‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 7 sur 231 · DU TRADUCTEUR XIX · texte numérisé non relu

DU TRADUCTEUR XIX

à un soudard libertin, Démétrios Poliorcète. Il eût été plus juste peut-être de reconnaître que les Athéniens ne pouvaient pas avoir la dévotion monarchique des Orientaux et des hégéliens ; que, ne l'ayant pas, ils avaient raison de ne pas faire acte d'hypocrisie, et que si, plus tard, leur reconnaissance pour le Poliorcète a pris un tour hyperbolique et bruyant, cette attitude servile montre à quel point la domination macédonienne avait déjà abaissé les caractères. M. Droysen poursuit jusque dans le détail la glorification de son héros. La polygamie qu'Alexandre emprunte aux Orientaux lui paraît une mesure politique justifiée par le but visé ' ; il reconnaît volontiers que Philippe n'était pas un modèle de tempérance, mais il atténue autant qu'il le peut les excès qui ont bien pu hâter la fin d'Alexandre.

La mort du conquérant ouvre l'ère des « Diadoques » ou successeurs immédiats d'Alexandre.

C'est une ère de confusion, de troubles, de conflits qui durent jusqu'à ce que les monarchies hellénistiques aient trouvé leur assiette naturelle. M. Droysen avait fait d'abord plus que le possible pour ordonner ce chaos en le forçant à entrer dans les formes de la dialectique hégélienne. « L'histoire de l'empire après la « mort du grand fondateur, disait-il, est l'antistrophe de l'histoire (c de sa fondation ; elle développe les forces négatives qui devaient « sortir de la grande œuvre d'Alexandre. On se plaint de la confu- « sion qui règne dans cette partie de l'histoire : cette confusion « existe, si l'on ne comprend pas les décisions supérieures de la « Providence planant au-dessus des visées et des passions hu- « maines : plus les hommes sont déréglés, égoïstes et impies, « plus la main de Dieu est sur eux puissante et visible. »

Alexandre avait poursuivi avec une logique infaillible son but, qui était la fusion de l'Occident et de l'Orient ; mais il croyait constituer une unité matérielle, et le « destin » ou « l'histoire » préparait une réaction en sens inverse d'où allait sortir une synthèse différente. Cette réaction s'opère en quatre étapes successives. D'abord, Perdiccas veut maintenir l'unité de l'empire avec l'unité dynastique ; le partage de Triparadisos ne laisse plus subsister que l'unité dynastique. Celle-ci, défendue par Polysperchon en Occident, par Eumène en Orient, est vaincue des deux

1) Il est assez curieux de voir César réclamer à son tour eu 44 le droit de polygamie, que devait lui couférer la loi Helvia : Ut Cspsari uxores Hberoriim (juxrendonim causa quas et quot vellef ducere liceret{S)i'ET.,CcVS. 52). Napoléon 1'*'' s'est contenté du divorce.

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