OL. cxii, 4] l'insurrection 4o
d'immenses dangers; le moindre revers ou le plus petit retard pouvait causer sa perte et celle de son armée ; il avait besoin de toute son audace pour trouver promptement et sûrement un moyen de salut.
Il se porta en toute hâte vers Gaza, la plus rapprochée des sept places fortes, en même temps qu'il envoyait en avant Cratère contre Cyropolis, où s'étaient jetés la plupart des Barbares des environs, en lui donnant l'ordre d'enfermer la ville dans un cercle de palissades et de fossés et de faire construire des machines. Arrivé devant Gaza, il fit aussitôt commencer l'attaque desmurs de la place, qui étaient faits de terre et peu élevés. Tandis que frondeurs, archers et machines lançaient contre les murs une grêle de projectiles et en éloignaient les ennemis, le roi mena l'infanterie pesante à l'assaut de tous les côtés à la fois: on appliqua les échelles ; les remparts furent escaladés, et bientôt les Macédoniens furent maîtres de la place. Sur l'ordre exprès d'Alexandre, tous les hommes furent passés au fil de l'épée ; les femmes, les enfants et tous les biens furent abandonnés aux soldats, et la ville fut livrée aux flammes. Le même jour, la seconde forteresse fut attaquée, prise de la même façon, et ses habitants subirent le même sort. Le lendemain matin, les phalanges étaient devant la troisième ville ; elle fut prise aussi dès le premier assaut. Les Barbares des deux places fortes les plus voisines aperçurent les colonnes de fumée qui s'élevaient de la ville conquise; quelques fuyards apportèrent la nouvelle de l'effrayant désastre de la cité : alors les Barbares, persuadés que tout était perdu, se précipitèrent en masses désordonnées par les portes pour s'enfuir dans les montagnes. Mais Alexandre, qui s'attendait à cet événement, avait envoyé en avant sa cavalerie pendant la nuit, avec ordre de surveiller les routes autour des deux villes, de sorte que les fuyards allèrent se heurter contre les escadrons serrés des Macédoniens : lavplupart furent passés au fil de l'épée; leurs villes furent prises et incendiées.
Après avoir ainsi réduit en deux jours les cinq premières forteresses, x\.lexandre se tourna contre Cyropolis, devant laquelle Cratère était déjà arrivé avec ses troupes. Cette ville,
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j»lus ^rando que cclhis (|ii'on avait (hVjî'i conquises, possédait (1(* jdiis forU^s iiun'aillos cl une ciladcINî inléi'icnn;. Quinze^ inill(\ hommes environ la défendaient; c/étaient les Harbnres les plus «guerriers des environs. Alexandre fit aussitôt api)roclier les machines de siège et les fit immédiatement travailler contre les murs, a(in d'y pratiquer aussi vite (jue possible une brèche qui permît de donner l'assaut. Tandis que l'attention des assiégés était concentrée snr les points ainsi menacés, le roi remarqua que le fleuve qui traversait la ville était à sec et que l'ouverture qui lui était ménagée dans la muraille offrait un chemin pour pénétrer dans la ville. Il lança les hypaspistes^ les Agrianes et les archers contre la porte la plus proche, tandis que lui-même, avec un petit nombre d'autres, s'introduisait furtivement dans la ville par le lit du fleuve, se précipitait vers la porte voisine, l'enfonçait et faisait entrer ses troupes. Les Barbares virent bien que tout était perdu, mais ils ne s'en jetèrent pas moins avec une fureur sauvage sur Alexandre : une sanglante boucberie commença; iVlexandre, Cratère, un grand nombre d'officiers furent blessés; les Macédoniens poussèrent en avant avec plus de vigueur. Tandis qu'ils emportaient le marché de la ville, les murailles étaient aussi escaladées et les Barbares, environnés de tous côtés, se jetèrent dans la citadelle ; le nombre de leurs morts montait à huit mille. Alexandre investit aussitôt la citadelle : il n'eut pas besoin de longs efforts ; le manque d'eau l'obligea à se rendre.
Après la prise de cette ville, on n'avait pas à attendre une longue résistance de la septième et dernière forteresse; d'après le récit de Ptolémée, elle se rendit à discrétion sans attendre la première attaque ; d'après d'autres versions, elle fut également prise d'assaut et les habitants en furent aussi massacrés \ Quoi qu'il en soit^ Alexandre devait agir avec
1) Arrian., IV, 3. Q. Curce (VII, 6, 17) ne s'accorde ni avec Ptolémée ni avec Aristobule : le meurtre de 50 cavaliers macédoniens, tel qu'il Je raconte, a un air de roman ; en tout cas, les troupes d'Alexandre auraient dû, dans un moment si dangereux, se montrer plus prudentes. Ce qu'on peut retenir de son récit, c'est que Cyropolis et les autres places fortes de la frontière furent détruites, car, par la fondation d'Alexandrie, Alexandre modifia le