‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 94 sur 231 · OL. cxii, 4] ambassades scythes · texte numérisé non relu

OL. cxii, 4] ambassades scythes

celle de Kascligar, après avoir franchi la gigantesque muraille des monts de Tian-chian, hauts de 2.^), 000 pieds, descend par Osch à cet endroit, qui était on ne peut mieux situé pour servir de marché à tous les peuples circonvoisins \

En effet, il semblait que des rapports amicaux tendissent à s'établir avec les Scythes du voisinage; le singulier peuple des Abiens, ainsi que les« Scythes d'Europe- », envoyèrent au roi des ambassades pour conclure alliance et amitié ^ Alexandre fit accompagner ces. Scythes à leur retour par quelquesuns de ses hétapres, sous le prétexte de conclure amitié en son nom avec leur roi, mais en réalité pour obtenir des renseignements certains sur leur pays, le chiffre de la population, le genre de vie, le tempérament des Scythes et leur façon de faire la guerre.

Cependant, derrière Alexandre commençait un mouvement qui se propagea avec une force extraordinaire. La haine contre

^) Il n'y a que Khodjend qui ait, au point de vue militaire, une importance en rapport avec le plan d'Alexandre : elle a été de tout temps la clef de laFerghana et de Maveralnahar, le point par oij ont constamment passé et repassé les invasions, une des principales stations sur la route de Samarkand à Kaschgar : les expéditions de Gengis-Khan, de Timour, de Baber, les indications des géographes orientaux en fournissent des preuves sans nombre Le sultan Baber dit que la ville est fort ancienne, que sa citadelle est sur un rocher en saillie, à une portée de fusil du fleuve qui passe au pied et ourne au nord pour aller rouler plus loin ses eaux à travers les sables. Pline (VI, 16) parle de cette Alexandria, in iiltimis Sogdianorum finibiis, et c'est justement ce coude de l'Iaxarte que Ptolémée désigne comme la limite de la Sogdiane.

2) TzupoL Ttbv èx T-rjÇ Eùpajurjc -x'jOtov (Arrian., IV, 1, 1). Pour ce qui concerne les Scythes et la signification ethnographique des trois noms d'iaxarte, de Tanaïs et de Silis (Plin., ibid.), par lesquels on désignait le Syr-Daria, je renvoie à G. Ritter (VII, 480 etc.) et à Klaproth (Nouv. Journ. Asiat.y I, p. 50 sqq.).

3) Arrian., IV, 1, 2. Si Q. Gurce méritait plus de confiance, il y aurait des renseignements précieux à tirer de ce qu'il dit ici (VU, 6, 12j : Berdam {Penidam éd. Mùtzell) quendam misit ex amicis qui deniinciaret his, ne Tanaim amnem [regionis] injussii régis transirent. Alexandre doit avoir été informé dusortdeZopyrion en même temps quede la levée des boucliers des Spartiates, à supposer que la nouvelle de cette insurrection Jui soit déjà parvenue en Bactriatie. Il pouvait craindre qu'après la vaine tentative deZopyrion sur le Borysthène, les Scythes du Don ne songeassent à faire irruption dans le bassin du Danube, tandis qu'en définitive cette ambassade scythe ne venait pas de si loin, tout au plus du bas Volga.

iriO iNsniUKCTioN i:n sor.niANE |1IL 2

le cniKjm'raiil «'lian^ei', nnitijï Ti^spril j)arli('iili('reiiH)nl inoliilc (jiii, (If l(Hit Ifiiips, a signal»'' les classes diri^caiilos des populalions de ces pays, ii'avail besoin que d'une impulsion cL d'un chef pour éclater sous la forme d'une insurrection violente- Spil amène, (jui se voyait trompé dans ses ambitieuses espérances, se b;Ua de mettre à prolit ces dispositions, la confiance qu'Alexandre lui avait témoignée, ainsi que Téloignement du roi. Les Sogdianiens qui avaient pris part avec lui à la fuite et à la capture de Hessos formèrent le noyau d'un soulèvement dont la première explosion, et peut-être même le signal convenu à l'avance, vint de la population des septvilles\ Les garnisons qui avaient été laissées dans ces places furent massacrées parles insurgés. La révolte s'alluma également dans la vallée du Sogd : la faible garnison de Maracanda semblait à peine en état de lui résister et paraissait dévouée au même sort. Les Massagètes, les Dahes, les Sakes du désert, anciens compagnons d'armes de Spitamène et tout aussi menacés parles Macédoniens, facilement excités à prendre part à la révolte par l'attrait du meurtre et du pillage, se hâtèrent de s'associer au mouvement. Dans les contrées de la Bactriane, le bruit se répandit que la réunion deshyparques convoqués par Alexandre à Zariaspa était destinée à fournir l'occasion de massacrer d'un seul coup tous les chefs du peuple^ ; il fallait, disaiton, prévenir le danger et se mettre à l'abri avant que les choses n'en vinssent aux extrémités. Oxyartès, Catanès, Choriène, Haustanès et beaucoup d'autres suivirent l'exemple donné en Sogdiane. La nouvelle de ce qui se passait se répandit au delà de riaxarte, jusque dans les steppes des Scythes asiatiques ; emportées par la soif du carnage et du pillage, les hordes de ces peuples se pressèrent sur les rives du fleuve, afm d'être tout prêts à le traverser avec leurs chevaux et à fondre sur les Macédoniens au premier succès que remporteraient les Sogdianiens. Ainsi Alexandre se voyait tout d'un coup entouré

*) ^JVETTsXâêovTO OS auTOÎç xr,; àuocTTaG-swç, -/a\ Ttov Soyotavtov d\ ttoaXoi euap- 6£VT£ç TzpoQ Twv ^uXXaêovTtov Br,(7cov, â)6-T£ •/.où xà)v BaxTptavtov ECT'.v ou; açtaiv o'jToi Huva7il(7T(OG-av (Arriax., IV, 1, 5).

2) oi:; Itt' àvaOâ) oOo£v\ xoO l'Alôyo'J ytyvo[X£vou (ArriAX., IV, 1, 5) — vulgci-

verant famam Bactrianos équités a rege omnes ut occiderentur accersi (Curt., VII, 6, 15).

Page 1