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supérieure : elle est aussi inséparable du droit que l'ellet l'est de la cause. C'est la ibrce qui l'ait tous les Jours le départ, la « critique » de ce qui doit périr et de ce qui doit rester, mais au nom du droit, comme action visible de l'Idée, Tout ce qui esl, est rationnel, et tout ce qui cesse d'exister ne Test plus. Les monarques dans lesquels s'incarne la puissance de l'Ktat, les grands hommes qui attellent à leurs vastes projets des millions de vies humaines, sont des « porteurs de l'Idée )),elils prouvent la légitimité de leur mission en l'imposant. Tout ce qu'ils peuvent faire est rationnel par cela morne qu'ils le peuvent, et échappe aux objcclions mesquines tirées d'une conception étroite, celle du droit individuel.
En résumé, le monde, qui se perfectionne de jour en jour, est à chaque instant aussi parlait qu'il peut l'être. Hegel professe, à cet égard, un optimisme qui est bien près d'être absolu, c'est-àdire identique à son contraire, car le pessimisme consiste aussi à croire que le droit ne peut jamais prévaloir contre la force ou autrement que par la force.
Telles sont les grandes vues du système, et il ne sera pas difiicile d'en trouver la trace dans les œuvres de M. J. G. Droysen.
11 ne faudrait pas croire que le fatalisme historique de Técole hégélienne, toujours prêt à déifier la force et à vanter même la guerre, bella matribus detestata, comme moyen de hâter l'évolution de l'Idée et de perfectionner le monde, se soit dégagé lentement de la métaphysique du maître. Hegel avait achevé jusque dans le détail l'immense organisme de son « idéalisme absolu», et il n'avait pas manqué d'étendre sur le champ de l'histoire le réseau de ses déductions. C'est même par là qu'il avait fait rapidement pénétrer son influence dans des esprits peu curieux de spéculations métaphysiques, et mérité les encouragements d'un gouvernement à qui des théories menaçantes seulement pour les faibles étaient loin de déplaire ^
1, \). 1U9). Soit! telle est la loi de nature: mais l'idée du droit, que l'homme surajoute à la loi naturelle, est aussi une force, force morale qui peut, le cas écliéaut, se couverlir eu force matérielle. 11 u'y a de vraiment faibles que ceux qui ne croient plus à leur droit.
1) Les affinités intimes de l'hégélianisme avec le tempérament et l'ambition de la Prusse ont été étudiées de très près par un Hanovrien conservateur qui
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L'histoire, qui suggère en effet d'elle-même Tidée d'un plan providentiel imposé à des acteurs inconscients, est restée la forteresse de l'hégélianisme : il est entré de cette façon dans les idées courantes de l'autre côté du Rhin ; il est descendu peu à peu dans les masses profondes, et l'on ne se tromperait guère en supposant que les événements de ces dernières années n'y ont pas discrédité le droit illimité des races supérieures. Ce n'est pas aux mains des philosophes que les doctrines philosophiques ont le plus d'efficacité : elles n'exercent une action réelle sur les esprits que quand elles sortent de l'école et se résument en un petit nombre d'idées pratiques. Le sens des discussions sur l'Être absolu et sur la valeur de la « connaissance » échappe à la plupart des intelligences même cultivées ; le vulgaire devine d'instinct que les solutions auxquelles elles aboutissent sont toujours provisoires, et voit d'un œil indifférent se succéder des systèmes dont chacun mourra d'une pétition de principe ou d'une objection laissée sans réponse. Ces systèmes n'agissent que par les maximes dérivées qu'ils ont pu jeter dans la circulation. Une fois mises à la portée des intelligences moyennes, ces idées acquièrent une vitalité propre : elles peuvent se détacher de la doctrine qui les a engendrées et leur survivre. 11 importe peu que la dialectique hégélienne passe ou demeure ; mais l'opinion qu'on se fait du rôle d'un Alexandre ou d'un César, des droits respectifs des peuples ou de la valeur des constitutions, n'est pas chose indifférente, car il s'agit là de faits auxquels le présent est aisément comparable et d'oi^i il est facile de tirer des conclusions pratiques.
Je n'ai aucunement l'intention de faire à l'hégélianisme historique, ou à M. J. G. Droysen qui s'en est assimilé les principes, un procès de tendance. Chacun se fait des destinées de l'humanité l'idée qui lui plaît, et la question n'est pas si simple qu'on puisse la trancher au pied levé. Mon but est de donner au lecteur la clef de bien des vues d'ensemble, de bien des jugements sur les hommes et les choses, qu'il rencontrera disséminés dans Vllistoire de T Hellénisme K J'ajoute, pour ne rien cacher de ce que je
proteste contre l'œuvre de 1S66. 11 va jusqu'à dire que u sans Hegel, il n y aurait pas eu de 1866 » iConst. Frantz, Das neue Deutschland. Leipzig, 1871. p. 334). L'auteur est un polémiste de valeur, mais fort capable de se retourner contre l'imprudent qui le prendrait pour allié, car, selon lui, l'hégélianisme est anti-germanique; c'est un produit franco-prussien, déjà tout formé dans le cerveau de Frédéric le Grand.
1) Si nette que soit d'ordinaire la pensée de M. Droysen, il faut savoir que l'évolution marche toujours par thèse et antithèse pour comprendre du premier coup, par exemple, « la vraie nature d'un organisme puissant