OL. cxii, 3] irritation des macédoniens
favorisait, et se considérassent eux-mêmes, en face d'elle, comme les représentants des véritables et anciennes mœurs macédoniennes. Beaucoup, principalement parmi les vieux généraux du temps de Philippe, ne dissimulaient pas leur jalousie contre les Perses et leur défiance envers Alexandre; ils s'excitaient et se montaient mutuellement la tête, dans leur dépit d'être mis de côté et traités avec ingratitude par celui qui leur devait tout; pendant des années, il leur avait fallu combattre, et ils voyaient tomber maintenant dans les mains des vaincus le fruit de leurs victoires; le roi, qui traitait maintenant les grands de la Perse comme leurs égaux, les traiterait bientôt comme ces anciens esclaves du Grand-Roi ; Alexandre oubliait les Macédoniens, il fallait être sur ses gardes.
Le roi connaissait ces dispositions : sa mère, raconte-t-on, l'avait averti à plusieurs reprises, l'avait conjuré d'être circonspect avec les grands ; elle lui avait reproché d'être trop confiant et trop bienveillant avec cotte vieille noblesse macédonienne, de faire des rois de ses sujets avec une munificence exagérée, et de leur donner l'occasion de se faire des amis et un parti en s'enlevant à lui-même ses propres amis ^ Alexandre ne pouvait se dissimuler que beaucoup, même de ceux qui faisaient partie de son entourage immédiat, observaient ses démarches avec défiance et mécontentement. Il était habitué à avoir dans Parménion un moniteur perpétuel, et il savait que le fils de celui-ci, Philotas, désapprouvait hautement ses institutions et même s^'exprimait sur sa personne en termes qui n'étaient nullement mesurés ; le roi pardonnait à l'humeur violente et sombre de Fhipparque, qui d'ailleurs était brave et infatigable dans le service ; mais ce qui le blessa davantage, ce fut devoir que Cratère, l'homme au cœur loyal et élevé, celui qu'il estimait plus que tout autre, n'était pas toujours content de ce qui se passait, et que Clitos lui-même, qui conduisait Vagèma de la cavalerie, se détachait de lui. La division entre les généraux macédoniens devenait de plus en plus marquée, et, bien qu'elle fût encore sans conséquence pour le
ij Plut., A/tu-.,39.
V2() IIUUI\lin\ |)i;s MACliDOMKNS III, I
présnil, loiilclois (Mis disposilioiis ])renai<'iil (!«' IVxh'iisnjii cl so manitestauMil juscjuc dans le conseil de guerre par une susce|)lil)ililé déplorable; les pins avancés voulaient voir la guerre Unie, rju'niée dissoute el le hulin partagé ; il parut même que leur action n'était ])as étrangère au désir de retourner au pays que l'armée manifestait déplus en plus ouvertcmenl.
Ainsi le niéconlenlenient grandissait; malgré ses présents, ses égards, ses témoignages de coniiance, le roi déjà n'en était plus maître. Il ne pouvait pas, il ne devait pas marcher ainsi plus longtemps; la discipline militaire et l'obéissance des ofliciers, c'étaient là les premières conditions d'oii dépendait non seulement le succès des entreprises militaires, mais encore la conservation des conquêtes et la sécurité même de l'armée. Bien qu'Alexandre ne put s'attendre à aucun acte delapart de Cratère, de Clitos, de Philotas, de Parménion et des hétœres, il devait, pour l'exemple et à cause des dispositions déjà douteuses de l'armée, souhaiter qu'Use produisît une crise qui mit ouvertement la faction en face de lui et lui oO'rit l'occasion de l'écraser.
Pendant l'automne de l'année 330, Alexandre se reposa avec son armée dans le capitale de la Drangiane; Cratère, qui avait traversé la Bactriane, l'avait rejoint; il en était de même de Cœnos, de Perdiccas et d'xVmyntas avec leurs phalanges ; lacavalerie macédonienne de Philotas elles hypaspistes étaient également autour de lui; leur chef, Nicanor, frère de Philotas, était mort depuis peu : le roi avait été douloureusement atleclé de sa perte et l'avait fait ensevelir avec pompe par son frère, car Parménion, le père, était avec le reste des troupes dans les régions éloignées de la Médie pour garder les routes delà Macédoine et les riches trésors du royaume des Perses, et il ne devait rejoindre le gros de l'armée qu'au printemps suivant. « Ce fut alors que la trahison de Philotas fut dénoncée à Alexandre », dit Arrien, qui poursuit en indiquant sommairement comment on procéda à l'égard du traître. L'auteur que suivent Diodore, Quinte-Curce et Plutarque raconte l'événement avec plus de détails. Qu'il soitou non plus près de la vérité, voici ce que disent les historiens précités :
Aiitomnc 330 : ol. cxit, 3] la crtse 421
Parmi les mécontents, dans l'entourage du roi, était Dimnos de Chalsestra en Macédoine. Il confia à Nicomachos, avec lequel il vivait en commerce de galanterie, que le roi l'avait blessé dans son honneur et qu'il était résolu à se venger : des personnes de distinction étaient d'accord avec lui, disait-il; le désir d'un changement était général ; le roi, que tout le monde haïssait et qui était le principal obstacle, devait être écarté; dans trois jours il serait mort. Inquiet pour la vie du roi, mais trop timide pour lui révéler lui-même une chose si grave, Nicomachos fait part du plan des traîtres à son frère Cébalinos et le conjure de le dévoiler en toute hâte. Son frère se rend au château oii demeure le. roi; pour éviter tout éclat, il attend à l'entrée qu'il sorte un des stratèges auquel il puisse révéler le danger. Philotas est le premier qu'il voit ; il lui dit ce qu'il a appris, le charge de révéler au plus tôt l'affaire et le rend responsable de la vie du roi. Philotas retourne près du roi, lui parle de choses indifférentes, sans rien dire du danger prochain. Cébalinos va le trouver dans la soirée, et Philotas répond à ses questions que la révélation n'a pu se faire, mais qu'il serait temps encore le lendemain. Cependant, le lendemain Philotas se tait encore, bien qu'il se soit trouvé plusieurs fois seul avec le roi. Cébalinos conçoit des soupçons; il s'adresse alors à Métron, un des pages du roi; il lui dit qu'il y a un danger en perspective, lui confie ce qu'il sait et lui demande de lui procurer un entretien secret avec le roi. Métron le conduit dans la salle d'armes d'Alexandre ; pendant que le roi prenait un bain, il lui communique ce qu'on vient de lui révéler, puis il introduit Cébalinos lui-même. Celui-ci complète la dénonciation et dit qu'il est innocent du retard que cette révélation a éprouvé, mais qu'en présence de la conduite surprenante de Philotas et du danger d'un plus long retard, il avait cru devoir faire directement au roi cette communication. Alexandre ne peut l'entendre sans être profondément agité; il donne aussitôt Tordre d'arrêter Dimnos. Celui-ci, voyant la conjuration découverte et ses plans éludés, se donne la mort *.
^) D'après Plutarque, Dimnos, s'étant débattu avec rage pour ne pas aller en prison, fut transpercé par celui qui avait reçu l'ordre de l'arrêter ; le fait, s'il n'est pas controuvé, atteste doublement la grandeur du péril, car
422 Annr.STATioN dks con.hmks [III, I
Eiisnilc IMiilolas osl mandé près du roi ; il protcsto qu'il a pris la chose pour uno fanfaronnade d(5 Dininos ol n'a pas rru que cela valùl la pciniMju'on on parlai; il avouo que lo suicide de Diinnos le surprend, mais qu<' le roi connaît ses sentiments. Alexandre le congédie sans éh'ver le moindre doute sur sa lidélité et Tinvitc à ne pas manquer ce jour-là à sa table. Il convoque alors un conseil de guerre secret et fait part aux assistants de ce qui s'est passé. L'appréhension des amis fidèles augmente le soupçon <]ue le roi a conçu d'une trame mieux ourdie et son inquiétude «ui sujet de la conduite énigmatique de Philolas; il ordonne le plus profond silence sur ces débats, puis il invite lïéphestion et Cratère, Cœnos et Erigyios, Perdiccas et Léonnatos avenir chez lui h minuit pour recevoir de nouveaux ordres. Les fidèles du roi se mettent à table avec lui; Philolas est aussi présent; on se sépare quand la soirée est avancée. A minuit arrivent les généraux convoqués, accompagnés d'un petit nombre d'hommes armés; le roi fait renforcer la garde du château et occuper les portes de la ville, spécialement celle qui conduit à Ecbalane, envoie séparément des ordres pour que ceux qui sont désignés comme faisant partie de la conjuration soient arrêtés sans bruit, enfin expédie trois cents hommes au quartier de Philolas \ avec* ordre d'investir d'abord la maison par une ligne de postes, puis d'y pénétrer, l'arrêter l'hipparque et de l'amener au château. La nuit se passe ainsi.
Le lendemain matin, l'armée est convoquée en assemblée générale \ Personne ne soupçonne ce qui s'est passé. Le roi entre alors dans le cercle formé par les troupes; il a, dit-il, convoqué l'armée en cour de justice, d'après la coutume macédonienne ; un plan de haute trahison contre sa vie vient d'être découvert. Nicomachos, Cébalinos, Métron portent
en ce cas, c'est que l'officier chargé de l'arrestation s'est hâté de faire disparaître, dans l'intérêt de Philolas, l'homme dont la déposition pouvait tout dévoiler.
*) Q. Curce (VI, 8, 20) veut que le vétéran Atharrias ait été chargé de cette mission, ce qui ne rend pas son récit plus croyable.
^) D'après Q. Curce, il y avait six mille Macédoniens présents : autour d'eux se pressaient des valets, palefreniers... etc.: le reste des troupes devait être dispersé dans des cantonnements.
Automne 330 : ol. cxii, 3] procès de philotas 423
témoio'naae ; le cadavre de Dimnos est la confirmation de leur parole. Alors le roi désigne les chefs de la conjuration : à Philotas a été faite la première révélation que l'assassinat devait avoir lieu le troisième jour; or, bien qu'il soit venu au chcUeau deux fois par jour, il n'a pas proféré un mot, ni le premier, ni le deuxième jour; ensuite le roi montre des lettres de Parménion. dans lesquelles le père donne des conseils à ses fils Philotas et Mcanor : « Prenez soin de vous d'abord, puis des vôtres ; c'est ainsi que vous arriverez au but que vous voulez atteindre »; il ajoute que ces dispositions sont confirmées par une suite de faits et de propos et attestent la pensée du plus vil des crimes : il rappelle que déjà, lors du meurtre de Philippe^ Philotas s'était déclaré pour le prétendant Amyntas; que sa sœur était devenue l'épouse de cet Attale, qui l'avait longtemps poursuivi, lui et Olympias, sa mère, qui avait cherché à le frustrer de la succession au trône et s'était enfin révolté après avoir été envoyé en Asie avec Parménion ; que malgré tout cela il avait honoré cette famille par toutes sortes de distinctions et de marques de confiance: déjà, en Egypte, il avait parfaitement eu connaissance des paroles audacieuses et menaçantes que Philotas avait souvent répétées à la courtisane Antigone, mais il les avait pardonnées à son caractère emporté, et cela n'avait servi qu'à rendre Philotas plus impérieux et plus hautain; sa libéralité douteuse, sa prodigalité effrénée,, son orgueil insensé, avaient même inquiété son père et l'avaient poussé à lui adresser des avertissements répétés pour qu'il ne se trahît pas trop tôt. Depuis longtemps ils n'avaient plus servi le roi fidèlement, et la bataille de Gaugamèle avait été presque perdue parla faute de Parménion ; mais depuis la mort de Darius, ils avaient ourdi leurs plans de trahison, et, tandis qu'il continuait lui-même à leur donner toute sa confiance, ils avaient fixé le jour où il devait être massacré; ils avaient soudoyé les assassins et préparé le renversement de tout ce qui existait. Ceux qui nous font le tableau de cet événement nous peignent l'émotion profonde avec laquelle les Macédoniens écoutèrent le roi. Les soldats ne sont pas moins impressionnés lorsque Philotas, chargé de chaînes, est amené au milieu d'eux; sa vue excite leur pitié.
h'2ï M(nn i»i; piiif-hias |11I, I
Le slniti'^c Amynlas iirnid la parole coiitro \v coupablo (jui, avec la vie du roi, aurait aix'anli pour Ions l'c^spoir du roloui' dans la iialrie. Lv slratèi^r (IdMios, hcau-fnTc d(i IMiilolas, ost encore plus véliémonl; déjà il a saisi une pierre ponr commencer à faire justice à la manière macédonienne, mais le roi l'arrête: il faut d'abord (|iie IMiilolas se défende, et il quitte lui-même l'assemblée, afin de ne pas nirllre obstacle par sa présence à la liberté de la défense. Pbilotas nie la vérité de l'accnsation ; il rappelle ses fidèles services, ceux de son pèn^ et do son frère ; il soutient que s'il a lu la révélation de Cébalinos, c'était pour ne pas devenir un moniteur inutile et fatigant, comme son père l'avait été à Tarse lorsqu'il avait mis le roi en défiance contre le remède du médecin acarnanien ; mais la baine et la peur torturent toujours le despote, et c'est cela précisément que tous déplorent. Au milieu de la plus vive agitation, les Macédoniens décident que Pbilotas et le reste des conjurés sont dignes de moi'l; le roi ajourne le jugement jusqu'au lendemain.
Il manque encore l'aveu de Pbilotas, qui doit faire la lumière sur la culpabilité de son père et des autres conjurés. Le roi convoque un conseil secret; la plupart des membres demandent que la sentence de mort soit exécutée aussitôt; Hépbestion, Cratère, Cœnos, conseillent d'extorquer d'abord un aveu, et la majorité se range à ceXavis. Les trois stratèges reçoivent mission d'être présents à la torture. Dans les tourments, Pbilotas reconnaît que lui et son père ont parlé du meurtre d'Alexandre, mais qu'ils n'auraient pas voulu l'accomplir pendant que Darius vivait, parce que l'avantage en aurait été tout entier pour les Perses; que lui, Pbilotas, avait bAté l'exécution avant que son père, dont la vieillesse était fort avancée, ne fut enlevé par la mort au plan commun, et qu'il avait ourdi cette conjuration sans que son père en eût connaissance. Muni de ces témoignages, le roi parut le lendemain devant l'armée réunie; Pbilotas fut amené et transpercé par les lances macédoniennes.
Les meilleures sources, celle de Ptolémée et d'Aristobule, que suit Arrien, confirment qu'en Egypte on avait déjà mis sous les yeux du roi les indices des plans de trabison de Pbi-
Automne 330 : ol. ex a, 3] mort de PARMi5:xioN 425
lotas \ et qu'Alexandre, se fondant sur l'amitié qui existait entre Philotas et lui ainsi que sur l'estime profonde qu'il n'avait cessé de témoigner à Parménion, son père, n'avait pu se résoudre à y ajouter foi. Ptolémée affirme que ce fut le l'oi lui-même qui porta plainte devant les troupes réunies, que Philotas se défendit et qu'on lui fît particulièrement un crime d'avoir tu la dénonciation. Il ne dit rien de la torture.
Parménion avait été également jugé digne de mort -. Il parut nécessaire d'exécuter la sentence aussi rapidement que possible, car il était à la tête d'une partie importante de l'armée et, par la haute considération dont il jouissait parmi les troupes ainsi que par les trésors dont la garde lui avait été confiée et qui montaient à plusieurs milliers de talents, il lui était facile de pousser ses soldais aux résolutions extrêmes ; lors même qu'il n'aurait pris aucune part directe à la trahison de son fils, après l'exécution de celui-ci, les résolutions les plus funestes semblaient possibles de la part du père. Parménion était à Ecbatane, éloigné de trente à quarante jours de marche : que ne pouvait-il pas arriver pendant ce temps, s'il se révoltait? En de telles circonstances, le roi ne pouvait user de son droit de grâce ; il ne pouvait non plus faire ouvertement arrêter le général au milieu de troupes si faciles à séduire ; Polydamas, qui faisait partie du corps des hétaeres, fut envoyé à Ecbatane vers Sitalcès, Ménidas et Cléandros, avec l'ordre écrit du roi de se débarrasser sans bruit de Parménion. Polydamas, accompagné de deux Arabes, et montés tous trois sur de rapides dromadaires, arriva la douzième nuit à Ecbatane ; le prince thrace et les deux commandants macédoniens s'acquittèrent immédiatement de l'ordre qu'ils avaient reçu.
^) Il s'agit probablement \z\ de dénonciations comme celle que, suivant Plularque [Alex., 38), la belle Antigone de Pydna, prise à Damas et ensuite maîtresse de Philotas, avait fait parvenir au roi par l'entremise de Cratère et avait ensuite réitérée de vive voix à Alexandre.
2) 01 Maxcôôvsç xaTÉyvwcrav xoO ^iXcata xa\ xtov "/aTaiT'.aôsvxwv Ôdcvarov, sv olc, Û7îrp-/£ nap[j.evca)v etc. (DiODOR., XVII, 80). Avec les renseignements dont nous disposons, il n'est plus possible de savoir si la procédure a été conduite suivant les régies de droit qui en temps ordinaire étaient appliquées même en Macédoine, ou si, pour l'armée en campagne, il y avait une justice militaire plus sévère et plus expéditive.
V2G sriTKs \)K L'icNyiifti'i-: [III, 1
(k'p<'n(lan( on ponrsnivail l'iMiqiiAlc h Proplithasia. Df'îiTK''- Irios, III) (les sept i^ardrs (In corps, fut sonpçcniné do liaison avoc IMiilolas ci ompris(^nn('' ; l'iolôinrc, (ils de; Laf^os, obtinl sa place. Los fils d'Andromone do Tvmj)ha'a avaionl {)lé OAvollomenl liés avec IMiilolas, el l^olénion, le pins jonne dos frîires, qui faisait parlio (rnn escadron de la cavalerie, aveuglé pai' la pour, avait pris la fuile aussitôt qu'il avait eu connaissance de l'arrestation de son liipparquo IMiilotas; sa participalion ol celle do ses frères à la conjuration n'en parut que plus croyable. Aniyntas, Sinimias, Attale, tous trois stratèges des ])halangites, durent comparaître; on faisait poser, surtout sur Amyntas, dos accusations de plusieurs sortes ; mais celui-ci so défendit de telle façon, lui et ses frères, que les Macédoniens les déclarèrent innocents de toute faute : il deuianda alors la faveur de ramener son frère qui avait pris la fuito. Lo roi la lui accorda; il partit le même jour et ramena Polémon. Toutes ces circonstances, et la mort glorieuse qu'Amyntas trouva peu après sur le champ de bataille, achevèrent de faire disparaître de l'esprit du roi les derniers soupçons contre les frères, qu'il combla dès lors de toute sorte de marques de distinction.
Un fait à remarquer, c'est qu'à l'occasion de ces recherches l'affaire d'Alexandre le Lynceste, qui quatre ans auparavant avaitmédité un attentat contre la vie du roi, en Asie-Mineure, et qui, sur l'ordre exprès du roi, avait seulement été emprisonné \ revint sur le tapis. Il peut être vrai que l'armée ait demandé son exécution, et il put paraître nécessaire au roi de livrer à la sentence que l'armée avait été invitée à rendre un homme qu'il avait soustrait jusqu'alors à un juste châtiment, à raison de son alliance avec l'administrateur de la Macédoine. Il n'est pas invraisemblable qu'il se produisit de nouveaux motifs pour le faire comparaître en justice précisément en ce moment ; malheureusement nos sources ne nous disent rien de précis. Mais si Philotas avoua que le but de la conjuration était le meurtre d'Alexandre, il est naturel que la première question qu'on dut lui faire et qui était prévue d'avance, fut de lui demander qui
1) Voy. ci-desFus, p. 222-223.