OL. CXI, 2] LA BATAILLE b[: GRANIUIE
CCS premières troupes furent entrées dans le fleuve, le roi s'avança derrière elles avec les autres escadrons d'hétseres, au son des trompettes et au bruit des chants de guerre ^ Il voulait, tandis que Ptolémée occupait par son attaque l'extrémité de l'aile droite de l'ennemi, fondre sur le centre et le disperser avec les sept escadrons en faisant demi-conversion à droite, appuyé à gauche sur la ligne de l'infanterie qui s'avançait derrière lui, et à droite sur Ptolémée, tandis que Parménion, suivant le fleuve en ligne oblique, devait paralyser l'aile droite. Dès qu'Amyntas et Ptolémée furent près de l'autre rive, la bataille commença. Les Perses, commandés sur ce point pal Memnon et par ses fils, s'opposèrent de toutes leurs forces à ce que l'ennemi gravit la berge : les uns lançaient du haut de la rive leurs Javelots ; les autres, s'approchant de l'eau, repoussaient immédiatement ceux qui en voulaient sortir. Ceux-ci, plus gênés encore par l'argile glissante du bord, se trouvaient dans une position difficile et éprouvèrent de grandes pertes, surtout ceux qui se trouvaient le plus à droite, car ceux de la gauche se trouvaient déjà appuyés. En effet, le roi, avec Yagèma de la cavalerie ^, s'avançait à travers le fleuve et s'élançait vers le point de la rive où se tenaient le gros des ennemis et les chefs de l'armée. Aussitôt s'engagea sur ce point, autour de la personne du roi, un combat acharné auquel vinrent successivement prendre part les autres escadrons qui avaient suivi Alexandre à travers le fleuve. Ce fut un engagement de cavalerie, qui par l'opiniâtreté, la solidité, la fureur des combattants, ressemblait à un combat d'infanterie ; pressé cheval contre cheval, homme contre homme, on combattait, les Macédoniens avec leurs lances, les Perses avec leurs jave-
comraande le bataillon, doit être le awfj-aTo^jAa^ que l'on rencontre dans Arrien (I, 22, 4), et le fait est caractéristique pour faire apprécier la situation des somatophy laques.
*) npoziioâllz'. eîcTov 7ioTa!x6v(ARRiAN., I, 14, 6). Alexandre traversele fleuve à gué : £[Jiêatv£t eç Tov uopov XoEr,v àù TrapaTôîvtov Tr,v xâ^tv r^ TiapeîXv.î xb psO^ia. Polyœnos (IV, 3, 16) appelle la manœuvre d'Alexandre un mouvement débordant l'aile ('jTTcpcvipaaev) : cela suffît pour juger Tauteur qui lui a fourni les extraits de cette deuxième série.
^) On voit par Arrien (I, 15, 6) qu'Alexandre était à la tète de cette troupe.
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lois plus légers et ensuite avec leurs sabres recourbés, les uns })Our rejeter les l*erses dans la plaine, les autres pour refouler les Alacéduniens dans le lleuve. Au plus fort de la nuMée, on voyait s'agiter le panache blanc du roi : au milieu de la lutte ardente, sa lance vole en éclats; il crie à son écuycr de lui en donner une autre, mais lui aussi avait eu sa lance brisée, il combattait avec un tronçon qu'il tenait par le haut. Déniaratos de Corinthe présente son arme au roi. A peine Alexandre s'en est-il emparé qu'un nouvel essaim de Perses d'élite vient fondre sur lui; Mithridate est à leur tête, il se précipite en avant contre le roi et le blesse à l'épaule d'un coup de javelot; mais Alexandre, d'un coup de lance, étend raide mort à ses pieds le prince perse. Au même instant, le frère de celui qui vient de tomber, Rhœsacès, se précipite sur Alexandre; d'un coup de sabre il fend le casque du roi, et l'arme eftleure la peau du front. Alexandre pousse sa lance en avant ; le fer transperce l'armure du Perse, s'enfonce profondément dans sa poitrine, et Rhœsacès tombe de cheval à la renverse. Aussitôt Spithridate, le satrape de Lydie, s'élance sur Alexandre ; déjà son sabre est levé sur la tète du roi ; il va lui porter un coup mortel, mais Glitos le Noir se jette en avant; d'un seul coup il tranche le bras du Barbare et lui donne ensuite le coup de grâce. La lutte, en se prolongeant, devenait de plus en plus sauvage; les Perses combattaient avec la plus grande valeur pour venger la mort de leurs chefs, tandis que de nouveaux bataillons traversaient sans cesse le fleuve, entraient dans la mêlée, multipliaient le carnage. En vain les généraux Niphatès, Pétinès, Mithrobouzane, cherchent à résister ; en vain Pharnace, le gendre de Darius, Arboupalès, l'oncle d'Artaxerxès, s'efforcent de retenir leurs troupes qui commencent à se débander; eux aussi ne tardent pas à mordre la poussière. Le centre des Perses une fois enfoncé, la fuite devint générale. Mille Perses environ, disent les uns, deux mille cinq cents, disent les autres, restaient sur le champ de bataille ; le reste s'enfuyait au loin de tous côtés. Alexandre ne les i^oursuivit pas longtemps, car les bataillons encore entiers de l'infanterie ennemie se tenaient sur la hauteur, commandés par Omarès et déterminés à soutenir, en face des