OL. cxii, 4] la sogdiane
Scythes, contre Maracanda et commença à assiéger pour la seconde fois la garnison, encouragé qu'il était parles avantages qu'il venait de remporter et soutenu par la population.
Ces nouvelles obligèrent le roi à régler aussi rapidement que possible les rapports avec les peuples scythes voisins du ïanaïs. Se contentant de posséder dans la ville nouvellement fondée sur ce fleuve une gardienne des frontières et une position importante pour ses entreprises ultérieures, il se dirigea en toute hâte vers la vallée du Sogd à la tête de l'infanterie légère, des hypaspistes et de la moitié des hipparchies, après avoir donné Tordre à la plus forte partie de Farmée de le suivre, sous les ordres de Cratère: en doublant les étapes, il arriva le quatrième jour devant Maracanda ^ A l'annonce de son approche, Spitamène avait pris la fuite ^ Le roi le suivit, et sa route le conduisit précisément sur la rive, à l'endroit que les cadavres des guerriers macédoniens faisaient encore reconnaître pour le champ de bataille où s'était livré le funeste combat mentionné plus haut. Alexandre fit enterrer les morts
au dire d'Aristobule, Spitamène avait tendu une embuscade, devient chez Q. Curce un silvestre iter et un saltus : le même Q. Curce appelle ces Scythes Bahœ.
1) La distance de 1,500 stades s'accorde avec ce que dit Aboulfeda (ap. Geograph. minores, éd. Hudson, III, p. 32), à savoir que Khodjend est à sept jours de marche de Samarkand, et mieux encore avec la route qui a été indiquée plus haut d'après Fraser.
2) Arrien (IV, 6, 4) ne dit pas où il s'est enfui : Q. Curce (VU, 9, 20) écrit : Bactra perfugerat. Il est clair que cette Bactres ne peut être celle dont il est si souvent question sur la route de l'Inde. Si Ton réfléchit à l'importance et à la beauté du bassin du Sogd dans sa partie inférieure, qui se trouve en communication immédiate avec l'Iran par le déûlé de l'Oxus à Tjehardyui et la route de Merv, et si l'on songe qu'il n'y a au temps d'Alexandre aucune autre localité au-dessous de Samarkand pour marquer l'emplacement des jardins a paradisiaques m de Boukhara, on est tenté de chercher à peu près de ce côté cette résidence « royale ». La Tribactra de Cl. Ptolémée se trouve presque exactement dans la même direction, à quelques milles au N.-E. du lac d'Oxiana, qui n'est autre que le Karakoul, et Aboulfeda cite parmi les tracés qui rayonnent de Boukhara celui de Cl. Ptolémée. Parti de Boukhara, Spitamène doit s'être enfui vers l'ouest, en passant à quelques milles de là le bras méridional du Sogd (Zer-Afkhan) ; c'est tout près de là, en effet, que commence cette steppe dans laquelle se perd le bras septentrional (Vafhend).
'liill CnATIMKNT UV. LA S(K;|)IANK [lll, 2
avec aiilanl <lo pom|i(' «jik^ la liàlc \{> pciincUail, puis il coiiliniia à poui'suivr(3 les eniicmiscjiii fiiyaionl d(3vanl lui, jusqu'à ce (|n(' le dosoi'l sans lin (pii s'étend à l'ouesl et an nord TobligcAt à suspendre sa poursuite. Ainsi, Spilamène «'î( ait chassé (lu pays av(^c ses lrou])es; les Sogdianiens, qui avaient conscience de l(Uir faute vl qui craignaient la justcî colère du roii s'étaient réfugiés à son approche; derrière les remparts en terre de leurs villes, et Alexandre était passé près d'eux en toute hâte pour chasser d'abord Spitamène. Son dessein toutefois n'était pas de les laisser impunis ; plus cette défection renouvelée était dangereuse, plus la possession assurée de ce pays était importante, plus un assujettissement des Sogdianiens par la force était incertain, et plus aussi il semblait nécessaire d'employer une extrême rigueur contre les révoltés. Dès qu'Alexandre revint des frontières du désert, il commença à ravager cette riche contrée, à incendier les villages, à détruire les villes ; on évalue à près de 120,000 le nombre des hommes qui furent massacrés dans cette cruelle exécution \ Après que la Sogdiane fut apaisée de cette façon, Alexandre y laissa Peucolaos^ avec trois mille hommes et se rendit à Zariaspa en Bactriane, où il avait convoqué les hyparques du pays à cette assemblée dont nous avons parlé II est possible que les Bactriens, effrayés par la sévérité qu'on avait déployée contre la Sogdiane, se soient soumis à ce montent ; peut-être aussi^ dès le commencement de la sédition, ne témoignèrentils pas aussi clairement par leurs actes lapart qu'ils y prenaient ; toujours est-il qu'Alexandre ne crut pas qu'il fût nécessaire pour le moment d'employer contre eux des mesures militaires, et ce n'est que dans un passage sans autorité qu^il est fait mention du châtiment d'une défection qui peut-être avait été
1) ro? 'AXé^avôpo; àTTOcrxavxaç to'jç Soyôtavoù; xaT£7i:oXé(XY)(7£ v.<x\ xairÉo-ça^ev aOtcôv uXsîo'j; tîov ôc6ô£xa [jL'jp'.aowv (DiODOR., Epit., XVII). Dans notre texte de Dioflore, il y a au XVII^ livre, après le ch. 83, une lacune considérable qui commence après la capture de Bessos et embrasse les deux années suivantes. Q. Curce (VII, 9, 22), à propos de celte exécution, dit simplement: ut omnes qui defecerant pariter belli cladepremerentur, copias dividet urique agros et interjici pubères jubet .
2) Q. Curce (Vil, 10, 10) est le seul qui parle de Peucoiaos et de ses 3,000 hommes.
329/8 : OL. cxu, 4] Alexandre a zariaspa 461
projetée en Bactriane '. Ceux des grands qui s'étaient trouvés impliqués dans la révolte de la Sogdiane s'étaient eufuis dans les montagnes et se croyaient en sécurité dans les forteresses qui y avaient été construites sur les rocliers.
L'hiver de 329 à 328, qu'Alexandi'e passa à Zariaspa^ fut remarquable sous plus d'un rapport. L'assemblée des grands de la Bactriane, l'arrivée de nouvelles bandes guerrières venues de l'Occident, de nombreuses ambassades de peuples européens et asiatiques, de plus, l'activité virile qui régnait dans cette armée aguerrie et toujours victorieuse, le mélange
1) w; BaxTp'.avo-j; Iv.oAacysv (DiODOR., Epit., XVII} : indication sommaire et qui n'est peut-être pas même sûre.
2) Slrabon (XI, p. 514) indique d'après Eratosthène la route et les distances d'Alexandrie en Arriane à Tlaxarte par Bactres, et il se sert de l'expression : eIt' e'.ç Bàxxpav Tr,v TtoXiv r, xat ZapiàcrTia xa/.sÎTa'. ; de même {ibid., p. 516) il nomme parmi les villes de Bactriane Ta BâxTpa r,v^-? '^'-^t'- ZapiaaTiav xaXoOa'.v r,v o'.apps? ojjlcovjjjlo; TtOTajxbç ep-oâ/./wv sic Tbv ~û|ov, Aussi, quand Arrien (III, 30, 5) rapporte d'après Ptolémée (le Lagide) que Bessos a été conduit è; BàxTpa aTcobavo-jfxîvoç, et plus loin (I\ , 7, 3), qu'il a comparu à Zariaspa devant les grands assemblés, on pourrait croire que lui aussi désigne par ces deux noms la même nlle. Mais, avoir la façon dont il raconte la surprise de Zariaspa par les Scythes (IV, 16, 6;, il est hors de doute que lui du moins entend par ces deux noms deux villes différentes ; car, suivant lui (IV, 16, 1), il est resté a-jxoO Iv Bàxtpotç quatre stratèges avec leurs phalanges, tandis qu'à Zariaspa il n'y a que les malades et 80 cavaliers pour les protéger. Le géographe Ptolémée distingue un cours d'eau du nom de Zariaspe du Dargidos qui passe à Bactres, et il place les deux villes à des latitudes différentes. Il me semble encore aujourd'hui qu'il faut chercher Zariaspa du côté d'Andlihoui, à environ 15 milles à l'ouest de Bactres. Andkhoui est une ville ancienne, et le général pERmER, qui passa tout près de là en 1845, apprit qu'elle comptait encore 15,000 habitants. Cette ancienne ville peut bien s'être appelée aussi Bactres, comme de nos jours plusieurs villes portent le nom de Balk (Balk-ab-Fayin, Khan-Balk, Balk-ab-Bala, cf. Tribactra dans Ptolémée) : peut-être appelait-on cette Bactres Bixrpa r, xat Zap''a<77ra, pour la distinguer de la Bactres sur le Dargidos. Polybe connaît les deux noms : à un certain moment (X, 49), Euthydémos, le roi de Bactriane, après avoir envoyé le gros de son armée en Tapurie, se trouve avec 1,000 cavaliers sur les bords de l'Areios, et, surpris près du fleuve par Antiochos III, se retire zU tiÔXv^ Zapîacrira xr,ç BaxTp'.av-?,:; plus loin (XI, 34), Polybe parle des négociations d'Antiochos avec Euthydémos, négociations à la suite desquelles le roi de Syrie, -Jîîcpoa^wv tov Ka"jxa<7ov..., se dirige ziç-zr,^ 'Ivô'.xr,v : enfin (XXIX, 12, 8), dans une énumération de villes prises (xa-raXr.^yôi:) — Tarente, Sardes, Gaza, Carthage — on rencontre le nom de Bax-pa, qui doit être justement la ville prise par Antiochos III dans celte expédition. Il en résulte que, pour Polvbe, Zariaspa et Bactres sont bien deux villes distinctes.
\{]'2 (CtMiVMN AIION l)i: IJKSSOS [111, 2
varir (le l.i vie du soldai iiiacodonicii, du fasic persan vX de la civilisation licdliMiicpio, (ont rela ensomble donne*, uno imag-e aussi sinf^iilicTc i\\n' rdViicAvv\s[.'u\uv de la roni* d(; ca jeune roi, qui savait bien qu'à la gloire de ses triomphes et de ses fondations il devait encore ajouter la poniix; de l'Orient et toute la majesté de la plus haute splendeur terrestre, s'il voulait que les peuples nouvellement gagnés ne se méprissent pas sur une grand(Mir qu'ils étaient prêts à adorer comme surhumaine.
Alexandre linlàZariaspa une cour de justice, selon laforme anli(iue des Perses, pour juger Bessos. Le régicide comparut enchaîné devant l'assemblée des grands convoqués dans cette ville*; Alexandre lui-même formula l'accusation; l'assemblée paraît avoir rendu un verdict de culpabilité. Le roi donna ordre de lui couper le nez et les oreilles, ainsi que le voulait l'usage des Perses, puis de le conduire à Ecbalane pour y être crucifié lors des assises des Mèdes et Perses. Mutilé et battu de verges sous les yeux même de l'assemblée, Bessos fut conduit à Ecbatane pour y subir sa condamnation ^
Yers cette époque, Phratapherne, satrape de Parthie, et
1) |u).XoYov Ix 'twv TîapovTtov ^uvayayojv (ÀRRiAN., IV, 7, 3). Par conséquent, les membres de l'assemblée avaient été convoqués à Zariaspa pour un autre motif, absolument comme la réunion d'Ecbatane, où Bessos doit
être exécuté (w? ÈxôÏ èv Mr,ôiov te xa\n£pcrwv ^uXXoyw à7io6avo0[i.£vov),
n'est pas convoquée tout exprès. L'expression d'Arrien : xaTY^yopiriG-a; Tr,v Aapeîo'j Trpooocrcav, fait penser que l'assemblée prononça un jugement à la façon d'un jury. La peine infligée par le roi est la même qui se trouve mentionnée à plusieurs reprises dans Tinscription de Bisitoun (Behistoun). Dans ce document (II, 13), Darius P"" fait savoir qu'il a défait aux environs de Ragâ le Mède Fravartès, qui s'était insurgé en Médie : « Fravartès fut saisi « et amené devant moi ; je lui coupai le nez, les oreilles et la langue ; je « conduisis son... il fut tenu enchaîné à ma cour {littéralement : ma porte); u tout le peuple le vit, puis je le fis mettre en croix à Hangmatana ». Un autre fauteur d'insurrection en Perse (III, 5) est mis en croix avec ses adhérents dans une ville de Perse ; un troisième, du pays d'Açagarta ou Sagartie (II, 14), est battu par l'officier envoyé contre lui : « et il me l'a- « mena; sur quoi je lui coupai le nez et les oreilles et conduisis son... il fut c( tenu enchaîné à ma cour : tout le monde le vit, puis je le mis en croix à u Abira ». Abira (Arbèles) doit être par conséquent le auXXoyo; de Sagartie ou peut-être de toute l'Assyrie.
2j Arrian., IV, 7. Cf. CuRT., VII, Set 10. Justin., XII, 5. Diodor., XVII, 83. Plut., Alex., 43, etc.