‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 41 sur 231 · SS LA COUR KT L\ NOHLKSSK [I · texte numérisé non relu

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lail jiloi-s d'im ('mI.iI (raiilaiil plus vif, conromnémonl au goût (M ;i la conlume lielh''ni(iii('s; tout y élail sjjlcndidc <'l niagniln|ii»', rien do |»('lil ni do mesquin. Los domaines do la maison royale, les impnls fonciers du jjays, 1(5 péage des ports, les mines du Tangaion qui rapporlaient annuellement milhi talents, et avant tout, l'ordre et l'économie qui présidaient à radministralion de IMiilippe * portèrent son royaume à un degré de prospérité qu'on n'avait vu qu'une seule fois dans le monde hellénique, à Athènes sous Périclès.

La cour de Pella, avec son opulence, son éclat militaire, la nohlesse qui y était réunie, pouvait en imposer môme aux ambassadeurs helléniques. La plupart des membres de cette noblesse, ainsi que nous l'avons déjà fait remarquer, étaient d'origine princière: telles étaient la famille des Bacchiades de Lyncestide; celle de Polysperchon, prince du territoire deTymphœa'; celle d'Oronte, à laquelle la province d'Orestide paraît avoir appartenu ^; Perdiccas, fils aîné d'Oronte, obtint le commandement de la phalange d'Orestide, de la même, à ce qu'il semble, dont la conduite passa aux mains de son frère Alcétas lorsque lui-même devint hipparque. La principale de ces races princières était une branche collatérale de la famille royale, celle d'Élymiotide, issue, au temps de la guerre du Péloponnèse, de ce prince Derdas dont nous avons parlé plus haut * : vers l'année 380, un second Derdas possédait le pays; il avait marché alors avec Amyntas de Macédoine et les Spartiates

'•) C'est ce qui paraît résulter des expressions de Démosthène {De falsa leg., § 89), et plus clairement encore de la politique de Philippe en fait de mines, de monnaies et de commerce. Il est vrai que Théopompe en juge tout différemment.

^) AlOîxwv PaaiXs-j; (Tzetzes ad Lycophr., 802).

3) Perdiccam et Leonnatum stirpe régla genitos {Curt., X, 7, 8) : or, d'après Arrien (hicL, 18), Perdiccas était originaire de l'Orestide. On ne saurait dire si FAntiochos, roi des Orestes. que mentionne Thucydide (I. 80), était son ancêtre, ou si la stirps regia désigne la maison royale de Macédoine, à laquelle appartient Perdiccas, ou s'il s'agit des deux dynasties à la fois.

*) Alpca; 'Apioaîo'J Tuat:, àvi-l/io: Iliç>o'.y.'/.oi. xai ^ùJ.tztzo'J (Schol. Thucyd., I, 57 : cf. ci-dessus, p. 74, 3). Le Derdas nommé parmi les témoins du traité de 423 (ci-dessus, p. 73, 2) doit être celui-ci. Son fils est probablement le Sirrhas mentionné par Aristote {Polit., V, 8, 11), et le fils de ce Sirrhas est le deuxième Derdas. Cf. Theopomp., fragm. 155.

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contre Olynthe, et nous le retrouvons plus tard prisonnier des Olynthiens \ Philippe, en épousant Phila, sœur de ce Derdas, doit avoir eu pour but de se l'attacher ou de terminer avec lui quelque différend. Dans l'entourage du roi, on trouve mentionnés les noms des frères de Derdas, Mac hâtas et Harpalos -. Toutefois, il resta entre Philippe et cette famille une froideur qui ne fut pas toujours habilement dissimulée et que le roi entretenait peut-être à dessein, pour tenir ces grands à une certaine distance et dans l'appréhension au moyen d'une faveur douteuse. Dans une affaire juridique dont Philippe était juge, c'est à peine si Machatas put obtenir une sentence équitable ; le roi ne manqua pas de profiter d'une injustice dont s'était rendu coupable un parent de cette maison pour offenser publiquement la famille, et les prières d'Harpalos, frère de Machatas, en faveur du délinquant, furent repoussées non sans aigreur ^

Parmi les familles nobles réunies à la cour de Pella, il en est deux qui méritent d'être mentionnées, à cause de leur importance particulière, ce sont celles d'iollas et de Philotas. Le fils de Philotas était Parménion, ce général fidèle et prudent auquel Philippe avait plusieurs fois confié la conduite des expéditions les plus importantes : il lui devait la victoire sur les Dardaniens (356) : c'est lui qu'il chargea d'occuper TEubée (343). Les frères de Parménion, Asandros et Agathon, et plus

1) ocÔ£).5T,v Aépôa y.a\ 'MoLyizx (Satyr. ap. Athex., XI, p. 557 c).

2) On rencontre le troisième frère Harpalos dans Démosthène {In Aristocrat., § 149) : il est question de lui à propos des Amphipolitains qu'il a remis comme otages à Iphicrate en 366. C'est encore à la même famille qu'appartient le [Ila-jajavia? ]\Ia-/r,'o-j inscrit parmi les témoins du traité de 423 (G. I. Attic, 1, n° 42), probablement le même que îiientionne Thucydide (I, 62).

3) Plut., Apophth., 24. 25. Le parent d'PIarpalos auquel Plutarque fait allusion est Cratès. J'ai supposé autrefois que les Antigonides faisaient partie de cette maison, mais il m'est impossible de maintenir cette conjecture. Antigone fils de Philippe, le borgne bien connu, était certainement de grande famille, comme on s'en aperçoit encore au titre de nepos Alexandn que lui donne Sénèque, et non pas un manouvrier, un a-jTovpyo;, comme le dit Douris de Samos, coutumier de ces sortes d'inventions. Néanmoins, son père ne peut pas avoir été ce Philippe qui fut en 327 satrape de l'Inde et qui appartient vraisemblablement à la maison d'Elymiotide, car Anligone, d'après l'âge que lui donne Porphyre, était né dès 384.

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encore ses fils, Pliilotas, Nicanor et Hector, participèrent plus tard lar^iMiicnl à la f^loire de leur pi're : ses filles s'allièrent aux plus nobles familles du royaume ; l'une épousa Cœnos, un chef de phalaui'e, l'autre Attale, doiil une nièce épousa plus tard le roi. Aniipater ou Autipas, connue l'appelaient les Macédoniens, filsdlollas, n'avait pas une moindre influence et n'occupait pas un rang moins honorable, ainsi que le prouve ce mol de Philippe : « J'ai dormi tranquille, car Antipas veillait • ». Sa fidélité éprouvée et sa perspicacité dans les affaires militaires cl politiques^ le rendaient très propre à remplir les hautes fonctions d'administrateur du royaume, fonctions dont il allait être chargé bientôt, et un mariage avec sa fille parut au roi le plus sur moyen de s'attacher la noble famille des Lyncestes. Ses fils, Cassandre, Archias et lollas, ne jouèrent un rôle que plus tard.

Voilà ce qu'étaient la cour et la nation telles que Philippe les avait faites. Il faut ajouter que l'élément monarchique dut acquérir, dans les mœurs publiques de la Macédoine, une prépondérance décisive tout à la fois par la situation historique de ce pays et par la personnalité de Philippe. Ce n'est qu'en reconstituant cet ensemble des circonstances que Ton peut comprendre ce caractère. Placé au point oii se heurtaient les contradictions et les contrastes les plus singuliers, Gi'ec par rapport à son peuple, Macédonien pour les Grecs, Philippe avait sur ceux-là l'avantage de la ruse et de la dissimulation helléniques, sur ceux-ci celui de la rudesse et de l'énergie macédoniennes, supérieur aux uns et aux autres par la netteté avec laquelle il précisait son but, par la suite qu'il mettait dans la conception de ses plans, par le secret et la rapidité avec laquelle il les mettait à exécution. Sa tactique consistait à être une perpétuelle énigme pour ses adversaires et à apparaître toujours autrement, dans un autre lieu, dans une autre direction qu'ils ne s'y attendaient. Porté par nature à la volupté et aux plaisirs, il avait aussi peu de retenue que de constance dans ses penchants : souvent il semblait être complètement

1) 'AvTÎTïaTOoç yàp lypr.Yopst (Plut., Apophth., 27), — -/pr, m'vEtv, 'Av-iTia- Tpoç yàp txavo; èaxi vy)?s"jiov (Athen., X, p. 435). *) AxoNYM., ap. Boissonade, Anecdota, II, p. 464.

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