‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 80 sur 231 · OL. cxii, 2] défections au nord · texte numérisé non relu

OL. cxii, 2] défections au nord

la date, correspondant à peu près au 10 juin 330 *. Quel motif pouvait avoir conduit le lils de Seutliès à Athènes, pour que les Athéniens le distinguassent par un décret honorifique accompagné de cet ornement?

Il estvraiqu'Arrienne parle pas des événements qui se passèrent cette année en Grèce, en Macédoine et enThrace; mais les traditions qui remontent jusqu'à Clitarque nous donnent quelques détails. Diodore dit : « Memnon, stratège macédonien en Thrace, qui avait des troupes et était rempli d'ambition, excita les Barbares et, se voyant assez fort, prit luimême les armes. Antipater mit alors sur pied ses forces militaires, courut en Thrace, et combattit contre lui" ». Justin nous fournit encore des indications plus explicites; après avoir relaté la fin de Darius, il continue : « Tandis que ceci se passait, Alexandre reçut de Macédoine des lettres dans lesquelles Antipater l'informait de la guerre allumée par le roi de Sparte

d'une fois dans la dynastie des princes odryses. Cotys, celui qui régna de 380 à 357, était fils du roi Seuthès, dont il est question à propos des dernières années d'Alcibiade. Après la mort de Cotys, ses trois fils se partagèrent ses possessions. Kersobleple eut probablement en partage le royaume proprement dit, dans le bassin de THèbre, et en 353 Cardia subissait son influence : là son domaine confinait à celui de son frère Amadocos, qui s'étendait à l'ouest jusqu'à Maronée (Demosth., In Aristocr.y § 183). Bérisade ou Barisade, le troisième frère, paraît avoir reçu le territoire qui va de Maronée à TE. jusqu'à l'ancienne frontière de Macédoine en englobant les régions aurifères du Pangaeon : il mourut peu de temps après (dès 357), et Kersoblepte dépouilla ses fils et Amadocos. Il est probable que ce « Kétriporis et ses frères » dont il a été question plus haut (pp. 82. H7, 1) sont précisément les fils de ce Bérisade (Dittenberger in Hermès, XIV, p. 299). Le roi Seuthès qui se révolta en 322 contre Lysimaque (Diodor. , XVIII, 14) est évidemment celui de l'inscription de 330, et comme un de ses fils portait le nom, de Cotys, on est amené à penser qu'ils appartenaient bien à l'ancienue dynastie odryse, que par conséquent Kersoblepte avait donné à son fils le nom de son grand-père et le nom de son père à son petit-fils : il est aussi naturel de supposer que le Sitalcès qui commandait dans l'armée d'Ali^xandre les 5,000 acontistes thraces appartenait à la même famille et était peut-être le fils aîné de Kersoblepte. — Dans le bas-relief qui surmonte l'inscription de 330. la phiale que tient le personnage symbolise sans doute des cruovôai offertes par lui.

') La date est : ^t^^ 'Ap'.cTO^avo'J: ap/ovroc... — xtpocpopicovoç oexâTr, lO-xaij.Évo'J.

D'après les tables d'IoELER, le mois Scirophorion de 01. CXII, 2 a 29 jours et finit le 30 juin 330.

-j MÉfxvwv ô xa6î(7Tâ[jLcvoç (7TpaTr,Ybç t?,; ©paxr^ç... àvéastas to-j; papêâpov; (DiODOR., XVII, 62).

'.\\)2 KXiM':niTioN nftSASTREHSK ni: /opyuion [II, 4

Ai^is (Ml (iii'cc, (le l;i L;iirri(' laiU^pîU' h; roi des Molosses en ll.'ilic, ('( (le la f;ii(Mi'(' (jiic son sinilègo /o[)yi'ion (Hail allé porU^r en Scythio » ; jniis il ajoiilo : « Zopyrion, (prAlexandri; avait placé commo slralci^o du Pont, craigiiaiildii passer pour nég-ligenl s'il n'enlreprenait, lui aussi, quelque chose, se porta conlre les Scytlies avec une aruiée iU\ lieiite mille hommes et trouva sa perte et celle de toutes ses forces dans cette entreprise * ».

Il est vrai que Quinte-Curce, qui, en somme, puise à la même source, nous parle de Zopyrion et de l'insurrection de Thrace de façon à faire croire que ces événements ont eu lieu quatre ans entiers plus tard; mais ce sont induhitahlement les mêmes : « Alexandre, à son retour de l'Inde en Perse, reçut communication de ce qui s'était passé en Asie et en Europe pendant son ahsence : Zopyrion, ayant entrepris une guerre contre les Gètes, avait été écrasé avec toute son armée par une attaque soudaine; à la nouvelle de ce désastre, Seuthès avait poussé à la défection les Odryses, ses concitoyens, et comme la Thrace était presque complètement perdue, la Grèce ellemême ne ^ » Ici commence une longue lacune dans le texte

de Quinte-Curce.

Ainsi, d'après le récit de Quinte-Curce, c'est le désastre de

') Epistulœ, quibusjbcllum Agidis rcgis Spartanonim in Grœcia, hélium Alexandri rcgis Epiri in Italia, hélium Zopyrionis prœfecti ejus in Scythia continehalur (Justin., XII, 1, 4) : et plus loin (XII, 2, 16) : Zopyrion quoque, prxfctus Ponti ah Alexandre Magno reliclus... hélium Scythis intulit etc.

2) lisdem fere diehus literas a Cœno accipit de rehus in Europa et Asia gestis dumque ipse Indiam suhegit, Zopyrio Thracias prœposilus quum expeditionem in Gctas faccret tempestatihus procellisqiie suhlto coortis cum toto exercitu oppvessus erat, qua cognita cladeSeuthes Odrysas popular'es suas ad defectionem compulerat : amissa propemodwn Thraciane Grœcia quidem***. (CuRT., X, I, 43). Q. Carce, ou l'auteur grec qu'il suit, a probablement jugé à propos, pour donner un tour plus artistique à sa composition, de ne l'aire parvenir qu'en 325 à Alexandre cet ensemble de nouvelles. En désignant Zo[^yrion comme stratège de Thrace, il laisse entrevoir encore la délection de Memnon en Thrace : quant à dire que Je rapport sur ces événements a été fait par Cœnos, la chose n'est pas moins absurde, car le Cœnos que nous connaissons était mort à l'époque, et il n'est fait nulle part mention d'un autre Cœnos resté en Occident; aussi Mutzell a-t-il supposé que les mots a Cœno pourraient bien être une traduction à la volée de l'expression àub ^oivoO, qui dans l'original grec désignait le -/otvov de la Ligue hellénique.

Comm. de 330 : ol. cxii, 2J zopyrion et memnon 393

Zopyrion qui a décidé le prince de Thrace Sculhès à s'insurger; d'après Diodore, c'est Memnon, stratège dans la Thrace macédonienne, qui est l'auteur de cette défection; d'après une autre relation qui semble venir également de ce fond de traditions accréditées par Clitarque, la rumeur de la mort d'Alexandre s'était répandue dans le même temps ^; enfin d'après une autre, qui a la même origine, Antipater dut entreprendre une expédition contre les gens des « Quatre-Régions » (TsTpa- -/wp'-ai) jusqu'au Rhodope, et les força par une ruse de guerre à rentrer dans leur pays ^.

On voit à peu près comment les choses s'enchaînent ici. A la fin de l'automne 331, Alexandre avait envoyé de Suse à la côte d'Asie-Mineure Menés avec trois mille talents, en le chargeant de remettre à Antipater autant d'argent qu'il en aurait besoin pour la guerre contre Agis. Supposons que Zopyrion, stratège du Pont, ait commencé son entreprise vers l'automne de 331, certainement sans l'ordre d'Alexandre et sans l'autorisation d' Antipater : le désastre de son armée affaiblit tellement la puissance macédonienne que Memnon, stratège de Thrace, osa tenter de se rendre indépendant ^ ; le

*) Antipater, conspecto [priore necioinim] exercUu qui audit a Alexandri morte ad infestandum imperium ejus confluxerant, dissimukms, etc. (Frox- TL\., Strateg., II, U, 4). Les mots altérés doivent être rectifiés non pas en Nessiorum ou Bessorum [Bottixorum éd. Dederich], car alors on conserve cet embarrassant priore, mais en Feloponnesiorum.

2) Ce que dit Polyeenos (IV, 4, 1): 'AvTÎTratpo; Iv xr, TsTpaxtop'-Tcov o-TpaTcucov, etc., doit trouver sa place ici. On voit par Etienne de Byzance (s. V. TsTpa-/. ) que l'on désignait ainsi les Besses : nous ne saurions dire si Je nom était réservé aux Besses tout seuls, ou s'il comprenait encore les trois autres tribus (Coralles, ]\IdBdes, Danthélètes) que Strabon (VII, p. 318) mentionne à côté d'eux, dans le passage cité par Etienne de Byzance.

3) Borysthcnitae ohpugnante Zopyrione servis liberatis... hostem sustinere potuerunt (Macrob., Sat., I, 11, 33). Par conséquent, Zopyrion s'est avancé jusqu'à 0;bia, a assiégé la ville longtemps, et n'a péri avec son armée qu'en vevensini, tempestatibus procellisque subito coortis, comme le dit Q. Curce (X, 1, 43), ou en m?r, comme le dit Trogue-Pomnée [ProL XII) : ut Zopyrion in Ponto cura exercitu periit. C'est à cet événement que doivent faire allusion les couplets satiriques dont parle Plutarque [Alex., 50) et qui. avant la mort tragique de Clitos, ont dû contribuer à exaspérer les esprits dans l'entourageSi'Alexandre : -iJosTo uonr,p.a-:a... si? toÙ; axpaTrjo'j; -Tisuotr.txéva to-jç svay-^o; r,TTr,aÉvo-j; •j'ko twv [Bapoâpwv irS a'.Tyûvr; xa\ ysAw-'., Est-ce encore là

un renseignement emprunté à Clitarque, c'est ce que nous ne saurions dire.

394 PRor.niVs i>i: i/iNsmiiKcrioN

j)rinr(» ndrvso ScMillif's saisit jivcrjoicî Tocriasion défaire défer- (ioii ; les jxMipIadivs Ihrares de la moiila^ne, ces Bosses (jiieles l)rii;aii(ls eiix-mèines llélrissaienl du nom de l)rigaijds, se niirenl (mi cainpag^ne, el rinsui'iTclion s'élcndil sur tout I(î pays, au nord cl au sud de rila-nios.

Tel aura élé le grand inessaf^c qu(; Uhéboulas, (ils de Senlhès, porta à Athènes au i)rinleinps de IJ30, et certainement il avait mission de renouveler en même temps contre Alexandre l'alliance que les Athéniens avaient conclue tant de fois avec ses prédécesseurs, notamment avec Kétriporis et avec Kersoblepte contre le roi Philippe.

Déjà la lutte était commencée dans le Péloponnèse. Le roi Agis avait attaqué les mercenaires macédoniens sous les ordres de Corragos, et les avait complètement exterminés. On lançait de Sparte des proclamations exhortant les Hellènes à faire cause commune avec la ville de Lycurgue pour la liberté \ LesEléens, tous les Arcadiens excepté les habitants deMég-alopolis, tous les Achéens sauf les Pelléniens, se soulevèrent. Agis se hâta d'assiéger Mégalopolis, qui lui barrait la route du Nord : « Chaque jour, on attendait la chute de la cité ; Alexandre avait dépassé les limites du monde ; Antipater ne faisait que de réunir son armée ; quelle serait Fissue de l'entreprise ? on n'en savait rien », ditEschine quelques semaines plus tard^

Déjà la flamme de l'insurrection avait gagné l'Hellade centrale, et même dépassé les Thermopyles. Les Étoliens surprirent la ville acarnanienne d'Œniadse et la détruisirent ^ ; les Thessaliens, les Perrhèbes étaient soulevés ; si Athènes, avec ses forces importantes, entrait dans le mouvement, il semblait qu'on pouvait arriver à tout.

On reconnaît encore à quelques rares indices avec quelle

1) TiapsxâXo'jv Touç "EXX'/jvaç (7U|i.çpovri(Tai Tisp't tyjç £).eu6£pîaç (Diod., XVII,62).

-} xa8' iy.â(7-r,v r,ijipav etiîôoEoç r,v àÀtovat, ô oï 'A)i|avopo; e'Ew x%ç apxTOu xa\ TY)? otxo'jpiv/;: OAtyo'j ôslv Trâcr,; [JL£6£iTTr,x£i, ô oï 'AvriTiarpo; Tioliv -/povov <7-Jv?,y£ (TTpaT67r£c;ov, To oà £aô(X£vov àôr,).ov r,v (/EsCHIN,, In Ctesiph., § 165).

Dinarque {I, § 34} en dit autant.

3) Plutarque {Alex., 49) dit à propos des événements de 324 : £?ogo'jvTo...

AAsEavopGV AiTwXo'i oià Trv Olviaotov àvâo-Tacrtv, r,v uu6ô[;.£voç oùx Olvta&ûv £çy)

Tcaioaç, àU' a-jTÔv £uc6-/,<7£'.v ôixr// AlttoXoiç. Ce n'est guère qu'en 330 que les Etoliens ont pu oser commettre cet acte de destruction.

Eté 330 : oi.. cxii, 3] atfiènes 39o

vivacité le sujet fut clél)atlu à Atliènes. Une inscription nous apprend qu'un liomnie de Platée olï'rit une somme importante « pour la guerre », et Thonorable Lycurgue rédigea le décret honorifique par lequel on remercia le donateur ^ Lo même Lycurgue cita en justice le riche citoyen Léocrate, qui s'était enfui après la défaite de Chéronée et qui avait fait de grandes aliaires à Rhodes, puis à Mégare, l'accusant de trahison pour avoir osé rentrer dans Athènes : mais l'accusé trouva des défenseurs dans beaucoup de riches et notables citoyens, et, devant le tribunal, les voix se partagèrent également pour et contre lui. Comme pour riposter à ce coup, Eschine évoqua de nouveau l'ancienne accusation contre Ctésiphon. affaire dont on ne s'était pas occupé depuis 337 ; il s'agissait de faire punir comme illégale la proposition faite autrefois par Ctésiphon d'offrir une couronne d'honneur à Démosthène. Le procès vint en jugement quelques semaines plus tard, alors que tout était déjà décidé. Dans le discours qu'Eschine prononça alors, il rappelle comme Démosthène enflait la voix. comme il allait disant que la ville était « vendangée, amollie, et avait le nerf coupé » ]jar certaines personnes : il l'accuse d'avoir dit du haut de la tribune : « Je reconnais que j'ai soutenu la politique de Sparte et que j'ai poussé à la défection les Thessaliens et les Perrhèbes ». Démosthène avait donc pu se glorifier publiquement, vers le printemps de 330, d'avoir poussé à la révolte. Quelques efforts que fissent dans un sens opposé Eschine, Démade. Phocion, l'opinion publique dans la cité inclinait visiblement à la guerre : on fit même la proposition de préparer la flotte et de l'envoyer secourir ceux qui feraient défection à Alexandre-. Ce fut alors que Démade,

*) Décret en l'honneur du Platéen Eudémos, qui s7:[r,yye:),aTo t]w or.pLw £7î'.ow(7î'/v t\z [tôv 7i]ô),£|xov cÎ' t: oso'.to iC. I. Attic, II, n° 176). Le décret est daté de l'archontat d'Aristophane i^Ol. CXII, 3', 1^' Thargélion, par conséquent à peu près de mai 329.

-; Plut., ^elp. ger. pra:c. 25. On ne dit pas qui a présenté la motion. Ce n'est pas Démosthène, si Ion en croit le reproche d'inaction que lui adressent Eschine (t: tîot' r,v o sTzpa^aç etc., In Cfesiph., § 166) et Dinarque (t, § 34). Plutarque Demosth., 2i dit de lui : xtvo-jfjLévw oà "Ay.ôi p?a-/ia crjvEx'.vï-8r^ iidtXiv, zW ÏT.-r,U. On se demande si c est la menace d'une hégémonie Spartiate ou un autre motif de ce genre qui l'a fait hésiter.

.*{!)() AN'III'A II.H (.OMIIK \(iIS |II, i

(liii adiTiinisli'nil ;i (('Mr r|)(»(jii(' l;i ciissii des f(*'l,(îs, cniployi'i, dil-oii, le iiioNcn siiprriiKi : il (h'-clara ([iiDn avait (M'i'laineniciil sous la inaiii les moyens nécessaires pour rexpéditiou pi-ojeléo, qifil avail jiourvii à ce qu'il y cùl dans la caisse des t/irorikd assez d'arf^cnt pour compter une demi-mine à chaque citoyen à la [»rocliaine fêle des Clioa'; il laissait aux Athéniens le soin de décider s'ils préféraient employer à des préparatifs de guerre l'argent qui devait leur revenir. Les Athéniens se décidèrent contre les préparatifs'; pourtant, ce ne fut peutêtre pas tout à fait pour l'amour de la fête : Amphotéros avait reçu, au }uintemps de 331, un renfort de cent vaisseaux cypriotes et phéniciens, et, s'il croisait avec sa flotte entre Egine et Sounion, il pouvait empêcher la Hotte athénienne de mettre à la voile.

Pendant co temps. Agis était toujours resté devant Mégalopolis ; la ville se défendait avec la, plus grande opiniâtreté. Eu voyant qu'on ne s'en emparait pas aussi vite qu'on s'y était attendu, le zèle de ceux qui se seraient volontiers soulevés si Agis eût marché en avant jusqu'à l'isthme et les eût protégés, a dû se refroidir. Tout à coup le hruit se répandit qu'An tipater approchait avec une armée.

Il s'était avancé vers le Sud aussitôt nprès avoir vaincu Memnon-. Par une marche rapide à travers ie pays, il avait réprimé l'agitation en Thcssalie, puis, continuant sa route, il avait appelé sous ses enseignes les contingents des alliés, au moins des plus fidèles, et il arrivait à l'isthme à la tête d'une importante armée. On estime à quarante mille hommes l'armée qu'il conduisait^; il était assez fort pour remercier des

i). C'est ainsi que Plularque (Jic/p. ger. prœc, 25) présente les choses. Cf. Br)CKH, Staatshnushaltung ,1-,]-). 229. IP, p. Ii7. Onestétonné d'entendre parler des Xoaî, qui tombaient à peu près en février : est-ce que par hasard la proposition d'expédier la flotte aurait été faite en janvier .330 ? ou est-ce que Dénnade, en avril ou mai 330, aurait déjà songé aux fêtes de février 329? Il y avait d'autres raisons d'être prudent : au printemps de 331, Amphotéros avait reçu un renfort de 100 navires cypriotes et phéniciens. Ttpoc a''; ïyov-oi. 'AfjLcpoTepov ÏTiB[nzz c-tIaaeiv ètî'i ncXoTiovvr.'jou (Arrian., II, 6, 5). Si ces navires étaient par exemple à Egine à ce moment, ils pouvaient bien empêcher le départ de la flotte athénienne.

~) ûi£7to/i[X£i Trpb; xov Méavwva (DiODOR., XVII, 62),

3) C'est le chilîVe donné par Diodore (XVII, 63) qui attribue aussi à l'ar-

Été 330 : OL; cxii, 3] moût d'agis 397

secours qu'ils lui offraient ceux qui maintenant prétendaient avoir fait leurs préparatifs pour soutenir la cause du roi '. Agis, qui ne devait pas avoir plus de 20,000 fantassins et 2, 000 cavaliers, abandonna le siège de Mégalopolis pour se retirer un peu en arrière vers Sparte et y attendre Tattaque sur un terrain plus favorable, où il pouvait espérer résister à la supériorité du nombre. Il s'ensuivit un combat extrêmement sanglant, dans lequel, ainsi que le rapportent les documents que nousavons, les Spartiates et leurs alliés accomplirent des prodiges de valeur, jusqu'à ce que le roi Agis, couvert de blessures et serré de toutes parts, succombât enfm sous le nombre des assaillants et trouvât la mort qu'il cherchait". Antipater éprouva des pertes considérables; mais du moins sa victoire fut complète.

Cette défaite anéantit les espérances des patriotes helléniques et déjoua la tentative faite pour restaurer Thég-émonie de Sparte. Eudamidas, le plus jeune frère et le successeur du

mée d'Agis l'effectif indiqué ci-dessus (XVII, 62). Suivant Dinarque (I, § 34), Agis a avec lui 10,000 mercenaires.

^) Cette assertion s'appuie sur le passage de Frontin (II, H, 4) rectifié comme on l'a vu plus haut(p.393, 1) parla correction Pe/oj)o?z?ie5?on/w. Cette leçon s'accorde très bien avec ce qui est dit d'Antipater : dissimiilans se scire quameyitc venissent, gratias his egit qiiod ad auxilium ferendum Alexandro advcrsus Laceddemonios convcnisscnt adjecitque id se régi scripturum: cxtenim ipsos, quia sibi opéra eonim in prxsentianon esset necessaria, abireiit domos hortatus est. Suivant Q. Curce (VI, d, 20), une fois la guerre terminée, les Éléens et les Achéens furent seuls punis, mais non pas les Arcadiens, car Tegeatœ* veniam defectionis prseter auctores impetraverant. Tegcatse est une conjecture de Zumpt, mise à la place de deux mots dépourvus de sens — prccati geatx — auxquels d'autres substituent jj/'ccrt^i a rege (Jeep), ou a rege autem (Foss).

-) La description détaillée de la bataille dans Q. Curce (IV, 1, 1 sqq.) est faite d'après Clitarque : on s'en aperçoit à ce que rapporte Diodore (XVII, 63) de la mort d'i\gis. Les deux auteurs évaluent le nombre des morts à 5,300 du côté des Spartiates : du côté des Macédoniens, Diodore compte 3,500 morts; Q. Curce (VI, 1, 16) : ex Macedonibiis haud ampliiis mille, cxterum vix qiiisquam nisi saiiciiis revertit in castra. La date de cette bataille est indiquée par le discours d'Eschine contre Ctésiphon, qui a été prononcé avant les Jeux Pythiques (sept. 330) et après la défaite d'Agis : il est à peu près certain qu'elle a été livrée après le décret rendu en l'honneur du Thrace Rhéboulas, c'est-à-dire après le mois de mai 330. Q. Curce (VI, 1, 21) commet une grosse erreur quand il dit : hic fait exitas belli quud repente ortum prias tanien flnifani est quain Darcuin Alcxander apad Arbclasaperaret. Du reste, il se conlrediL lui-inème un peu plus loin (VII, 4, 32).

.*i!)8 l'\(.ll h A ri(»\ HK l/uKI.LAItK |ll, 4

roi (|iii venaiL de. siircuinhci" sans laiss<M* d'eiilaiits, avait oto, (li;s Ir |)riii('i|M', 0|)|)0S«; à crlhî i^iici'rc; ; il l'ccoiumaiida (II» cossor (l(''S()nnais loiiLo ivsislancc, hicii que les alliés se fussent réfuf^iés à Spaile '; on envoya des délégués à Antipaler et on dcMnanda la paix, (ichii-ci exif^ca «jn'oii lui livrât comme otages ('in(jnanl(î jeunes gan'ons de Sparle ; on ollrit le même nombre d'hommes au vain(|ueur, qui s'en contenta^ : quant à la question de la violation de la paix, il la renvoya au synédrion de lii Lii^ue, convoqué exprès à Corinthe "'. Après bien des délibérations, le conseil résolut de remettre la queslion entre les mains d'Alexandre, et en conséquence des ambassadeurs sparliatesse mirent en route pour l'Extrême-Orient. La décision du roi fut aussi clémente que possible' : il pardonna le passé; seulement les Eléens et les Acbécns — qui étaient membres de la Ligue, tandis que Sparte n'en faisait pas partie — durent payer cent vingt talents à Mégalopolis, à titre de dédommagement. Il est à supposer que Sparte dut alors entrer dans la Ligue : rien ne fut changé dans la constitution de la vieille cité des Héraclides ; son territoire ne fut pas de nouveau diminué.

A Athènes, la tension des esprits dut aussi se relâcher, bien que naturellement on ne cessât pas de nourrir d'amers ressentiments. Peu de temps après la défaite d'Agis, le procès de Ctésiphon fut plaidé devant le jury. «Songez en quel temps », dit Eschine aux juges, « vous portez votre sentence ; dans quelques jours on célèbre les Jeux Pythiques et le synédrion des Hellènes se réunit; dans ces conjonctures, la politique de Démosthène sera reprochée à la ville ; si vous lui accordez une couronne, ainsi que le propose Ctésiphon, vous passerez pour

') Plut., Apophth. [Eudamid., b].

2) Plut., Apophth. Lacoîi., 51.. Cf. ^Eschin., hi Cteslph., § 133 (Aaxeoa'.fjLovcot ô' 01 TaXacuwpoi... vjv ofxr^pe'jaovxs; xa\ tyj? o-jjx^opàç £7rc'oîiHtv 7roir,»76- \}.f'iQx [xlXXouaiv toc 'AXéHavôpov àva7i£[j.7ila-ôaf, etc.).

^] eXctVO'J 0£ £7t\ TO XOtvbv TtOV 'E),Ar,V(OV (7'JVeoptOV Tr|V auôxptacv OtTTOaT&tXaVTOÇ

01 [j.£v (TJveopoc r7uvr,"/6ri(7av elç KoptvOov x. t. ).. (DiODOR. , XVII, 73).

*) Malheureusement, on ne dit pas où et quand Jes ambassadeurs le renconlrèrenL; d'après Q. Curce (VII, 4, 32), il reçut la nouvelle de la levée de boucliers des Spartiates au moment où, après avoir hiverné dans le Haut- Caucase, il venait d'arriver en Bactriane (printemps 329) : nondum enim victi erant quum proficiscerentur tumultus ejus principia nunciaturi.

Automne 330: ol. cxii, 3] eschine et démostiiène 399

partager les idées de ceux qui violent la paix générale ». Les Alhéniens se félicitèrent comme d'un acte de courage politique du verdict qui n'accorda pas un cinquième des voix à Eschine. Par là ce dernier tomba sous le coup d'une amende de mille drachmes, mais il ne la paya pas ; il quitta Athènes et vint à Ephèse : aux Dionysies suivantes, Démosthène obtint la couronne d'or qui lui avait été destinée après la bataille de Chéronée et qui maintenant équivalait à une approbation expresse de sa politique d'alors et d'aujourd'hui.

Les démonstrations de cette nature ne changeaient plus rien à la situation générale de l'Hcllade; du reste, l'insurrection Spartiate une fois vaincue, les affaires de Grèce se trouvent reléguées au second plan.

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