‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 96 sur 231 · OL. cxu, 4] Alexandrie du tanaïs · texte numérisé non relu

OL. cxu, 4] Alexandrie du tanaïs

d'autant plus de rigueur contre les Barbares révoltés de cette contrée que leur territoire était plus important; il fallait qu'à tout prix il obtînt la possession complètement assurée de cette région de défilés sans laquelle on ne pouvait penser à dominer la Sogdiane ; c'était dans le sang de ses audacieux adversaires et par la dissolution de toute l'ancienne organisation qu'il fallait inaugurer le système nouveau qui devait transformer pour des siècles la Transoxiane.

Par la soumission des sept villes, d'où le reste des habitants, en partie enchaînés, furent transportés dans la nouvelle ville d'Alexandrie sur le Tanaïs, le roi s'était ouvert le chemin du retour en Sogdiane; il était grand temps qu'il vint au secours de la garnison qu'il avait laissée à Maracanda et que Spitamène assiégeait. Mais déjà les hordes des Scythes, attirées par la révolte des sept villes, se tenaient sur la rive nord du fleuve, prêtes à tomber sur les troupes qui se retiraient : si Alexandre ne voulait pas abandonner tous les avantages conquis sur le Tanaïs et un avenir plein d'une gloire et d'une puissance nouvelles, il devait fortifier jusque dans les plus petits détails la position qu'il avait conquise sur le fleuve, et, une fois pour toutes, faire perdre aux Scythes le goût des invasions avant de retourner en Sogdiane. Pour le moment, il sembla qu'il suffirait d'envoyer quelques milliers d'hommes au secours de Maracanda. Dans l'espace d'une vingtaine de jours, les travaux les plus urgents de la ville nouvelle furent terminés et les habitations nécessaires aux nouveaux habitants furent prêtes; des vétérans macédoniens, une partie des mercenaires grecs, sans compter les Barbares de bonne volonté du voisinage et les familles qui avaient été emmenées des forteresses détruites, formèrent les premiers habitants de cette ville, à laquelle le roi, au milieu des sacrifices habituels, des joutes d'armes et des fêtes, donna le nom d'Alexandrie.

Cependant les hordes scythes étaient toujours campées sur la rive opposée du fleuve. Les Barbares, comme pour provoquer au combat, lançaient leurs traits de l'autre côté; ils se vantaient à grand bruit que les étrangers n'oseraient pas

système de défense adopté auparavant pour celle région, système qui datait, dit-on, du temps de Cyrus et de Sémiramis (Justin., XII, 5. Curt., ibid.).

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SI' bîillrc avec les Scyllius cl (juc, s'ils avaiciil crllo lémérih', ils appivndraienl bienlùt par expérience la dillérence qu'il y avait eiilre les lils du désert et les Perses enémiiiés. Alexandre résolut de traverser le lleuve et de les attaquer; mais les sacrilices ne donnaient aucun augure favorable et la blessure qu'il avait re(;ue à la prise di; Cyropolis n'était pas assez guérie pour lui permettre de prendre part en personne à l'expédition. Toutefois^ comme les Scylbes devenaient de plus en plus insolents avec leurs traits et qu'en même temps les nouvelles de la Sogdiane devenaient plus menaçantes, le roi ordonna à son devin Aristandros de sacrifier pour la seconde fois, afin de consulter la volonté des dieux. Cette fois encore, les sacrifices n'annoncèrent rien de bon et présagèrent des dangers personnels pour le roi. Alors Alexandre déclara qu'il aimait mieux s'exposer lui-même aux plus grands dangers que de servir plus longtemps de risée aux Barbares, et il donna l'ordre de faire avancer les troupes sur la rive, d'amener les machines à projectiles et de tenir les peaux des lentes transformées en pontons prêtes à servir au passage du fleuve. Ces ordres furent exécutés: tandis que les Scythes à cheval allaient et venaient sur l'autre rive en faisant grand bruit, les escadrons macédoniens, complètement armés, s'avancèrent le long de la rive méridionale; ils étaient précédés des machines de trait qui, tout d'un coup, commencèrent à lancer à la fois sur l'autre bord des traits et des pierres. Les Scythes, à moitié sauvages, n'avaient jamais vu pareille chose ; consternés et mis en désordre, ils s'écartèrent de la rive, tandis que les troupes d'Alexandre commençaient à traverser le fleuve au son des trompettes. Les archers et les frondeurs atteignirent les premiers l'autre bord et couvrirent le passage de la cavalerie qui marchait immédiatement à leur suite; et, dès qu'elle eut traversé, les sarissophores et la grosse cavalerie grecque, formant en tout environ douze cents chevaux, commencèrent aussitôt le combat. Les Scythes, aussi prompts à la retraite qu'impétueux à l'attaque, les entourèrent bientôt de tous côtés, déchargèrent sur eux une grêle de traits, et, sans faire une attaque soutenue, pressèrent vivement les Macédoniens, dont le nombre était de beaucoup inférieur. Mais à ce moment

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