‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 78 sur 231 · OL. cxii, 3] fuite de bessos · texte numérisé non relu

OL. cxii, 3] fuite de bessos

noment pu compter sur un accueil honorable auprès d'Alexandre, ne trouvait guère (rimilateurs, car il paraissait offrir beaucoup de dangers et point de profit. Dès que l'infortune de leur maître mit en question leur intérêt et même l'existence de leur puissance, les grands commencèrent à se protéger, eux et leurs prétentions, aux dépens de ce roi à l'aveuglement et à la faiblesse duquel ils attribuaient uniquement la ruine où le royaume des Perses était précipité. La fuite continuelle de Darius, après avoir causé la perte de pays si nombreux et si beaux, mettait maintenant en péril leurs propres satrapies ; il leur sembla qu'il était préférable de gagner quelque chose que de tout perdre, de conserver plutôt le reste du royaume des Perses que de le sacrifier aussi à une cause perdue : si Darius ne pouvait êlre roi qu'au nom de cette cause, ils étaient tout aussi convaincus de leur côté qu'ils pourraient se maintenir sans lui en possession de leurs gouvernements.

Ils avaient fait le Grand-Roi prisonnier ; l'attaque soudaine d'Alexandre les poussa à l'assassiner pour se sauver. Pour rendre leur poursuite plus difficile, ils s'enfuirent de deux côtés différents : Bessos prit la route qui conduisait en Bactriane en traversant le Khorassan, Nabarzane, avec le reste de sa chiliarchie et accompagné par le satrape de Parthie, s'enfuit vers FHyrcanie pour gagner de là en toute hâte la Bactriane et se réunir avec Bessos. Leur plan était de conserver debout, au moins en Orient, la monarchie des Perses, puis de choisir un des leurs pour nouveau Roi des rois, ainsi qu'on avait fait après le meurtre de Smerdès. Cependant il était clair que, si Phratapherne venait de la Parthie, Satibarzane de l'Arie, Barsaëntès de la Drangiane, pour combattre en Bactriane sous les ordres de Bessos, ainsi qu'ils en étaient convenus, leurs satrapies tomberaient certainement aux mains de l'ennemi ; ils sacrifiaient donc leurs territoires à une espérance bien éloignée : c'est pourquoi Phratapherne demeura en Hyrcanie, et Nabarzane resta avec lui ; Satibarzane se rendit en Arie et Barsaëntès en Drangiane, afin de prendre leurs mesures suivant la manière dont Alexandre allait agir. Le même égoïsme qui les avait réunis pour le meurtre du roi disloquait la dernière armée qui aurait encore pu tenir tête à l'ennemi, et

:\H0 LA SATRAPIi: h'ilVUCANIE [II, ï

ils (Icvaionl (rnnl.iul pins sùrcmont succomber sons réjXic ihi It'ur Icnihlc a<lN('rs,*iir(\ (jiic rjiiiciin d'cMix no s'occn[»(iil ([lie (le soi el (le son jiropi'e iivanhiiic,

Alexandre, de son côté, après celle allaqno inopinée, n'élail pins en (dal, à cause de l'épuisemenl connplel de ses Iroupes, de poursuivre les meurlriers de Darius qui s'enfuyaient de tous les C(^lés. Il se reposa dans la plaine d'IIécalompylos, pour donner aux Iroupes qu'il avait laiss(3es en arrière le temps de le rejoindre, et pour mettre en ordre les aiïaircs de la satrapie de Parthie. Le Parthe Amminapès, qui s'était soumis au roi lors de son entrée en Egypte en même temps que Mazacès^ obtint la satrapie, etïlépolémos, qui faisait partie de la troupe des hélantes, lui fut adjoint^.

Au nord de la ville commençaient les premiers contreforts de la chaîne des monts Elbourz, qui était habitée parles Tapuriens. Cette chaîne, traversée par quelques défilés, forme frontière entre la Parthie au sud et THyrcanie au nord, provinces qui ne se rejoignent que plus loin à l'est, dans les chaînons rocheux du Khorassan. La possession de ces défilés, si importants comme traits d'union entre la mer Caspienne et Tintérieur, entre l'Iran et le Touran, étaitencemoment doublement nécessaire à Alexandre, d'abord parce que les mercenaires grecs s'étaient réfugiés de Thara dans les montagnes tapuriennes, et ensuite, parce que Nabarzane et Phratapherne se trouvaient en H3Tcanie, de l'autre côté de la chaîne. Alexandre laissa la route du Khorassan, par laquelle Bessos s'étaic enfui, pour se rendre maître tout d'abord de ces importants défilés. Zadracarta, une des principales villes de FHyrcanie % sur le versant nord des montagnes, fut désignée comme lieu de rendez-vous aux trois divisions de l'armée avec lesquelles Alexandre avait résolu de se porter sur l'Hyrcanie. Erigyios, accompagné de quelques escadrons de cavalerie, conduisit les

1) ÀRRiAN., m, 22, 2. De son côté, Q. Curce(VI, 4, 24) dit qu'Amm inapès fuyant (devant le roi Oehos, était venu à la cour de Philippe : comme pour Aitabaze, les deux choses peuvent être vraies.

2) En qualité d'ÈuiaxoTtoç, dit Arrien (111, 22, 1), comme les deux £Tiî<7xo7iot dont il est question ailleurs (III, 5, 3).

3) CiiRT., VI, 4. 23. '

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bagages et les chariots par le chemin le plus long, mais le plus commode. Cratère, avec sa phalange et celle d'Amyntas, six cents archers et un nombre égal de cavaliers, traversa les montagnes des Tapuriens, pour les soumettre ainsi que les mercenaires grecs, s'il les rencontrait. Alexandre lui-même prit la route la plus directe, mais la plus difficile *, qui conduit dans les montagnes au nord-ouest d'Hécatompvlos. Cette colonne s'avança avec la plus grande circonspection : le roi, avec les hypaspistes, les plus légers parmi les phalangites et une partie des archers, prit la tète; afin d'assurer la marche des troupes qui le suivaient, il laissait des deux côtés de la route des postes qui occupaient les hauteurs, tout prêts à tomber sur les tribus sauvages avides de rapine qui habitaient ces montagnes ; combattre ces peuplades aurait coûté trop de temps, et peut-être en pure perte. Alexandre. qui avait pris les devants avec les archers, arriva dans la plaine qui occupe le côté nord de la chaîne, et s'y arrêta au bord d'un cours d'eau peu considérable pour attendre les troupes qui marchaient après lui. Elles le rejoignirent dans les quatre jours suivants ; les dernières qui descendirent des montagnes furent les Agrianes, qui formaient l'arrière-garde de la colonne et qui avaient eu quelques luttes à soutenir avec les Barbares. Le roi continua alors sa route vers Zadracarta, où bientôt après arrivèrent aussi Cratère et Erigyios. Cratère annonça qu'il n'avait pas rencontré les mercenaires grecs, mais qu'il avait eu affaire aux Tapuriens; les uns avaient été subjugués par la force, les autres s'étaient soumis volontairement.

*) Je ne reproduis pas ici l'exposé inséré jadis à cette place, attendu que ces marches sont maintenant éc!aircies dans la mesure du possible, d'après des matériaux plus récents, par Spiegel, {op. cit. I, p. 64: II, p. 53). Q. Curce n'est pas d'un grand secours, car ses descriptions sont plus pittoresques qu'exactes. Le chemin suivi par Cratère devait conduire, en passant par Friouz-Kouh ou Gour-i-SeOd, dans la route décrite avec précision par OusELY, qui va par les défilés à Sari; l'importance militaire de ces deux points rendant leur occupation indispensable. Quant à Erigyios, il est presque certain qu'il a pris la route qui se dirige à l'est par Kalpousch sur Astérabad fvoy. ^Melgunoff, Dos sùdliche Ufer des kaspischen Meeres. 1868, p. 143 . Alexandre doit avoir pris entre ces deux corps la route la plus courte et la plus pénible, et s'être dirigé par la longue va'lée de Schamen- Saver sur Astérabad, qui correspond à peu près à Zadracarta (voy- Melgu - NOFF, op. cit.. p. 133 .

'.\H'2 S( M MISSION I)'aut\u\zi: |||, i

Drjà, dans le canij» (jirAlcxandrj'av.iil dressa aiipri's du cours (rcaiijdrs envoyi's du ('liiliai(]U«' Xal)arzauc (''lairnl arrivés pour déclai'cr (ju'il clait pnH à abandonner la cause de Bosses cl à se s(nnnellre à la rlénience du roi; puis, tandis qu'Alexandre élail (Ml roule, le satrape Phralaplieine , avec d'autres Perses I

de dislinction ' (jui avaient été près du (irand-Koi, étaient 1

venus faire également leur soumission. Le chiliarque, un de ceux (jui avaient enchaîné Darius, a du se contenter de l'impunité ; son nom, un des premiers du royaume, n'est plus ])rononcé ; Phr;ii;iplierne, au contraire, ainsi que ses deux fils Pliarismane et Sissiiiès,gagnabient{Mlacon[ianced'Alexandre, et ils devaient s'en montrer dignes dans plus d'un danger; le père recouvra ses satrapies de Parthie et d'ITyrcanie. Artabaze arriva à son tour; il était accompagné de ses trois fils^ Arsame, Cophène et Ariobarzane, le défenseur des défilés persiques ; Alexandre les reçut comme le méritait leur fidélité envers l'infortuné Darius; du reste, il connaissait Artabaze depuis le temps où celui-ci avait trouvé asile à la cour de Pella avec son beau-frère, le RhodienMemnon, et le vieux Perse était déjà familiarisé avec les moeurs de TOccident : lui et ses fils eurent désormais un rang honorable, avec les Macédoniens les plus distingués, dans l'entourage d'Alexandre. En même temps que ces derniers, Autophradate,le satrape des Tapuriens, était arrivé ; il fut aussi reçu avec honneur et maintenu en possession de sa satrapie. On reçut avec Artabaze une ambassade des troupes grecques, qui était autorisée, au nom de toute la troupe, à capituler avec le roi. Alexandre répondit que le crime de ceux qui, contre la volonté de toute l'Hellade, avaient combattu pour les Barbares était trop grand pour qu'on pût capituler avec eux, et qu'ils devaient se rendre à discrétion ou se sauver comme ils pourraient. Sur cette réponse, les pléni-

') Arrian., III, 23, 4. DiODOR , XVII, 76.

-) Q. Curce (YI, 5, 1) dit : citm propmqu{s Darii; mais il raconte ailleurs (VI, 2, 9) que déjà, lors de l'attaque imprévue, plusieurs nobles Perses, hommes et femmes, étaient tombés entre les mains d'Alexandre: il cite à ce propos notamment la petite-fille du roi Ochos et le frère de Darius, Oxathrès. D'après le même auteur (VI, 5, 3-4), Artabaze était âgé de 95 ans et était accompagné de neuf de ses fils.

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potcntiaires déclarèrent qu'ils étaient prêts à se soumettre et que le roi n'avait qu'à envoyer quelqu'un avec eux, afin que, sous sa conduite, les troupes pussent arriver en sûreté dans le camp. Alexandre choisit à cet effet Artabaze, leur conducteur dans la retraite de Thara , et Andronicos, un des Macédoniens les plus distingués, beau-frère de Clitos le Noir'.

Alexandre comprit l'importance extraordinaire de la satrapie hyrcanienne, de ses défilés, de ses côtes garnies de ports, de ses forêts dont les bois étaient excellents pour la construction des navires ; il put songer dès lors au plan grandiose d'une flotte lancée sur la mer Caspienne, d'un commerce établi entre ces côtes et l'Orient de l'Asie, d'un voyage de découvertes dans cette mer : mais, plus encore que ces projets, les communications à maintenir entre les conquêtes faites jusqu'à ce jour et les progrès ultérieurs de l'armée exigeaient qu'on s'emparât complètement de cettecontrée montagneuse, remplie de défilés, qui commande la rive méridionale de la mer Caspienne. Alexandre s'était assuré de la même façon des passages dans les districts tapuriens. Parménion fut chargé de prendre avec lui le corps qui se trouvait en Médie, de traverser la partie nord de celte province et les défilés caspiens de l'ouest, et de descendre dans le pays des Cadusicns, tout au bord de la mer, afin d'ouvrir la route qui relie l'Arménie et la Médie avec la vallée du Kour et la mer Caspienne. Delà, Parménion devait s'avancer, le long de la côte, vers l'Hyrcanie et suivre ensuite la grande armée -. Les Mardes, dont le nom du fleuve Amardos "^ semble désigner la position géogra-

*) La femme d'Andronicos, Laniké, était la nourrice d'Alexandre et la sœur de Clitos (Arrtan., IV, 9, 4) : Taniiral Protéas était le fils d'Andronicos.

2) Ces défilés, dont j'ignore 'le nom actuel, se trouvent entre Ardebil et deux localités situées au bord de la mer, Astara et Lenkoran. Les Cadusiens « comme les Grecs appellent les Gèles » (Plin., VI, § 48), habitent les montagnes de Khilan, qui s'étendent à l'est jusqu'au fleuve Amardos (le Kizil-Ozein ou Sefid-Roud). Pour plus amples détails, vov. Spiegel, [op. cit., II, p. 538).

'^) C'est là que se trouve le col de Pyl-Roudbar, sur la route de Kasvin à Raescht (cf. Morier, Voyages, II, p. 26).

'^^^ SOUMISSION DKS MAllUKS (II, 4

]ilii(|ii(\ lie s'rlaiciil pas encore; soumis ; 1(3 roi n'îsolul do inarclicr iiimi(''(lial('in(Mil contre eux. Tandis (juc la niaj<'ure ]>arli(' des Ironpcs riîslait dans le camp, il se mil Ini-mcmc en route vers Toucsl, le lon^- des eûtes, à la lèle des liyi)asj)istes, des plialanqes de (^œnos et d'Amyntas, de la moitié de la cavalerie et des acontistes achevai nouvellement organisés. Les Maides se considéraient comme parfaitement en sûreté, car jamais aucun ennemi n'avait pénétré dans leurs forets, et ils croyaient que le conquérant de l'Occident continuait déjà sa marche vers la Bactriane. Tout à coup Alexandre déboucha de la plaine : les localités les plus voisines furent prises ; les habitants s'enfuirent dans les montagnes couvertes de bois, et les Macédoniens les poursuivirent avec une peine indicible à travers ces forêts sans routes, toufl'ues et lugubres : c'était souvent l'épée à la main qu'ils devaient se frayer un chemin à travers les fourrés, tandis que, tantôt d'un côté tantôt de Faulrc, des détachements de Mardes tombaient sur eux ou de loin leur lançaient des trails^ Mais, comme Alexandre montait toujours et resserrait de plus en plus les hauteurs par ses postes, les Mardes lui envoyèrent des parlementaires et se soumirent, eux et leur territoire, à sa clémence. Le roi prit des otages parmi eux et, pour le reste, les laissa tranquillement en possession de leur pays, qui fut placé sous l'autorité d'Autophradate, satrape des Tapuriens^

De retour au camp de Zadracarta, Alexandre y trouva déjà les mercenaires grecs, au nombre de quinze cents; ils avaient avec eux les ambassadeurs de Sparte, d'Athènes", de

^) Timour eut les mêmes difficultés dans ces régions (Chereffeddin, VI, 21 , p. 161).

-) Arrtan., m, 14, 3. CuRT., VI, 5, 11. Au cours de ces surprises, les Barbares, dit-OD, firent entre autres captures celle de Bucéphale, le cheval de bataille du roi. Alexandre les menaça d'exterminer leur race jusqu'au dernier homme s'ils ne rendaient pas le chev.al, et ils se hâtèrent de le lui renvoyer. L'anecdote se trouve dans Q. Curce, Plutarque, etc.

') Arrien (lil, 24, 4) nomme les quatre Spartiates et l'Athénien Dropidès: d'après Q. Curce (III, 13, 15), ces personnages avaient été faits prisonniers bien auparavant, à Damas : il cite parmi les envoyés amenés au camp l'Athénien Démocrate (var. Dùiocartes) qui, venia desperata, gladio setransfigit. Ce n'est pas, en tout cas, le Démocrate nommé dans les inscriptions triérarchiques (Bôckh, Seeurkimden, p. 235), et on ne rencontre pas, que je sache, d'autre Athénien de ce nom à l'époque dont il s'agit.

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Chalcôdoinc, de Sinopc, qui avaient été envoyés à Darius et qui, depuis la trahison de Bessos, s'étaient retirés avec les Grecs. Alexandre donna ordre de relâcher, sans plus ample information, ceux qui étaient déjà à la solde des Perses avant la formation de la Ligue de Corinlhe : pour les autres, l'amnistie ne leur fut accordée qu'à la condition d'entrer dans l'armée macédonienne ; ils furent placés sous les ordres d'Andronicos, qui avait intercédé pour eux. Pour ce qui concernait les ambassadeurs, le roi décida que ceux de Sinope seraient incontinent mis en liberté, parce que leur ville ne faisait pas partie de la Ligue hellénique et que d'ailleurs on ne pouvait faire un reproche à cette cité d'envoyer des ambassadeurs au roi de Perse, comme à son souverain; ceux de Chalcédoinc furent également relâchés. Pour ceux de Sparte et d'Athènes, au contraire, comme ces villes avaient entretenu par trahison des relations avec l'ennemi commun de tous les Hellènes, Alexandre ordonna de les retenir et de les garder à vue jusqu'à nouvel ordre ^

Peu de temps après, Alexandre quitta le camp et s'avança jusqu'à la résidence du satrape d'Hyrcanie, afin de reprendre, après y avoir pris quelques jours de repos, le cours de ses opérations.

Tandis que ceci se passait en Asie^ la fortune des armes macédoniennes avait encore à soutenir une dangereuse épreuve. La crise était d'autant plus grave que Sparte, devenue après la défaite d'Athènes, après la chute de Thèbes, l'Etat le plus important de l'Hellade, s'était mise à la tête de ce mouvement.

Au commencement de l'année 333, malgré la nouvelle toute fraîche de la bataille d'Issos, le roi Agis avait, ainsi que nous l'avons vu ^, commencé à agir de concert avec la flotte perse qui était encore à l'ancre devant Siphnos, et avait fait

^) A la façon dont s'exprime Arrien (HT, 24, 5), on ne voit pas très bien si Héraclide de Chalcédoine a été relâché parce que Ghalcédoine, à l'exemple de Sinope, n'était pas entrée dans le y.otvbv xtov 'EXXyjvtov, ou si c'est parce qu'il avait été envoyé Tipb xr,; s'.pyjvr,; -e xai cr'JtX[xaxtaç TY)ç TTpb; Maxeôôvaç Y£vo[jLlvr)ç : la dernière hypothèse est plus vraisemblable.

2) Voy. ci-dessus, p. 273 sqq.

386 ACITMIUN DANS l/lIKF.I. MUO |Il, 4

orciipcr la ('li'lc pai- son IVi'ro Aj^i'-silas. Si ;ï co municnt AIIkmm's a\ail soiilii ciihci" dans le inoiivcinml, on jiiirail pu alxnilir à des n'^siillals sc'ricux, car cciil liiii'incs cusscnl pu racilcniciil sortir du Piivc et pi'cndir la nier. Mais, Athènes n'ayaiil [ni se décider, les aulres cités de la li^iie hclléni(jue n'osèrent non plus déchirer les traités qn'(dles avaient jurés, et l'aide de quelques tyrans et de quelques oligarques dans les les n'aurait pas rendu la flotte perse; assez forte pour tenir léte îiAmphotéros et à JIéi;élochos. Au prinlemps de 'i':l2, lors du siège de Tyr, cette tlotle se dispersa complètement, et, dans le courant de l'année, toutes les îles de la mer Egée, y compris la (Irète, furent alfranchies. Toutefois, on n'était pas tranquille en (irèce ; ni la victoire d'Alexandre, ni le voisinage de l'importante armée que l'administrateur du royaume tenait sous les armes en Macédoine , ne décidaient les patriotes à renoncer à leurs plans et à leurs espérances. Mécontents de tout ce qui était arrivé, de tout ce qui arrivait encore, entretenant toujours la pensée qu'il était possible et légitime, malgré la ligue jurée et la supériorité des forces macédoniennes, de poursuivre de toutes façons une politique particulariste pour restaurer l'ancienne liberté des Etats, ils mettaient à profit toutes les occasions afin d'entretenir la multitude crédule et légère dans le mécontentement , l'inquiétude et l'aigreur; la fin malheureuse de Thèbes était un thème inépuisable de déclamations, et ils appelaient la diète de Corinthe un trompe-l'œil mal calculé. Tout ce qui venait de Macédoine, même les hommes et les présents, était suspect et dénoncé comme une injure pour les libres Hellènes ; Alexandre ne voulait autre chose, disait-on, que faire du synédrion luimême et de chaque assesseur en particulier des instruments du despotisme macédonien ^ ; l'unité de la Grèce devait avoir pour fondement plutôt la haine contre la Macédoine que la guerre contre les Perses, car les victoires des Macédoniens en Asie n'étaient pour eux qu'un moyen d'anéantir 1a liberté des

1) £CTTt yàp £v tatç cr"jvOr,xac; eTrifAsXeîdOat Toùç auvsopeyovTa? xat touç eizi xr, y.otvrj çuXaxT) Texayixlvo'jç, otiwç..., ol oè tocouto'j oio'jm to'jtwv ti xwXûctv wate xa\ auyxaTaaxcuâ^oudi oO; Titoç o-j npo(jr^Y,et, à7T:o),(jo).£va'. ; ([Demosth,,] Be fœd, Alex., § 15).

332] PRÉPARATIFS d'agis 387

Etats helléniques. Naturellement, la tribune d'Athènes était l'endroit où ce mécontentement s'étalait le plus volontiers dans des débats passionnés ; nulle part ailleurs les deux partis adverses ne se trouvaient en conflit aussi aigu, et le peuple, entraîné tantôt par Démoslhène, Lycurgue, Hypéride, tantôt par Phocion, Démade et Eschine, se contredisait assez souvent dans ses arrêts souverains. Tandis que, rivalisant avec le synédrion de la Ligue, on envoyait à Alexandre des félicitations et des couronnes d'or. Dropidès était et restait en qualité d'ambassadeur attique dans le camp royal de Darius, même après la bataille de Gaugamèle. Tandis qu'Athènes entretenait ainsi des relations qui, d'après le traité d'alliance, étaient manifestement déloyales, les rhéteurs attiques s'échauffaient au sujet des nouvelles violations du traité que se permettait la Macédoine: toutefois^ on avait soin de ne pas pousser les choses jusqu'à se mettre en péril ; on se contentait de pensées sinistres et de paroles sonores.

Seul. Agis n'abandonnapas l'œuvre commencée, même après que son frère eut été chassé de Crète par Amphotéros et la flotte macédonienne ^ Il avait attiré près de lui une bonne partie des mercenaires grecs dispersés à Issos; le Ténare, qui était le lieu où se faisaient les enrôlements, lui fournissait autant de soldats qu'il en pouvait payer; il avait noué avec les patriotes, particulièrement dans les villes du Péloponnèse, des relations qui lui promettaient le meilleur succès; la prudence et la hardiesse avec laquelle il savait augmenter sa puissance et son parti donnaient aux adversaires de la Macédoine, qu'ils fussent près ou loin, la confiance que le salut était proche.

Dans ce même temps, une entreprise qui avait été commencée avec les plus grandes espérances finit tristement. Soit

') C'est à cette lutte en Crète que Niebuhr [Vorles. , II, p. 474 voulait lapporler un passage d'Aristoie FoUt., II, 10, 7i où il est dit . o'Jzt yàp îicoTîpiy.T,; ap"/r,ç y.o'.vwvoCiTiv ol KpT,Tîr, '^tijin-z'. "zt ttoÀcjxoç ^îv.xo; o'.aêiêr,y.îv z'.i TT,v VT.Tov, b: TzzT.o'.Ti'/.t yx/spàv Tr,v à<70£V£tav Tor; âxîî vôu.o>v. Ce serait une indication précieuse pour déterminer la date delà rédaction de la. Politique. Mais Arislote, sans aucun doute, fait allusion aux combats entre le Phocidien Phalaecos et le roi de Sparte Archidamos, combats sur lesquels Diodore iXVII, 61 sqq.) s'étend assez longuement.

.'{88 Moin d'alkxandrk d'éi'iiu-: |1I, i

(jiHî rr.\|M''(lili()n d' Alcxaiidn' d'I'lim»' en Ihilic; tiiL «''Ir ciilrcprisiî (If roiiccii .incc k; roi de Macùdniiic, soil qu'elle Tail été jiar riv.ililé coiilre lui, il y eul uu luomenl OÙ, grâce à ses victoires, réléinenl grec eu lliiViv. send)lii se rel(!ver avec plus de fierlé que jamais. Mais les Tareiilius, qui n'avaieut voulu avoir on lui qu'un coudoUiere contre les peuples italiens des montagnes, commencèrent àcraindre ses plansambitieux, et les villes helléniques pensèrent counne eux qu'il fallait le paralyser avant qu'il devînt redouta])le pour leur liberté. Le progrès de ses armes s'arréla ; il fut assassiné par un banni lucanien, et son armée exterminée à Pandosie par les Sabelliens*. Après sa mort, des différends s'élevèrent dans la terre des Molosses au sujet de son héritage : un enfant en bas âge, qu'il avait eu de Cléopâtre de Macédoine, sœur d'Alexandre, était son héritier, mais Olympias — qui, paraît-il, vivait dans le pays des Epirotes — chercha à enlever le gouvernement à la veuve, sa fille; « le pays des Molosses lui appartenait », écrivait-elle aux Athéniens^, qui avaient fait orner une statue de Dioné à Dodone, comme si chose semblable ne devait point se faire sans sa permission. La discorde qui commençait à. s'introduire ainsi dans la famille royale elle-même ne pouvait que relever les espérances des patriotes en Hellade.

Au printemps de 331, comme Alexandre était àTyr, sur le point de marcher vers l'Euphrate, il savait déjà qu'Agis continuait toujours à se remuer; il se contenta alors d'envoyer

^) La date de ces événements n'est plus susceptible d'une détermination précise, Justin (XII, 2, 14 : 3, 1) parle bien de trois nouvelles qu'Alexandre aurait reçues simultanément en Partiiie (par conséquent en août 330), celles de la mort du JMolosse, de la défaite de Zopyrion et de la guerre d'Agis : mais cela ne prouve pas grand'chose. Ce qui a plus de poids, c'est un passage où Eschine {hi Ctesiph., §242) dit que Ctésiphon s'est fait tout dernièrement('n:p(pr,v)nommerambassadeurauprèsde Cléopâtre, a-jva-/6eG-6rj(76[xsvoç l-izi TYj ToO MoXoTTtov ^oLdûÂiùç 'AXsEàvôpou TôXs'JTr,, v'jvi èï o'J ÇTt^xeiç ô-JvacrOac Xiye'.v, Ce TtpfôrjV ne peut remonter bien au-delà d'août 330. Un passage de Tite-Live (VIII, 24), si suspects que soient d'ailleurs ces synchronismes gréco-romains, autorise à penser qu'il a trouvé dans les livres grecs dont il se servait, par exemple dans les tables chronologiques d'ApolIodorej la mort du Molosse et la fondation d'Alexandrie placées à la même date, c'està-dire en 332/1 (01. CXII, 1), année qu'il a, il est vrai, le tort de convertir en Tan 428 de Rome.

2) œç r, x^poL £:V, y] MoXoTXi'a auTr.ç (HYPERm., Pro Euxenipp., § 32).

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