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LA COUR et la noblesse

grossiers et n'avaient d'autre supériorité sur les hilotes et les périèques de leur pays que celle d'être les maîtres; les Athéniens libres étaient, ou du moins se considéraient eux-mêmes comme étant tous sans exception extrêmement policés ; enfin dans d'autres endroits la démocratie avait supprimé la classe des seigneurs, mais pour abaisser d'autant plus sûrement le niveau de la vie intellectuelle en accentuant la distinction des riches et des pauvres.

Philippe avait vécu à Thèbes au temps d'Epaminondas ; un disciple de Platon, Euphrseos d'Oréos, avait de bonne heure exercé une certaine influence sur ses destinées ; lui-même était, au dire d'Isocrate, un ami de la littérature et de la civilisation ; et ce qui le prouve, c'est qu'il appela Aristote pour être le précepteur de son fils. Des cours et leçons de toute espèce qu'il avait, paraît-il, institués et qui étaient particulièrement destinés aux cadets de son entourage, pourvoyaient à l'éducation de la jeune noblesse, qu'il cherchait àattirer autant que possible à sa cour, à attacher à sa personne, à préparer au service immédiat de la royauté.

Comme enfants nobles d'abord, puis, lorsqu'ils étaient un peu plus âgés, comme gardes du corps ((7(i)[j.aTî9JAay.£ç) du roi dans les légions des hétaeres, comme commandants dans les divers corps d'armée, comme ambassadeurs près des Etats grecs, missions si fréquentes à l'époque, les nobles avaient assez d'occasions de se signaler ou de recevoir des récompenses pour services rendus, et partant ils avaient besoin de cette éducation et de ces mœurs attiques que le roi désirait et qu'il possédait lui-même. L'adversaire le plus zélé de Philippe devait avouer qu'Athènes aurait pu difficilement trouver un de ses citoyens qui lut plus homme du monde que le roi de Macédoine. Lorsqu'il se présentait à sa cour des fêtes, une réception d'ambassadeurs étrangers ou la célébration des grands jeux, cette courque remplissait ordinairement le tapage, l'orgie, l'ivresse, à la mode grossière des Macédoniens ou des « Centaures et des Lestrygons», comme dit Théopompe \ bril-

^) Theopomp., fra^m., 249, ap. Polyb., VIII, II, 13. Cf. Athen., IV, p. 166. VI, p. 260.

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