi, après la mort d'Alexandre P', son plus jeune fils, Perdiccas II, n'eut pas de repos qu'il n'eût écarté du trône ses frères aînés Amyntas, Philippe et Alcétas^; de même Perdiccas fils d'Ar-

1) jj(.éY£6oç yàp ÛTiap^^et uXouxou xa\ xt(JLriç xoî; [xovapxo'Jcrt — 3ià xo xyjv ^aat- Xeîav Ixovaiov [jlsv cupx']^ eîvat, jxei^ovwv ôà xupcav ô' slvai xouç ojxoiouç xa\ [jLYjôéva ôtaçspovxa xoo-oOxov waxe àixapTt'Çeiv Tvpbç xb [xéysOoç xai xb a^liù[i<x xri; apX"'!'» X. X. X. (Aristoï., Polit.., X, 10. 22).

2) Sur ces frères de Perdiccas, nous sommes renseignés par le texte épigraphique du traité conclu en 423 entre lui et Athènes (C. I. Attic, I, n<* 42), car ce document est contresigné d'abord par les parents du roi, puis par d'autres Macédoniens en qualité de témoins. Au premier rang figurent les frères du roi; puis vient son fils Archélaos, ensuite les neveux du roi. La rangée commence par [M]e[v]eXaoç 'AXs^avôpou, suivi de 'AXxéxyjç 'AXelavôpou. Ce Ménélaos est le même que cite, d'une façon malheureusement si embrouillée, Justin {VII, 4, 5). L'autre frère de Perdiccas est le mêmeAlcétas qu'on appelait, dit-on, 1' « Entonnoir », tant il était intrépide buveur, et à propos duquel Platon {Gorgias, p. 471) croit pouvoir affirmer que, pour conserver le trône, Archélaos fils de Perdiccas Ta fait assassiner avec son fils Alexandre. Au troisième et quatrième rang, l'inscription

nomme APXEAAS n[£pôcxxo ] OA. EP. OSç&IAin [après nspoîxxo.., il

reste assez d'espace pour 'A[ji,\jvxaç ^iXcuttJo, c'est-à-dire l'Amyntas qui est mentionné en qualité de fils du prince Philippe, prince investi d'une part de souveraineté et déjà mort aux environs de 429. Le second fils de ce Philippe n'est mentionné nulle part ailleurs, et bien qu'il ne manque à son nom que deux lettres, on ne trouve pas de restitution assurée pour combler la lacune. Après le second fils de Philippe, Tinscription nomme ..upo; 'AXxéxou : comuje il ne manque au nom que deux lettres, il devait y avoir FaOpoç ou TaOpo;. On ne rencontre pas parmi les témoins celui qui était probablement le frère aîné de Perdiccas, l'Amyntas que Dexippos désigne comme

~lï LA ROYAUTÉ [I, 2

cliélaos, (jiii ('lait né (rmif union irrégulière, écai'la riiérilicr l(\i»ilinio (»t l'assassina avant qu'il fut en ûgc*. Dans d'autres rirronslan<M», la tulello, cette forme régulière de la prostasiey servit do juvlexle aux usurpations ".

Il y avait encore un autre danger. De nombreux exemples montrent que certaines parties du territoire furent données en possession héréditaire aux plus jeunes fils des rois et même à des étrangers, sous la suzeraineté du roi, il est vrai, mais pourtant avec des droits tellement souverains que les titulaires pouvaient appeler sous les armes et entretenir des troupes particulières. C'est ainsi qu'ArrhidaiOS ', le plus jeune frère d'Alexandre F', avait obtenu la principauté d'Élymiotidedans la Haute-Macédoine et que la possession en resta dans sa famille; de même Philippe, frère de Perdiccas, avait reçu un territoire situé dans le haut du bassin de l'Axios. La royauté ne pouvait se fortifier qu'autant qu'il lui serait possible de maintenir dans l'obéissance ces familles princières, surtout tant que les Péoniens, lesAgrianes, lesLyncestes et autres tribus des frontières, qui avaient des princes indépendants, leur fournissaient un point d'appui. Alexandre P% au temps delà guerre des Perses, paraîtavoir le premier forcé les Péoniens, les Orestiens, les Tymphéens, àreconnaître la suprématie macédonienne *; mais les princes de ces tribus n'en conservèrent pas moins et leur dignité et leurs biens.

Nous avons trop peu de documents sur l'organisation et l'administration des Macédoniens pour qu'on puisse dire jus-

îS'.oT'.xw; tr^coLç. La raison qui fait supposer qu'il était plus ûgé que Perdiccas, c'est que plus tard Perdiccas a épousé la veuve du fils d'Amyntas, Arrhidœos (voy. ci-dessous, p. 79, 1). Amyntas représente la branche royale proprement dite, de laquelle descendent Philippe II et Alexandre le Grand.

*) Du moins Platon — qui mérite, il est vrai, peu de confiance quaiid il s'ag-it de personnalités — dit [Gorgias, p. 471 a) que Archélaos a assassiné son frère âgé de sept ans. Cet enfant était né à Perdiccas de sa légitime épouse Cléopàtre, veuve d'Arrhidœos.

^) Cette forme de la TrpoïjTaaîa x?,; paatXst'aç est mise tout particulièrement en évidence par les événements de 323, après la mort d'Alexandre, et il en sera question à ce propos.

3] Aépôaç, 'Ap6'.a:o'j Traîç, àv£'i/to; Ilcpôjy.xa xai ^ùJ.tztzo'j (Schol. ThucYD., I, 57) : par conséquent Arrhideeos était un frère d'Alexandre P*".

^) Abel [Maliedonien, p. 152) conjecture que c'est la faveur du Grand- Roi qui a adjugé ces territoires limitrophes à la satrapie de Macédoine.

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