‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 91 sur 231 · OL. cxu, 3] les hyparoues · texte numérisé non relu

OL. cxu, 3] les hyparoues

pays ; il exigea seulement une importante livraison de chevaux, pour remonter complètement sa cavalerie, qui avait fait de grandes pertes dans les hautes montagnes et dans les marches consécutives.

On n'en est que plus frappé d'entendre dire incidemment par nos auteurs qu'Alexandre convoqua les « hyparques de la région bactrienne » à Zariaspa, à une réunion définie par le mot {aùWo^fcq) dont se servaient les Grecs pour désigner les revues annuelles en usage dans les karanies ou grands gouvernements de l'empire perse \ En supposant même qu'Alexandre n'ait mandé les hyparques hactriens que pour une revue, toujours est-il que jusque-là il n'avait rien fait de semblable dans aucune autre partie de la monarchie perse. Avait-il l'intention de donner à ces régions de l'Oxus une autre forme de dépendance à l'égard de son empire, une organisation autrement conçue que le système appliqué aux pays conquis précédemment? Nous verrons que plus tard, en Sogdiane, il donna à l'un des grands du pays le titre de u roi " » ; qu'il épousa la fille d'un autre de ces potentats; qu'après en avoir réduit un troisième, expressément qualifié

^) auvîAÔôîv TO'jç •J7iâp)jou; xr,: ycôç^y-z sxeivr,; e'.ç Zapiao-Tra Tr,v [XîyIcTTr.v TtôX'.v... co; £7:' àyaftfo oOosvi toO (7'JA).6yo"j ysvo[j,évou (Arr!A.\., IV, 1, 5). L'explication du mot a-jAAoyoç est donnée par Xénophon {(Econ., IV, 6. Cyrop., VI, 2, il) : c'est rèEéiram; annuelle xtov {jL'.aÔoaôpcov xai tcov àXAwvoîç oTiAtcOa; Tzpoaii- Taxta-., à l'excliiHion de ceux qui sont èv Tai; àxpoTcÔAscr'.. On voit aussi par Xénophon [Hellen., I, 4, 3. Anab., l, 1,2) que le a-jÀAoyo; des troupes de l'Asie-Mineure était à Castolos. Les Mèdes et Perses avaient également leur (7'jXAoyo; à Ecbatane : c'est ce qui résulte d'un passage d'Arrien (IV, 7, 3), où il est dit que Bessos a été transféré à Ecbatane, w; èxeî èv xw Mr.ôwv T£ xa\ ïlepaGiv luXXôyo) à7io6avo-j[x£vo;. D'après Spjegel (Die Keilinschriften, p. 195.221), Ecbatane (Han-gma-tàna) signifie littéralement u lieu de réunion ». C'est dans un a-JAAoyoç de ce genre que les Perses avaient délibéré avant la bataille du Granique (x\rrian..I, 12, 10. Cf. ci-dessus, p. 190). 11 est impossible de définir avec précision ce que les Grecs entendaient par un hyparque. Dans Xénophon {Hellen., VI, 1, 7), Jason de Phères appelle le roi des Molosses Alcétas son « hyparque » : ailleurs {Anab., I, 2, 20), Cyrus met à mort un Perse préposé aux teintureries de pourpre xa\ £T£pôv Tiva Ttbv -jTiâp-xtov ôûvao-xr.v (pas de glose en cet endroit) : on voit par là que le mot comporte parfaitement l'idée d'une àpyr^ propre, d'une autorité personnelle. Mais on voit aussi qu'Arrien l'emploie pour désigner un commandant en sous-ordre (IV, 22, 4. V, 29, 4), et il appelle Mazaeos tantôt satrape ( ni, 16, 4j, tantôt hyparque (IV, 18, 3) de Babylone.

-} Voy. ci-dessous, p. 479.

444 i)i: r/oxrs a i/iaxahti; |III, 2

iVIn/porfiur, h capituler sur son nid d'aigle, il lui laissa son clK\teau-fort cl son Icrriloirc '; (ju'il rcfrui également à merci un qualrit'me pcîrsonnago st> Irouvanl dans le même cas et lui lit espérer un agrandissement de territoire. Les nobles seigneurs (jue nos sources signalent en grand nombre dans ces contrées, avec leurs cbâteaux et leurs domaines, ces « hyparques », comme on les appelle^, ont Tair d'être des princes féodaux, des seigneurs terriens placés sous la suzeraineté de l'empire, comme les Pehlcvanes dans le Schahnàmeh. On avait sous la main les éléments nécessaires pour organiser un système que la position géographique de ce pays faisait sans doute paraître préférabl,e, et peut-être la nomination d'Artabaze avait-elle été faite dans ce but. Nous reviendrons plus tard sur la question.

Déjà, parles étapes parcouruesjusqu'àMaracanda, Alexandre pouvait s'être formé une idée approximative de la configuration caractéristique du pays transoxianique. S'il est vrai qu'il avait marché vers Nautaca (Karschi) en passant par Kilif sur rOxus, il avait eu sur sa gauche le vaste désert, tandis que, sur sa droite, il avait longé les contreforts, s'élevant parfois jusqu'à 3,000 pieds, d'un système de hautes montagnes dont il put apercevoir un peu plus loin les sommets neigeux (et particulièrement celui du Hazreti-Soultân), à environ dix milles à l'est, pendant qu'il gravissait le col de Karatube pour aller de Nautaca à Schehrisebz, en remontant le cours de la Kaschka. De là, il descendit dans la vallée du Sogd ou Zerafschan, que les Grecs nommaient Polytimétos, et arriva à Samarkand, qui est encore à 2,150 pieds anglais au-dessus du niveau de la mer, presque sous le même méridien que Balk, que le confluent du Derbent et de l'Oxus à 300 pieds audessus de la mer, que Schehrisebz dans la vallée de la Kaschka

*) Arrien (IV, 21, 1) dit en parlant de ce fort: aùxôç te Xopir)vr,ç ^'JixTceipeuyet xa\ aXXoi twv UTtàpxwv oOx oXtyoi : et plus loin (IV, 21, 9) : ôiffTe xa\ aùxb tb ytoptov exsivo iTttTpÉTrei Xoptr,vr, xa\ "juap/ov eîvat ocwvTicp xa\ TcpocOev sStoxe.

2) Satrapes erat Sy simithres {Cvrt . ,V\U, 2, 19) — imperhan Sysimithri resiituit, spe majoris etiam provinciœ facta si cura fide amicitiam ejus coluisset (VIII, 2, 32j. Quinte-Curce dit d'Oxyartès : in regionem cui Oxyartes satrapes nobilis prœerat (Curt., VIII, 4, 21). C'est évidemment uTtapxo; qui est traduit les deux fois par satrapes.

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