‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 68 sur 231 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

Préparatifs des Perses. — La Hotte perse sous Meiniion et les Grecs. — Alexandre franchit le Taurus. — Occupation de la Cilicie. — Bataille d'Issos. — Le manifeste. — Effervescence en Grèce. — Siège de Tyr. — Conquête de Gaza. — Occupation de l'Égyple.

Du côté des Perses, la nouvelle de la bataille du Granique avait été reçue avec plus de dépit que d'inquiétude. On ne se rendait pas compte de l'importance réelle de l'agression entreprise par les Macédoniens, ni par conséquent des dangers qui menaçaient le royaume ; on attribuait le succès d'Alexandre à riieureuse chance d'un fou téméraire ; on l'imputait aux fautes qui l'avaient facilité; il suffisait d'éviter ces fautes pour écarter tout danger ultérieur et mettre un terme aux succès des Macédoniens. Il semblait que ce qui avait surtout causé la défaite du Granique, c'était le défaut d'unité et de plan dans la direction de l'armée. On aurait dû, on le reconnaissait maintenant, suivre le conseil de Memnon ; c'est lui qui aurait du conduire lui-même l'armée dès le commencement; aussi remiton entre ses mains seules, du moins à partir de ce moment, le commandement illimité de toutes les forces de terre et de mer relevant de la Perse dans les satrapies d'Asie-Mineure.

Il semblait en effet qu'on diit trouver dans cet Hellène un adversaire redoutable pour le roi de Macédoine; sa défense opiniâtre d'Halicarnasse montrait déjà son talent et son énergie; puis, chassé comme il l'était de tous les points de la côte sans exception^ mais favorisé par le licenciement de la flotte macédonienne, il avait formé le projet de couper les relations d'Alexandre avec l'Europe, d'aller porter en Grèce les hasards de la guerre et de détruire dans sa racine la puissance

Page 1