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oôU'îs ; m.'iis il rosto à savoirs! ce nu sora pas au prolit d"Antij^(3no . La hilaillo d'Ipsos consommn la dislocation dn l'nmpiro ot cr^^c fiualro royaumes ncmveaux; mais ce n'est pas encore là l'assiette (l('>llnitivc. Le conHit entre Démétrios Poliorcète et Séleucos laisse (encore indécises des questions que devra rc'îgler la gf^nf'iration suivante, celle des « Kpigonos ».
Ce groupement des faits, conforme à l'ordre chronolo'^ique, en facilite l'intolligence, et M. Droysen n'a eu qu'à supprimer çà et là (juclques formules pour enlèvera l'histoire des « Diadoques » le caraclère importun de construction logique, antérieure et supérieure aux faits, que lui donnaient ces formules.
L'historien a placé en tête de la troisième partie de son œuvre une large esquisse du passé, où il mesure le chemin déjà fait par les civilisations des deux côtés de la mer Egée et cherche la direction dans laquelle va se mouvoir l'avenir. Peut-être la première partie de ce morceau, qui établit sur des considérations géographiques le contraste primordial entre l'Orient et l'Occident, eût-elle été mieux placée comme Introduction à l'histoire d'Alexandre, où elle se fût aisément raccordée au prem.ier chapitre. Mais, telle qu'elle est, cette revue rapide remet sous les yeux du lecteur, un peu las des faits de détail, les grandes perspectives le long desquelles s'alignent les événements. Les idées y surabondent ; chaque mot porte : l'historien n'écrit pas pour des lecteurs distraits. Après avoir tracé en quelques lignes le canevas géographique de l'histoire universelle, M. Droysen étudie sur place la genèse des nationalités et des religions qu'elle va mettre en conflit. Là, nous constatons encore que, si tout à l'heure les conditions géographiques paraissaient devoir introduire dans l'histoire bon nombre de causes efficientes, ces causes reculent déjà à l'arrière-plan devant les causes finales. Nous retrouvons la dialectique hégélienne et sa façon de construire et détruire non en raison du passé, qui n'est rien, mais en vue de l'avenir, qui est tout.
Dans l'histoire du monde antique, le point de départ, la première œuvre de l'Esprit qui se dégage à peine de la Nature, c'est la création de nationalités étroites, de religions naturalistes taillées à la mesure de ces nationalités et intimement fondues avec l'État ; le point d'arrivée, c'est le cosmopoHtisme religieux, « l'idée « d'une humanité qui embrasse tous les peuples, d'un royaume qui « n'est pas de ce monde, idée qui trouve son expression complète « dans la venue du Sauveur». Entre ces deux points extrêmes, le
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progrès poursuit sa marche par action et réaction, avec l'énergie irrésistible d'une force qui s'accroît en s'exerçant. Le système des nationalités étroites et compactes, poussé à l'extrême, va provoquer une réaction en sens inverse dont le terme est l'individualisme ; la conciliation ou synthèse des deux idées sera le cosmopolitisme, qui assigne pour objet aux préoccupations de l'individu l'humanité entière.
Il faut d'abord que l'attache aux nationalités concrètes et matérielles disparaisse. Ce travail s'accomplit par la série de conquêtes qui remuent incessamment la masse des populations asiatiques. L'empire perse associe par la force des nationalités différentes qui conservent leurs mœurs et leurs religions particulières ; l'État se sépare donc de la religion avec laquelle il était jadis intimement uni; l'idée de Dieu se dégage peu à peu du monde tangible et devient pour ainsi dire « acosmique ». Voilà le système que l'empire perse rêve d'imposer par la conquête au reste du monde. Il se heurte dès les premiers pas à son antithèse, à la civilisation grecque. Celle-ci a également brisé le lien établi à l'origine entre les conceptions religieuses et le monde réel, mais par la réflexion et la critique, forces qui décomposent sans reconstituer et amènent l'individu à ne plus reconnaître d'autre règle que sa volonté propre. Avec les religions locales se disloquent les États qu'elles soutenaient : la Grèce en vient à n'être plus composée que d'atomes anarchiques. Mais, de même qu'en Orient le système des nationalités avait engendré une aspiration contraire, à savoir le sens d'une religion idéale appelée à effacer toutes les différences ethnologiques, de même la décomposition sociale, hâtée parla sophistique et la démocratie, éveille le besoin de groupements nouveaux aussi larges que possible. Pour satisfaire ce besoin, deux procédés sont essayés concurremment, la fédération et le retour au régime monarchique . La fédération échoue ; la monarchie l'emporte et entraîne avec elle la Grèce que n'attachent plus à ses traditions locales, à son sol, les liens tranchés par le développement de l'individualisme. A cette époque, on rencontre partout les Hellènes hors de chez eux; ils négocient sur toutes les places et se battent pour toutes les causes. Alexandre ne fait que canaliser ce flot débordant et le lancer sur rOrient.
L'œuvre d'Alexandre est unique dans l'histoire. On a vu depuis des vaincus disparaître devant une race supérieure et aussi des vainqueurs se mettre à l'école des vaincus : on n'a jamais revu ce
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mémorable spoctaclo de civilisations, adultes dos deux parts, se mêlant pour ainsi dire à doses égales et produisant un alliage stable, r « hellénisme », dans lequel elles perdent l'une et l'autre leurs propriétés spécifiques. Mais le but final n'est pas atteint. Si homogène qu'il soit d'ailleurs, « l'hellénisme » se localise : il se crée des États distincts. L'historien les passe en revue l'un après l'autre, et il constate qu'ils n'ont plus de racines dans le sol, à la façon des États de la période antérieure : « Ce sont plutôt des (( édifices élevés sur un plan artificiel, charpentés avec les tron- (( çons de ces arbres abattus, avec les débris et les fragments « de ce monde d'autrefois maintenant détruit. » Seul, le royaume des Lagides garde ou acquiert une vitalité moins factice.
Pendant que ces États hellénistiques cherchent à s'assimiler « les éléments morts et comme inorganiques » qui encombrent encore le chemin, Rome et Garthage, TÉtat « agraire » et l'État (( marchand», se disputent l'Europe occidentale. Déjà Rome a mis la main sur la Grande-Grèce; elle va incorporer à son empire la Sicile, théâtre du premier conflit entre Rome et Garthage. Les royaumes hellénistiques abandonnent les Grecs d'Occident à leur sort, non par indifférence, mais par impuissance ou par poUtique. L'Egypte pourrait seule intervenir, mais elle préfère conclure une alliance avec les Romains, afin de pouvoir ébranler à son aise l'empire des Séleucides et exciter contre la Macédoine les Hellènes, amants incorrigibles de la hberté. Les Ptolémées, hantés par le souvenir d'Alexandre, nourrissent au fond du cœur le projet chimérique de reconstituer son empire unitaire. Encouragées par leur protection, Sparte, Athènes, la Ligue achéenne harcèlent sans cesse la Macédoine, qui a failli déjà être absorbée par TÉpire. L'Egypte, de son côté, agrandit son territoire aux dépens des Séleucides . L'antagonisme de ces trois grandes puissances fait naître ou conserve de petits États autonomes qui, condamnés à un effort perpétuel, toujours menacés, froissés, mécontents, entretiennent l'agitation dans le monde gréco-oriental. On sent venir l'inévitable conquête romaine, qui va enfin pacifier le monde et déblayer l'arène où doit se livrer le dernier combat, celui des idées religieuses.
Longtemps concentrée dans le peuple d'Israël et nourrie d'espérances messianiques, la foi au Dieu unique et personnel se pose en face du paganisme surchargé de religions diverses, de cultes vides et de rites incohérents. Le monothéisme triomphe, mais en perdant le caractère étroitement national qu'il