‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 36 sur 231 · I, 2] . DÉSORDRES ET COMPÉTITIONS · texte numérisé non relu

I, 2] . DÉSORDRES ET COMPÉTITIONS

à Amyntas *. C'est alors qu'il fut tué par accident, dit-on, à la chasse K 11 outpour successeur son fils Oreste, encore mineur, sous la tutelle d'Aéropos; mais le tuteur assassina son pupille etmonla lui-même sur le trône. Aéroposcstcertaincment le fils de cet Arrliabœos de la race des Baccliiades qui régnait sur la Lyncestide, à la frontière du pays des lUyriens. Bien souvent, avec l'aide de ces voisins, ses ancêtres avaient combattu les rois de Macédoine. Tout ce qu'ont fait Aéropos, ses fils et petitfils pendant les soixante ans qui suivent nous montre que ces princes ont été les adversaires constants des nouvelles tendances monarchiques, les représentants des mœurs anciennes et plus libres. Les insurrections incessantes et les perpétuels changements de souverain que Ton constate à cette époque sont une preuve de la lutte qui s'engagea entre la race royale et les tendances particularistes.

Aéropos sut rester maître du trône ; mais lorsqu'il mourut (392), Amyntas-le-Petit s'empara du pouvoir \ Il fut assassiné par Derdas (390), et Pausanias, fils d'Aéropos, devint roi. Celui-ci fut à son tour supplanté par Amyntas, fils d'Arrhi-

1) TÔ) ['App'.oa:o'j] 'AzX 'Afx-jvra (Aristot . , Po/jï. , V, 8, 11, avec la correction de Sauppe, Inscr. Macedon. quatuor, 1847. V, 17). C'est le même Amyntas qui est nommé dans l'inscription relative aux cr'jvôr,xat conclues avec les Chalcidiens (Le Bas, II, p. 325, no 1406), où on lit à la première ligne Tipoç 'AfjL-jvrav Tov 'Appioatou et à la seconde ...xov 'Eppiôatou. Le texte d'Aristote suggère à Sauppe une conjecture ingénieuse, c'est que la veuve d'Arrhideeos, mariée avec Perdiccas, lui a donné le fils qui a été assassiné par Archélaos, et que, pour prévenir sa vengeance, Archélaos a marié sa fille avec le fils qu'elle a eu d'un premier mariage, Amyntas. D'après Dexippos, cet Amyntas est fils d'Arrhidœos, petit-fils d'Amyntas, arrière-petit-fils d'Alexandre le Philheliène, qui est mort vers 454. Devenu Amyntas III, il eut non pas de la fille d'Archélaos, mais d'Eurydice, — une fille de Sirrhas et petile-fiUe du Lynceste Arrhabeeos, — son fils Philippe II (Strab.j VII, p. 326). Elien rapporte que MsvÉXaoç (?) o ^'.a'.t.tzo'j TiaTruo; ô'; toÙ; v68ouç £-£).£'., ooà TO'JTO'j ulb; 'A[X"jvTa; •j7ir,p£-r,; 'AspoTio'J ■/.%'. oo\J\oc £71£t:''(7Tî'jto (.Elian., Var. Hist., XII, 43).

à) àxo'jfftw; (DiODOR., XIV, 37). D'après Aristote {Polit., V, 8, il), il fut assassiné par son favori Crateuas, auquel il avait promis sa fille aîijée> celle qui fut donnée ensuite à Sirrhas.

3) Aristote l'appelle Amyntas o \j.i-Apoç, et il ajoute que Derdas l'assassina oià To xa-j-/r,(7acr8ai £-\ Tr,v r^AvJ.oLy auToO [Polit., V, 8, iO). Probablement cet Amyntas est le fils du Philippe pour lequel les Odryses firent vers 429 une invasion en Macédoine (Thl'cyd.,II, 95 sqq. Cf. ci-dessus, p. 77, 2). Il pouvait avoir alors 20 ans tout au plus. Derdas est sans aucun doute un fils de

80 AMYNTAs m (390-369) [I, 2

daeos (390-3G9) ', cl cavcc ce dornier la branche aînée de Ja famille royale rentra dans ses droits.

Les années de son règne furent remplies par des troubles qui sendjlaient faire de la Macédoine une proie facile pour le premier qui voudrait l'attaquer. Les lllyriens, peut-être ap j)eléspar les Lyiicest(^s, lirent une invasion dévaslalrice dans le pays, vainquirent l'armée royale et contraignirent le roi à s'enfuir au delà des frontières. La couronne fut portée deux ans par Argœos, de qui nous ne saurions dire s'il appartenait à la famille royale, si c'était un frère de Pausanias, ou un prince des Lyncestes.Amyntas revint avec des troupes thessaliennes et recouvra son royaume, mais en triste état : les villes, les régions du littoral étaient au pouvoir des Olynthiens ; Pella elle-même ferma ses portes au roi. C'est peutêtre pour arriver enfin à tout concilier qu'il épousa Eurydice, laquelle appartenait aux deux maisons princières d'Elymiotide et de Lyncestide -.

Survinrent les conséquences de la paix d'Antalcidas et l'expédition des Spartiates contre Olynthe. Amyntas se joignit à cette expédition, et Derdas, prince des Elymiotes, y prit également part avec quatre cents cavaliers. Mais le but ne fut pas atteint du premier coup ; Derdas fut fait prisonnier. Puis, après qu'Olynthe eut été enfin obligée de plier (380), Thèbes se souleva; Sparte fut vaincue à Naxos et à Leuctres ; Olynthe restaura la ligue chalcidique ; Jason de Phères unifia la puissance thessalienne, força Alcétas d'Epire et Amyntas III à entrer dans sa ligue, et il était à la veille d'immenses succès lorsqu'il fut assassiné (370). Le faible Amyntas n'aurait pu

Sirrhas, qui lui a succédé comme prince d'EIymiotide : ses relations avec Amyntas montrent que sa naissance ne peut pas être placée plus haut que 410.

*) àvatpeOeiç U7:b 'A[j.'jvto'j ooao) àp^aç Ivta'Jtbv (DiODOR., XIV, 82, 2).

2) Eurydice est la fille de Sirrhas d'EIymiotide, née du mariage de ce prince avec une sœur du Lyncesle Arrhabœos (Strab., VII, p. 326). Le frère d'Eurydice est Derdas, qui était encore à la fleur de Tàge quand il assassina Amyntas-le-Petit (390) et qui était né par conséquent vers 406. De son mariage avec Eurydice, Amyntas eut trois fils : Alexandre, Perdiccas, Philippe, dont l'aîné avait peut-être 16 ou 17 ans, et le plus jeune, Philippe, 10 ans quand leur père mourut (369). Par conséquent, le mariage peut avoir eu lieu en 386,

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