OL. cxT, 3] régime des villes grecques
d'ailleurs, « la ligue des Hellènes en dedans des Thermopyles » n'avait pas été formée seulement en vue de la guerre contre les Perses, mais encore pour garantir la paix, l'ordre et le droit dans le territoire de cette ligue, et l'éloignement ainsi que la difficulté des rapports réguliers aurait rendu la diète de Corinthe impropre à remplir ce but dans les îles et les cités de l'Asie.
Bien que nous n'ayons aucune preuve précise à ce sujet, on peut supposer sans crainte de se tromper qu'Alexandre obligea également ces villes grecques restées en dehors de la ligue à reconnaître sa stratégie illimitée, et à contribuer d'une façon déterminée à la grande guerre \ Les documents que nous avons entre les mains ne nous permettent plus de constater s'il conclut des traités en ce sens avec chacune de ces villes, ou s'il les porta, pour atteindre ce but et en même temps pour maintenir la paix intérieure comme dans THellade, à former quelques fédérations analogues, par exemple, comme Eoliens, Ioniens, etc ". Nous avons du moins, au sujet d'une associa-
ï) Un texte épigraphique (C. I. Gr.ec, II, n° 2166. Add. p. 1024), dont on trouve maintenant une transcription plus complète dans le Mo'j<7£îov -/.a\ p'.gX'.oOrixr, T?, ç c-jayyO.'xr;? cr*/ o Ar, :(Smyrne, 1876, p. 128), nous apprend qu'en 321, Antipater, agissant au nom du roi et se préparant à faire la guerre à Perdiccas, exigea de Nasos (Hécatonnesos) et autres villes une eîaçopà dont il fit remise aux Nésiotes ; que de même Cassandre, allant faire la guerre à Cj^re, exigea s'.açopà: xa\ [xeyâ/.a: oa7:ava;, mais les allégea pour Nasos. sur les instances de Thersippos.
-) Ce qui suggère cette idée^ c'est que l'on a de cette époque et des temps qui suivent des monnaies d'argent et de cuivre portant sur la face la tête de Pallas des statères d'Alexandre, et sur le revers une foudre avec la légende AIOAE. Il n'y a guère de rapprochement à faire ici avec la hache double qui se rencontre fréquemment sur les monnaies cariennes. Unfait d'où l'on peut inférer que la Ligue des villes ioniennes a été renouvelée ou a pris alors une nouvelle importance, c'est que, d'après Vilruve (IV, 1), Smyrne, restaurée par Alexandre et Antigone, a été incorporée à nouveau dans la Ligue. Entin, nous avons déjà deux inscriptions attestant l'existence du xo'.vov des villes ioniennes. L'un de ces documents, d'une étendue considérable, est le rescrit par lequel le roi Antigone (par conséquent entre 306 et 301) institue le synœkisme de Lébédos et de Téos. On y règle, entre autres choses, la façon dont les dites villes se feront représenter en commun à la fête des Panionies (Le Bas-Waddl\gton, II, n° 86). L'autre inscription {Archaol. Zeitung, 1872, p. 188) provient de Smyrne, et le début est rédigé comme il suit : ïoo\i^ 'Itôvtùv tÔ) xoivù xùv Tpi<7xa:Ô£xa TtôXewv, e-rsior, 'l7r7î6<XTpaTo; 'iTrTwoSafxoy M'.)>r,<Tio; çîXo; tôv toO paaOico? Aua'.ixdcxo'J ^•«'' «^tparriybc
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lion de ce genre, des documents aiilhenti(|iies dont le plus ancien est du Icnips (rAntif^one (vers 300); il s'agit d'un « y.o'Mz^t des villes » de la région de Tlda, groupé autour du culte d'Athéna llia, avec un synédrion qui prend des arrêtés nu nom desdites villes ; parmi les cités qui font partie de cette fédération, l'inscription cite (jargara sur le golfe d'Adramyttion et Lampsaque sur rilcllespont V
Nous avons vu avec quelle habileté Alexandre savait favoriser Tessor de ces villes grecques ; en répandant ainsi sur elles les faveurs à pleines mains et sans envie, il pouvait espérer les attacher d'autant plus fortement au nouvel ordre de choses, qui dans l'Hellade même était encore loin d'être affermi; il pouvait espérer que les immenses avantages de leur nouvelle position de communes libres, de villes privilégiées dans l'empire de leur libérateur, leur feraient désapprendre et oublier les avantages mesquins qu'elles pouvaient dérober à la faveur des grands, et la « politique de terroir » à laquelle une longue domination étrangère les avait accoutumées.
Le contraste entre leur nouvelle et leur ancienne position n'aura pas été sans frapper vivement les Hellènes qui habitaient ces contrées asiatiques, depuis la Propontide jusqu'à la mer de Cypre ; il dut leur sembler qu'on venait enfin de leur rendre l'air et la lumière.
Iu\ Twv uoXetDv Ttbv 'laowv xaxaaTaOeiç etc. Ce texte fait parfaitement apprécier le renseignement donné par Strabon, à savoir que, sur l'isthme, entre Erythrée et Téos, un téménos a été consacré à Alexandre, xa\ àywv àub toO -/oivoO ToO 'Iwvwv 'AXe^ocvSpsta xaTayyéXXeTat auvTeXo'jfJiévoç evTaOôa (Strab., XIV, p. 644).
*) Inscription d'Ilion (Hissarlik) publiée par G. Hirschfeld dans VArchâol. Zeùung, N. F. VII, p. 151. On y trouve six yvcofx/) xcbv auvé^pwv et une proposition additionnelle de Simaios de Lampsaque en l'honneur de Malousios de Gargara : dans la première T^io[t.T,, Antigone ne porte pas encore le titre de roi ; on le lui donne dans la seconde. Malousios reçoit un témoignage d'honneur: o-rt àvr.p ocya96; èff-iiv 7i£[p\ To] kpbv Tr^ç'AOr^vàç y.a\ x/jv 7tavr,y\jptv xa\ xb xotvbv xtov TiôXewv (1. 31, 55), et parce qu'il a avancé de l'argent sans intérêts, spécialement aTioaxeXXovxtov cuvéôptov izçtio^v.c, el; xbv Pa<7t)ia •j[7i£p] xyj; eXe'jÔspia; xa\ aùxovofJLÎa; xtov TtôXewv xtov xoivovou<7to[v xoO] tepoO xa\ xrjç 7cavY]yûp£wç. Cette inscription explique des formules que l'on rencontre ailleurs : 'lÀ'.sî; xa\ al] tîoXs'.ç a|l x]ocvovo0(7[a'. xt;ç 6u<7ta; x. x. X. (C. I. GRiEC, II, n° 3602) — (rOveSpot (C. I. Gr^c, II, n» 3601 1. 2. 9. 16 sqq.) — -n xe TiôXt; xa\ aX )oi7:a\ irôXec; (C. I. GRiEC, 11^ n° 3595, 1. 40).