OL. CXI, 3] Alexandre a sardes
Sardes fut le second point important dans la ligne d'opéralions d'Alexandre et comme la porte qui devait l'introduire dans l'intérieur de TAsie-Mineure ; toutes les grandes routes du centre venaient aboutir à cette ville, qui servait pour ainsi dire d'entrepôt au commerce de l'Asie occidentale. L'administration de la Lydie fut confiée à Asandros, frère de Parménion; une troupe de cavaliers et de fantassins armés à la légère fut mise sous ses ordres, comme garnison de la satrapie; Alexandre lui laissa également Nicias et Pausanias, qui faisaient partie du corps des hétaeres, le dernier en qualité de commandant du château de Sardes et de sa garnison, à laquelle fut affecté le contingent d'Argos, le premier comme collecteur des tributs. Un autre corps, composé des contingents du Péloponnèse et du reste des Grecs, fut envoyé, sous la conduite de Calas et d'Alexandre le Lynceste, qui avait remplacé Calas comme commandant de la cavalerie thessalienne, contre le territoire qui appartenait au Rhodien Memnon *. Après la chute de Sardes, il pouvait paraître nécessaire de pousser aussi plus loin l'occupation sur le flanc gauche et de s'assurer de la route qui remontait le long du Sangarios, en occupant une partie plus étendue de la côte de la Propontide. Enfin la flotte, que conduisait Nicanor, dut recevoir Tordre^ après la victoire du Granique, de faire voile vers Lesbos et Milet, et c'est probablement à son apparition que Mitylène entra dans la ligue macédonienne '^
Ta emprunté à Ptolémée : d'ordinaire, c'est d'Aristobale que proviennent ces sortes de miracles et présages.
1) Arrien (I, 17, 8) dit expressément : £7c\ xr.v yojpav ty,v M£[xvovo?. S'agitil du domaine sur le lac Ascanien ou de quelque autre, c'est ce qu'on ne saisit pas. Les tribus bithyniennes cantonnées dans cet angle de l'Asie-Mineure étaient libres sous leur prince Bas, fils de Dydalsos (Memnox ap. Phot. cod. 20, 2).
2) On a des détails sur la tyrannie d'Agonippos à Érésos par les curieux documents épigraphiques que l'on trouve dans Conze, Beise auf der Insel Leshos, p. 35 sqq. et p. 29 (C. I. Gr^c, II, n° 2166 b. Add. p. 1023). Ils nous apprennent que le tyran, ttoXejxov £^apâ[X2vo: 7:00? 'AXIHavopov xa\ xou; "EUavaç, a chassé les citoyens de la ville, enfermé dans la citadelle leurs femmes et leurs filles, encaissé 3,200 statères d'or..., etc., et que xo xsXs.jxaîov às'.xôjxsvoç Trpb; 'A)i^avôpov xaxs'I/s'Joîxo xai o'.iSoùlz xoî; •jro>.:xa'.:. On ne voit pas de quelle façon le roi est intervenu alors. Il est à remarquer que Erigyios et Laomédon étaient de Mitylène.
200 MARC.HK SUR KPnfCSE (II, i
Lo roi lni-inrm(\ en (luillaiit Sardes, se dirigea avec le gros de rarniéc vers Tlonie, dont les villes avaient subi depuis delonguesannées le joug de garnisons pcrsesou celui d'oligarques inféodés à la Perse el, toutes courbées qu'elles étaient par une longue servitude, se souvenaient de leur premier état et nourrissaient un vif désir de recouvrer leur ancienne liberté, maintenant qu'un prodige des dieux semblait vouloir la leur rendre. Ce n'est pas que ces aspirations osassent se faire jour partout; dans les villes où le parti oligarcbique était assez fort, le (l(h)ws devait se taire; mais on pouvait être sur qu'au moment où s'approcheraient les forces libératrices, la démocratie se réveillerait dans toute sa force, que partout le commencement d'une liberté nouvelle serait signalé à la mode hellénique par une joie sans bornes et par une explosion de haine passionnée contre les oppresseurs.
Ephèse, la reine des cités ioniennes, donna aux autres villes un grand exemple. Déjà du temps de Philippe, et peut-être par suite des décrets rendus à Corinthe en 338, le dhnos s'était affranchi ; Autophradate avait été envoyé contre la ville avec une armée et avait convoqué les autorités pour entrer en négociations, mais, pendant la conférence, il avait donné l'ordre à ses troupes de tomber sur leshabitants qui ne soupçonnaient aucun danger; un grand nombre furent faits prisonniers et un grand nombre mis à mort^ Depuis lors, on avait remis une garnison perse à Éphèse, et le pouvoir avait été confié aux mains de Syrphax et de safamille.
Parmi ceux qui avaient quitté la cour de Pella après la mort de Philippe se trouvait Amyntas, fils d'Antiochos, dont le frère, nommé Héraclide, commandait l'escadron de Bottiée. Bien qu'Alexandre ne l'eût jamais traité qu'avec bonté, il s'était enfui de Macédoine et s'était retiré à Éphèse, soit qu'il eût conscience d'avoir commis quelque faute, soit qu'il voulût réaliser quelque mauvais dessein ; l'oligarchie de cette ville l'avait comblé d'honneurs -. Pendant ce temps avait eu lieu la