‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 92 sur 231 · OL. cxiT, 3] l'oxus et l*iaxarte · texte numérisé non relu

OL. cxiT, 3] l'oxus et l*iaxarte

et enfin <jue ce col de Karatube, qui est à une hauteur de près de3,00U pieds. La haute vallée du Sogd est hordée au nord par de nouvelles chaînes de montagnes qui courent de l'est à l'ouest et à travers lesquelles des défilés mènent, dans la direction du nord-est, à Tlaxarte. Ce fleuve, qui descend de l'est, prend tout à coup une nouvelle direction près de Khodjend et coule vers le nord; à cet endroit, les montagnes du sud et celles du nord, qui sont encore plus élevées, se rapprochent du large fleuve et séparent ainsi la riche vallée du moyen laxarte, la Ferghana, de la vallée basse qui confine à gauche au vaste désert. A vol d'oiseau, Khodjend est à environ 30 milles de Samarkand, Balk à environ 42 milles de Samarkand et à 60 de Khodjend, c'est-à-dire deux fois aussi loin que de Milan à Bàle.

Il faut encore relever une autre particularité importante dans la configuration de ces vastes territoires. Cette Anderab ou Adrapsa^ où Alexandre s'était reposé au printemps de cette année après avoir franchi les hauts défilés du Caucase, est située à peu près sous le même méridien que le coude de riaxarte près de Khodjend, et il y a d'un endroit à l'autre 6o milles à vol d'oiseau. Lorsqu^\lexandre descendit d'Anderab, dans la direction de Koundouz, paraît- il, il se trouvait à peu de milles de l'endroit où les deux grands fleuves de la Koktja et de . l'Abi-Pandja, dont le premier descend de la haute chaîne de l'Inde et le second du gigantesque plateau de Pamir, « le toit du monde », se jettent dans l'Oxus. Au-dessous de cet endroit, le puissant fleuve reçoit successivement du côté du nord une série d'affluents qui descendent de hautes montagnes couvertes d'une neige abondante. Ces montagnes, parallèles à riaxarte et éloignées de quinze à vingt milles du fleuve, envoient vers le sud plusieurs ramifications, entre chacune desquelles se trouvent des vallées fluviales plus ou moins étroites qui s'ouvrent sur l'Oxus et communiquent entre elles par des défilés difficiles. Dès qu'on arrive au quatrième de ces affluents, celui du Derbent, qui est le plus à l'ouest et se jette dans l'Oxus à dix milles au nord de Balk, le caractère du pays change complètement ; le massif aux sommets neigeux qui s'élève entre les sources du Derbent et le Sogd à Sa-

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inailv.ind jirnjcllc ses «•((iiliclnils en (''vrnlail v<;i\s rom;sl, le sud-oiu'sl et le sud, cl les ((Hirs d'ean <jiii en (lescendcnl se léunissent dans la Kasrhka, (jiii passe à Karschi (Naiilaea), puis va se perdre dans le désert. Le So«^(l, après avoir déerit un yrand arc (|ui le lait passer de la direction de roucsl à celle du sud, se dirige par BouUhara vers TOxus, mais il se perd avant de Tatleindre dans une lagune des steppes.

Quant à la géographie politi([ue de la région, ce qui paraît élr(! ici la règle principale, c'est que le large talus qui s'incline vers rOxus tourne pour ainsi dire le dos à Flaxarte; que le bassin du Sogd, séparé du reste du système hydrograi)hique de l'Cxus par des montagnes couvertes de neige, ne semble être qu'un vestibule, une barrière de la région de rOxus du côté de l'iaxarteet des déserts qui s'étendentàl'ouest de ce fleuve; que la chaîne de montagnes qu'on franchit en traversant le défilé de la Porte-de-Fer forme la limite naturelle entre ce territoire avancé et les vallées multiples de la Bac- |

triane; enfin, que ce pays possède dans le plateau de Pamir |

une clôture naturelle et un boulevard contre l'intérieur de la Haute-Asie.

En tout cas, il sera désormais plus facile d'embrasser du regard l'ensemble des opérations militaires ultérieures d'Alexandre dans ces contrées. Parti de Maracanda, il se dirigea vers le nord-est pour atteindre les bords du Tan aïs, que les riverains de l'Iaxarte appelaient « le grand fleuve ». La grande route de Maracanda à Cyropolis,la dernière ville du royaume, non loin de la rive sud du Tanaïs^ passe par les défilés des montagnes de l'Oxus, habitées par des tribus de maraudeurs, et à travers la contrée d'Ouratube. Ce fut là que quelques soldats macédoniens, s'étant égarés dans les montagnes tandis qu'ils allaient fourrager, furent assaillis par les Barbares, qui les massacrèrent ou les firent prisonniers. Alexandre s'avança immédiatement contre ces Barbares avec les troupes les plus légères. Au nombre de 30,000 hommes armés, ils s'étaient retirés sur leurs montagnes escarpées et munies de forts, d'où ils repoussaient, à coups de pierres et de traits, les attaques vives et multipliées des Macédoniens. Alexandre se trouva lui-même parmi les nombreux blessés : un trait lui meurtrit la

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