‹ Histoire de l'hellénismeChapitre 98 sur 231 · OL. cxii, 4] maracanda débloquée 4o · texte numérisé non relu

OL. cxii, 4] maracanda débloquée 4o

s'était passé à peu près dans le temps où Alexandre, après avoir rapidement soumis les sept forteresses, avait envoyé des secom's. Spitamène, à cette nouvelle, avait levé le siège et battu en retraite dans la direction de l'ouest*. Cependant les troupes macédoniennes qu'x\lexandre avait envoyées après la chute de Cyropolis étaient arrivées à Maracanda; elles se composaient de 66 cavaliers macédoniens, de 800 cavaliers mercenaires helléniques et de 1^,500 mercenairespesammentarmés. Andromachos, Caranos et Ménédémos conduisaient l'expédition^; x\lexandre leur avait adjoint le Lycien Pharnouchès, qui connaissait la langue du pays, car il était persuadé que l'arrivée d'un corps de troupes macédoniennes suffirait pour mettre en fuite les rebelles, et qu'il s'agirait surtout de s'entendre avec la masse des habitants, d'ailleurs pacifiques, de la Sogdiane. Voyant que Spitamène avait déjà évacué les environs de Maracanda, les Macédoniens s'étaient hâtés de le poursuivre; à leur approche, l'ennemi s'était enfui dans le désert situé sur les confins de la Sogdiane; cependant il parut nécessaire de le poursuivre plus avant, afin de châtier les Scythes du désert, qui avaient donné asile aux révoltés. Cette attaque inconsidérée contre les Scythes eut pour résultat que Spitamène put les décider à le secourir ouvertement et augmenter ainsi ses forces en y adjoignant six cents de ces hardis cavaliers dont la steppe était la patrie. Il s'avança à la rencontre des Macédoniens jusqu'aux bords de la steppe, puis, •sans faire une attaque en règle contre eux et sans attendre qu'ils en eussent fait, il commença à escarmoucher contre eux de tous côtés, leur lançant des traits de loin, prenant la fuite

') Dans le texte d'Arrien (IV, 5, 3), la leçon k ^à paac'Xsca t-T)? Iloyôiavr,ç passe pour corrompue : on voit par ce qui suit (IV, 5, 4) que le retour s'est effectué du côté du désert. Peut-être y avait-il dans cette direction un second palais royal.

2) On voit par Arrien (IV, 5, 7) que Caranos est hipparque des 800 cavaliers mercenaires, et par un autre passage (IV, 5, 5), qu'Andromachos était placé au-dessus de lui, probablement comme stratège et peut-être avec les 66 cavaliers macédoniens. D'après Arrien (III, 28, 2), Caranos est du nombre Tcôv £Ta:f,a)v, et peut-être est-ce le Koîpavo; qui commande à Gaugamèle les cavaliers de la Ligue. Précisément à cette bataille, Andromachos fils d'Hiéron commandait les cavaliers mercenaires. Ménédémos, que Q. Gurce nomme sans faire mention des autres, devait commander l'infanterie.

V'iH r.oMn\T c.nM'UK simiamknk |IM, l

(h'^s que !«•« (Mv;ilori(î iiuicrdoirM'imc s'«''laiM:ail ('.outre lui, aliii (le la fatiguer par des courses précipiléos, et renouvelant sans cesse ses altaciues, tantôt sur un point, tantôt sur l'autre. Los chevaux des Macédoniens étaient épuisés par des marches forcées (M par le manque de fourrage, et déjà un grand nombre (riiommes étaient restés sur la place, tués ou blessés. Pharnouchès somma les trois commandéints de prendre la conduite des Iroupes, car lui n'était point un soldat et avait été envoyé plutôt pour négocier que pour combattre ; les commandants hésitaient à prendre la responsabilité d'une expédition qu'on pouvait dès lors considérer comme ayant échoué; on commença à quitter la rase campagne et à se retirer sur le fleuve, pour y trouver, sous la protection d'un bois, un point de résistance contre l'ennemi. Mais le manque d'unité dans le commandement rendit inutile cette dernière planche de salut ; lorsqu'on fut arrivé près du fleuve, Caranos le traversa avec la cavalerie sans avoir prévenu Andromachos, de sorte que l'infanterie, s'imaginant que tout était perdu, s'élança avec la plus grande précipitation pour atteindre la rive opposée.

A peine les Barbares se furent-ils aperçus de ce qui se passait qu'ils accoururent de tous côtés^ traversèrent le fleuve en amont et en aval des Macédoniens et les entourèrent de tous côtés, les pressant par derrière, les chargeant sur les flancs, repoussant dans Peau ceux qui gravissaient la berge, si bien que, sans éprouver la moindre résistance, ils les forcèrent à se' réfugier sur un îlot qui se trouvait au milieu du fleuve : là, le reste des troupes fut transpercé par les traits que les Barbares lançaient des deux rives. Un petit nombre furent faits prisonniers et ceux-là même furent massacrés; la plupart avaient été tués, et parmi ces derniers se trouvaient les commandants ; quarante cavaliers seulement et trois cents fantassins purent s'échapper \ Spitamène lui-même s'avança aussitôt, avec ses

1) Le récit est fait d'après Ptolémée, complété par des indications empruntées à Aristobule. Les données fournies par Q. Curce (VII, 7, 30) s'en écartent sur certains points essentiels : d'après lui (VII, 6, 14), c'est à Spitamène et à Catanès qu'aurait été confié d'abord le soin d'étouffer l'insurrection de Sogdiane. Le bosquet au bord du fleuve (îv -rapaoetcrw), dans lequel,

Page 1