‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 93 sur 231 · oL. cxiî, 3] les scythes · texte numérisé non relu

oL. cxiî, 3] les scythes

janibo, el celte blessure redoubla la fureur des siens qui finirent par s'emparer de la montagne. La plus grande partie des Barbares fut massacrée ; les autres se précipitèrent du haut des rochers et roulèrent fracassés dans les abîmes : huit mille, tout au plus, survécurent et se soumirent au roi ^

En s'éloignant de cette contrée montagneuse, Alexandre se dirigea vers le nord sans trouver de résistance. La nature particulière de cette contrée, connue sous le nom de Ferghana, en a fait dans tous les temps une importante frontière nationale, et un rempart qui protège la civilisation orientale contre les hordes des steppes touraniennes. Garantie au sud et à Test par de hautes montagnes, au nord par le fleuve et la chaîne de hauteurs qui lui envoie ses torrents, ce n'est qu'à l'ouest et au nord-ouest qu'elle est ouverte à une invasion étrangère, et certainement les hordes vagabondes et guerrières auxquelles l'antiquité acoutumede donner le nomgénérique de Scythes et qui habitent sur les deux rives de l'Iaxarte inférieur, ne sont pas sans jeter souvent les yeux sur cette contrée. Ce sont les Touraniens de la légende des vieux Parsis, et ce fut contre leurs invasions qu'on éleva, certainement de fort bonne heure, cette merveilleuse ceinture de citadelles frontières qui ont conservé leur importance jusque dans les temps

^) Arrian., III, 30. CuRT., VII, 6. La localité en question n'est autre que le canton alpestre d'Osrouschnah, les Montes Oxii de Ptolémée : c'est ce qui ressort de la direction bien constatée des routes de la région, telles que je les ai spécifiées dans la première édition d'après les indications de Chereffeddin, et telles qu'on les trouve plus exactement tracées aujourd'hui d'après les récentes relations russes dans Kiepert {Uebersichtskarte der nach Chiva und Buchara fiikrendcn Strassen, 1873). Alexandre a suivi la route la plus directe : elle va de Samarkand directement au nord, l'espace de douze milles, jusqu'à Djizak, débouche dans le bassin d'un petit cours d'eau au « Col-Blanc », Ak-koutel (Bitti-Codak dans Chereffeddin), entre ensuite dans le pays d'Osrouschnah en longeant d'abord la rivière de Djam (à dix milles de Djizak) par Sebat et Ouratube, puis traversant les monts Alasikha {"! Memacnii ap. Curt., VII, 6, 19) et se dirigeant par delà l'Aksou sur Khodjend, la position la plus importante qu'il y ait sur Ja ligne de l'Iaxarte (à 10 milles de Djam). Cf. Fraser, Appcnd. et Ebn-Haukal (cité par Aboul- FEDA dans les Geographi minores, III, p. 65). Ce dernier toutefois place entre Djam et Ouratube, au lieu de Sebat, Zamin qui est plus à l'ouest. Au temps d'Achmed Alcateb (Aboulfeda, ibid.y p. 69), il y avait encore dans le pays d'Osrouschnah quelque chose comme 400 forts.

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modernes, mal^r6 toulos les vicissitudes survenues dans les relations des })euples. Alexandre rencontra sej)t de ces villes forlifié(\s ; (dles ir('laient(prji (juelqnes milles les unesdes autres el snivaiiMit Je « hord de la steppe «.Lapins importante de ces villes était (lyropolis : ses ouvrages étaicînt ])lus étendus et plus forts que ceux des autres, et elle passait pour la forteresse principale du pays ^ Alexandre Cl pénétrer des garnisons macédoniennes h travers ces défilés, tandis (ju'il rampait luimême avec l'armée à quelques lieues au nord-est, à Tendroit où le Tanaïs, se dirigeant brusquement vers le nord, franchit ses dernières gorges pour aller s'épandre ensuite dans les sables de la steppe. Alexandre reconnut l'importance de celte position eldes fortifications naturelles qui servaient de frontières contre les bordes pillardes du désert. De là, en effet, il était facile de s'opposer aux invasions des Scytbes au nord et à l'ouest; l'endroit était des plus commodes pour commencer une campagne dans leur pays. Alexandre espérait que la position ne serait pas moins appropriée aux relations pacifiques des peuples; et si, comme on n'en peut guère douter, des rapports commerciaux existaient déjà à cette époque entre le bas pays et l'intérieur de la Haute-Asie, on constate que la seule route qui sertde déboucbé parlesmontagnes au pays des Sères,

*) Strabon (XI, p. 440) dit : rà KOpa £(7-/aT0v Kupou XTi(r[j.a Itc\ tw 'la^aptr, x£Î(j.£vov. L'indication n'est pas exacte, d'après le témoignage exprès d'Arrien : cette KupovTuoÀi; n'était pas au bord de Tlaxarte, mais la ville était traversée par un cours d"eau qui, en cette saison d'été, était à sec. Rien qu'à cet indice, on reconnaît qu'elle était située au pied des montagnes, à la lisière du désert. Ceci nepeut pas s'appliquer à la rivière d'Ouratube, l'Aksou. car celle-ci se jette à pleine eau dans le fleuve voisin : mais, à l'ouest des montagnes d'Ouratube, il descend des Montagnes Blanches un cours d'eau, celui de Zarain, qui coule dans la direction d3 Djam : arrivé là, il se dessèche. Ebn-Haukal dit que la ville de Zamin se trouve au bas des montagnes d'Osrouschnah et qu'elle a devant elle le désert. C'est là. à mon sens, Cyropolis ou Kyreschata, qui, suivant l'opinion de H. Kiepert, n'est pas une fondation de Cyrus, mais une ville des Kourou, de ces mêmes Kourou qui jouent un rôle avec les Pandou dans l'épopée héroïque de l'Inde : du reste le nom des Pandou se rencontre également dans cette région de l'Iaxarte (Plix., VI, 18, § 49), et Kourou-kschatra est le nom de la ville hindoue dans le voisinage de laquelle se livre la grande bataille des Pandou et des Kourou de l'Inde. On pourrait songer, en raison de la similitude des noms, à la place forte de Kournat, à 6 milles de Khodjend (Fraser, App.). mais les distances et le caractère du pays s'y opposent.

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