‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 64 sur 231 · OL. cxT, 3] administration des pays conquis · texte numérisé non relu

OL. cxT, 3] administration des pays conquis

Les institutions politiques établies par le roi répondaientelles à ce but?

Ce que nous en fait connaître le cours de cette première campagne concorde certainement avec les formes en usage jusqu'ici dans ces contrées, mais de telle sorte que ces formes semblent changer de signification par des transformations essentielles dans le fond K Le régime des satrapies subsistait dans la Phrygie d'Hellespont, en Lydie, en Carie ; mais en Lydie, on avait placé près du satrape un officier civil particulier pour la répartition et la perception des tributs; en Carie, la princesse Ada avait obtenu la satrapie, mais les importantes forces militaires de cette contrée étaient sous les ordres d'un stratège macédonien; on avait également placé, à côté du satrape de Lydie, un chef militaire qui portait probablement aussi le titre de stratège. Peut-être, là et partout ailleurs, l'administration financière de la satrapie était-elle en rapport immédiat avec la Trésorerie, dont la direction était ou venait d'être confiée — c'est ce que nous ne saurions dire — à Harpale, fils de Machatas ^

Ce qui montre que la compétence des satrapes était beaucoup plus rigoureusement limitée que dans le royaume des Perses et qu'ils n'étaient pas placés dans leur territoire en qualité de seigneurs et maîtres, mais bien comme des officiers royaux, c'est qu'il n'y a aucune monnaie d^s satrapes de l'empire d'Alexandre avant l'an 306, tandis que dans le royaume des Perses, déjà sous Darius P"", le fondateur du système administratif du royaume, les satrapes usaient du droit de battre monnaie ^ On a du temps des Diadoques un écrit qui paraît bien s'inspirer de l'organisation établie par Alexandre. L'auteur distingue les divers régimes économiques, ceux des

^) On devinait déjà par l'usage des auteurs que Je nom de satrape avait dû être officiellement conservé : le fait est aujourd'hui attesté par les inscriptions. On lit dans une inscription de Mylasa : pa(7i).$"jovTo? ^imtz[%o'j... 'A<ràvûpou?] c-arpaTTS'jovToç (G. I. Gr.ec, II, n° 2692), et l'on aura occasion' plus loin de citer un décret en hiéroglyphes rédigé en 310 par des prêtres égyptiens, où Ptolémée, qui y parle à la première personne, se donne le titre de satrape.

2) "ApuaXov êu'i Tôjv ^pY;[j.aTO)v xaTscTYjffev (Arriax., III, 6, 6).

3) Herodot., IV, 166.

•2'\'2 ADMINISTRATION HKS PAYS r.ONQHIS |ll, I

rois, des satrapes, des villes, (l<?s parliculiers. DansTéconomii; royale, les principaux chapitres sont le tarif de la monnaie ', lesrègleinentsconcernanl l'exportation et deriinporlation,ra(lministralion de la maisondn roi; celle des satrapes comprend surtout l'impôt foncier, ensuite les revenus des mines, des douanes, le produit des champs, du trafic sur les marchés, des troupeaux, eniin l'impôt personnel et l'impôt professionnel.

La manière dont Alexandre réi^la le régime politique des populations n'est pas moins remarquable. Partout oia se trouvaient des communes organisées, partout où il en avait existé autrefois, il semble que la pensée du roi ait été de les laisser administrer librement leurs affaires communales. Non seulement il restaura dans ce sens l'autonomie pour les villes helléniques de l'Asie et la garantit par le rétablissement de la démocratie, mais encore, nous l'avons vu tout à l'heure, le système fédératif auquel la Lycie était accoutumée de temps immémorial demeura intact, à condition sans doute que les dix vaisseaux de guerre qui formaient le contingent de Lycie dans la flotte des Perses seraient rappelés. Les Lydiens aussi, disent nos sources, « recouvrèrent leurs lois et devinrent libres^ ». Nous ne savons rien de plus sur ces lois des Lydiens; mais, quelles qu'elles aient pu être, leur rétablissement prouve que par la suite la régie devait être l'autorité des lois, et non plus, comme jusqu'à présent, l'arbitraire et le droit de la force exercé par les conquérants ; il prouve que le peuple de Crésus, jadis brave, industrieux et policé, fut affranchi du joug étranger sous lequel il était tombé en décadence, et qu'il devait cherchera se relever suivant son génie national et avec son unité première.

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7coir,iéov... pour l'exportation et l'imporLaliou : tiÔiz xai TÎva Tiapà Ttbv crarpaTiœv £v TY) TayY) èxXaêovTi aÙTO) Xucr'.TeXrjast ôiaxt'ÔSffôai ([Aristot.,] CEcOïl., II, 1).

-) Les ^\ eiOY) Tcov Tipoffoowv sont a-ïio xrjÇ yr)?, «Tio awv ev tt) X'**?? 'Wwv ysvoixévwv, aTTO £[j.7iopca)v, aTrb TsXtbv, àuo ^oaxrjfJiâTtov, àub Ttbv àXÀtov. Les phrases suivantes expliquent ces six articles, et c'est d'après ce commentaire qu'ont été arrêtées les expressions de notre texte. Elles doivent être à peu près exactes, encore qu'il reste quelque incertitude dans le détail.

^) }i^apôtavoù; xat Toùç ccaXo'j? A'jôoù; loXc, vofxot; xe toÎç TidcXai Auôtbv xp^i^'Qai eowxs xa\ èXsuôépou; eivai à^rjxev (Arrian., I, 17, 4). La nomination deNicias comme épimélète tcov çôpwv t-?,; (TuvTâ^ôcj; te xai aTioçopà; montre que la liberté laissée aux Lydiens n'excluait pas l'obligation du tribut.

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