‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 60 sur 231 · OL. CXI, 2] la bataille du granique · texte numérisé non relu

OL. CXI, 2] la bataille du granique

Macédoniens, la gloire des mercenaires helléniques. C'était tout ce qui leur restait; spectateurs oisifs d'un combat sanglant que leur coopération eut peut-être changé en victoire, sans ordres déterminés pour le cas d'une défaite que l'orgueil des princes perses avait crue impossible, leurs bataillons, qui auraient pu du moins assurer à l'armée une retraite honorable, restèrent cloués sur les hauteurs par l'étonnemcnt et la perplexité : la fuite désordonnée des escadrons de la cavalerie les avait livrés à l'ennemi; réduits à leurspropres forces, ils attendaient l'attaque de l'armée victorieuse et la mort, déterminés à vendre leur vie aussi chèrement que possible K Alexandre lança sur eux la phalange, tandis que de tous côtés la cavalerie entière, même celle des Thessaliens et des Grecs de l'aile gauche, se précipitait contre eux. Après un court et sanglant combat, dans lequel le roi eut un cheval tué sous lui, les mercenaires étaient terrassés; à l'exception de quelques hommes qui purent se cacher parmi les cadavres, pas un n'échappa; deux mille furent faits prisonniers.

Les pertes d'Alexandre furent relativement minimes ; à la première attaque, vingt-cinq cavaliers de l'escadron d'Apollonia restèrent sur la place ; en dehors de ceux-ci, une soixantaine d'hommes de la cavalerie et trente fantassins avaient succombé ^ Le lendemain ils furent enterrés dans leur équipement de guerre; on leur rendit les honneurs militaires, et leurs ascendants et descendants en Macédoine furent exemptés

*) D'après Plutarque {Alex. 16), ces mercenaires hellènes ont demandé à capituler. Mais il faudrait savoir à quelles conditions ils voulaient capituler: s'ils demandaient la liberté de rejoindre le Grand-Roi, Alexandre fit ce qu'il devait faire en les exterminant. Ce qui étonne davantage, c'est que ces 20.000 Hellènes, dans une lutte aussi désespérée, n'aient abouti qu'à se faire tailler en pièces. Plutarque dit que la majeure partie des pertes d'Alexandre ont été causées par le combat avec ces mercenaires : les vingt-cinq cavaliers tombèrent èv xr, npiôx-i^ laooXrj.

-) A Halicarnasse, les pertes pour un engagement de nuit montent à 16 morts et environ 300 blessés (proportion de 1 à 18 1/2). Ce qui élève autant ce dernier chiffre, c'est que dans l'obscurité les combattants n'avaient pas pu se garantir convenablement. Si l'on admet pour un combat de jour ne fût-ce que la proportion de 1 : 8, on peut dire que dans l'escadron d'Apollonia tout le monde à peu près a été blessé.

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de (nul iiiipùl '. Aloxiiiulrc prit soin en personne des blessés, alla les voir, se lit montrer leurs blessures et raconter par cbacun comment il avait été frappé. II ordonna aussi qu'on ensevelît les généraux perses ainsi que les mercenaires grecs qui avaient Irouvé Ja mort au service de Tennemi ; au contraire, les prisonniers grecs furent cbargés de fers et conduits en Macédoine, jjour y subir la peine des travaux publics, parce qu'ils avaient combattu malgré le vote national de la Grèce et enfaveur des Perses contre les Grecs ;ceux de Tbèbes seuls obtinrent leur pardon. Le riche camp des Perses tomba aux mains d'Alexandre, qui partagea le butin de la victoire avec ses alliés. Ils envoyaà samère Olympias des coupes d'or, des tapis de pourpre et autres objets précieux trouvés dans les tentes des princes perses; enfin, il décida que ving-t-cinq statues de bronze seraient fondues par le statuaire Lysippe et érigées à Dion à la mémoire des vingt-cinq premiers cavaliers tombés dans la bataille. 11 envoya à Athènes en ex-voto pour Pallas Alhéna trois cents armures complètes, avec cette inscription : « Alexandre, fils de Philippe, et les Hellènes à l'exception desLacédémoniens, sur les Barbares en Asie ».

Par la victoire du Granique, la puissance des Perses était anéantie en deçà du Taurus; les forces militaires des satrapies qui formaient le rempart du royaume étaient dispersées, découragées et réduites au point de ne plus oser se rencontrer en rase campagne avec les Macédoniens ; les garnisons perses des grandes villes, prises séparément, étaient trop faibles pour résister à une armée victorieuse ; on pouvait les regarder comme vaincues. Il faut ajouter que beaucoup de généraux perses avaient succombé, entre autres le satrape de Lydie, et qu'Arsitès, le gouverneur de la Phrygie d'Hellespont, s'était donné la mort peu de temps après la bataille, poussé, dit-on, par le repentir et Teffroi de la responsabilité qui pesait sur lui. Enfin, les points les plus importants du littoral devaient être pour les Macédoniens une proie d'autant plus facile que, dans les riches cités grecques, il y avait toujours des démocrates pour

^) Ttôv Te xatà Tf,v '/copav aTÉXeiav coto'/s xai claa? àXXa; yj tw au>[i.OLit. leiioupyioa ri y.atà Ta? XTr.asiç é/âo-Ttov eca^opa-' (Arrian., I, 16, 4. Cf. VII, 10, 4). —

cognatisque eorum immiinitates dédit (Justin., XI, 6, 13).

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