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lesquels l'occasion se présentait de secouer le joug" des Perses et celui des oligarques que les Perses leur avaient imposés.
Alexandre ne pouvait être indécis sur la route qu'il devait suivre pour tirer parti de sa victoire et pour en augmenter autant que possible les avantages. En s'avançant rapidement dans l'intérieur de l'Asie-Mineuro, il pouvait s'emparer de vastes territoires et d'un riche butin; il pouvait gagner des terres et des peuples ; mais son but était d'anéantir la puissance des Perses: or une flotte ennemie était déjà dans la mer Ég'ée ; s'il s'avançait dans l'intérieur, cette flotte pouvait opérer sur ses derrières, s'emparer des côtes et nouer des relations avec THellade. Il fallait qu'Alexandre prévînt l'ennemi par ses succès sur terre ; il devait élargir et assurer autant que possible la base de ses opérations pour s'avancer plus loin dans l'Est; s'il ne s'appuyait que sur THellespont, les satrapies riveraines de la mer Egée restaient aux mains de l'ennemi, qui de là pourrait inquiéter ses flancs. Il était nécessaire d'occuper toute la côte de l'ouest et du sud de r Asie-Mineure, pour pouvoir s'avancer au delà du Taurus. Ces côtes, toutes garnies de cités helléniques ou hellénisées, et encore sous l'impression de la victoire que le roi venait de remporter, seraient gagnées d'autant plus sûrement à la cause de la Grèce victorieuse qu'on agirait avec plus de célérité.
Alexandre donna la satrapie de la Phrygie d'Hellespont à Calas, fils d'Harpalos, qu'un séjour de deux années dans cette contrée y avait fait connaître, et qui paraissait propre à administrer cette province si importante au point de vue militaire; du reste, rien ne devait être changé dans l'administration; les impôts eux-mêmes restèrent tels que le Grand- Roi les avait établis. Les habitants qui n'étaient pas de race grecque vinrent pour la plupart se soumettre volontairement; on les laissa retourner dans leur pays sans leur rien demander de plus. Ceux de Zéleia, qui avaient marché avec l'armée perse au Granique, obtinrent leur pardon, parce qu'ils n'avaient pris part au combat que par contrainte. Parménionfut détaché et envoyé vers Dascylion, résidence du satrape de Phrygie; il s'empara de la ville, que déjà la garnison perse
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avait évacuée. II <'lail iniililo, du moins pour le préseni, de s'avaiicrr plus loin vcis l'esl, dans caûU\ direction, car Dascylion snllisait pour protéger les derrières de l'armée en marche vers lo Midi.
Alexandre se dirigea lui-même vers le sud, marchant sur Snrdes, qui était la résidence du satrape de Lydie. Cette ville était célèbre par sa vieille citadelle, bûtie sur une masse de rochers isolée et taillée h pic que le Tniole projette dans la plaine ; cette forteresse, environnée d'une triple muraille, passait pour imprenable ; le trésor de la riche satrapie s'y trouvait renfermé, et pouvait donner au commandant de la ville la possibilité d'augmenter et d'entretenir la garnison déjà importante par elle-même; de plus, une force militaire puissante à Sardes aurait donné à l'armée navale des Perses le meilleur des points d\ippui *. On n'en fut que plus heureux de voir paraître à deux milles environ en avant de la ville Mithrinès, commandant delà citadelle, accompagné des principaux citoyens ; ils venaient remettre aux mains d'Alexandre l'un la forteresse elle Trésor, les autres la ville. Le roi envoya en avant Amyntas, fils d'Andromène, pour occuper la citadelle, et lui-même le suivit après avoir pris un peu de repos. Il garda depuis lors près de lui le Perse Mithrinès et le traita avec toute sorte de distinction, autant à coup sur pour récompenser sa soumission que pour faire voir comment il la récompensait. Il rendit aux Sardiens et à tous les Lydiens la liberté et la constitution de leurs pères, dont ils avaient été privés deux siècles durant sous l'oppression des satrapes perses. Pour honorer la ville, il résolut d'orner la citadelle d'un temple de Zeus Olympien. Tandis qu'il regardait autour de lui pour chercher un endroit favorable dans l'enceinte de l'acropole, un orage s'éleva subitement et, au milieu des éclairs et du tonnerre, une violente averse se mit à tomber sur l'emplacement oii s'élevait jadis le palais royal de Lydie : ce fut cette place que choisit le roi pour la construction du temple qui devait parer désormais la forteresse imposante du célèbre Crésus-.
) SâpoEt; 10 ^zpô(J'/r^\la. 7r,ç ItiI ôaXàaar, xtov pap6aptov r|y£[Jiov;ai; (Plut., Alex. y 17).
*) Arrien (T, 17, 5) rapporte cet omen d'une façon qui ferait croire qu'il