LX.XXIII
La généalogie déjà citée nous tburnit les renseignements suivants : « Armand [de] Gontaut-Biron, marié en l'^s noces avec la D""-' de Mesplès; point d'entants. Et en secondes avec M"'= de Diusse; un entant appelé Louis Armand, mort, âgé de quatre, cinq ou six mois, au commencement d'avril 1759 ». Les faits sont vrais, mais a|»ppllent plus d'une rectillcalion.
Armand de Gontaut-Biron el Jacques de SalelVanque furent longtemps en procès au sujet de la maison située à la rue de Nay (du Lycée), que Gontaut voulait vendre. Jacques de Salefranque soutenait qu'elle était avitine et ainsi à l'abri do toute négociation. Le Parlement accorda au marquis de Biron l'autorisation qu'il réclanmit (1). L'arrêt est du 12 mai 1750. 11 permet « aud. de Biron de vendre la maison dont il s'agit, à la charge de l'employ indiqué (paiement d'une dette au marquis d'Esquille) et que ses biens répondront du prix le cas échéant; coiulamne led. de. Salefranque aux dépens du procès et ceux du présent arrêt seront pris sur le ' produit de la vente » (2).
D'abord marié avec M"»^ do Mesplès, .Vrmand de Gontaut, marquis de Biron, épousa Cécile de Bats-Diusse, par contrat du 11 janvier 1749. Ils eurent un lils unique, né à Bizanos, et ainsi porté au registre des baptêmes.
« L'an mit sept cents cinquante trois et le treize du mois d'aoust, est né et a été baptisé le quatorze du même mois Louis Armand de Gontaut Byron, tils de Armand Gontaut Biron et de Madame Cécile de Diusse, mariés ensemble ; parrains Louis de Gontaut, lieutenant gênerai des armées, du roy, gouverneur de Landreci, et Madame Françoise Gouette de Diusse; et en l'absence des dits parrains et en leur place, il a été tenu sur les fonds baptismaux par Monsieur Jacob de Vigneau, seigneur deBisanos, et Marie Anne de Pinet Morin, liabitante à Pau, qui ont signé avec moy. (Signé :) Jacob de Vigneau Bisanos ; — Marie Anne Pinet Morin ; — Cornu, vicaire » (3).
Le père mourut l'année suivante après avoir fait, le 28 janvier
(1) Inventaire Biron. Arch. B.-P., B. 4714 (1748-1750), fo-^ 102 vo, 104 v", 254 r".
(2) Arch. B.-P., B. 4877, f" 10(3 vo. Le prénom est dit Pierre au 'ieu de Jacques de Salefranque.
(3j Arch. comm. de Bizanos, GG. '^. (1747-1789). Commun, de M. A. de Dufau de Maluquer.
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1754, un testament où il instituait son lils comme légataire universel; il lui substituait sa mère « s'il venait à mourir dans sa pupillarité ». L'enfant mourul en efl'etcn 1759 à Légugnon, près d'Oloron, comme le porte son acte de décès :
« L'an mil sept cents cinquante et neuf et le six avril, mourut à S'" Marie et le lendemein a été ensevely dans le sanctuaire de cette église (S^ Pierre de Legugnon) et du consentement du sieur de Laporte, curé de Sainte Marie, qu'il m'a: douné en personne verbalement, Louis, âgé d'environ six ans, lils de noble Armand de Biron, marquis de Gontaut, et de dame Cécile deDiusse,nédans laparroisse de Bisanos, diocèse de Lescar ; presens à sa sépulture Laurens de Berges et Jean de Barrot, de celte parroisse, qui ont signé avec rnoy. (Signé :) Yergez ; — Barrot ; — Laffore, p''<= et curé » (I).
JacquesdeSalefranque veillait. Il se présenta, dès le 30 avril 1759 dans l'étude de Jean de Pommiès, notaire de Pau, accompagné de Me Claverie, jeune, son procureur ou avoué. 11 tléclara « qu'ayant appris que l'enfant du feu s'" marquis de Biron, de la même ville, était décédé en celle de Sainte-Marie d'Oloron, et ayant des intérêts dans sa succession, il veut faire apposer des scellés pour conserver ses droits, tant dans la maison située à Pau que dans celle de la métairie appelée de Fontefrède, dépendante de la juridiclion de lad. ville ». Ce qui fut fait aussitôt par M. de Lahitoie, Jurât de Pau.
Mais les scellés furent levés le 5 mai suivant cl on procéda à un inventaire qui nous a été conservé. Salefranque fut âpre ; il exigea même qu'on demandât le serment à la veuve pour qu'elle fit « connaître tous les effets de la succession ».
Cet inventaire est intéressant par les meubles, les papiers et les œuvres d'art qui y sont indiqués ; mais à peine pouvons-nous en mentionner quel(]ue chose.
A la maison Biron, de Pau, il y avait a. une tenture de tapisserie en verdure en cinq i)ièces », une autre tapisserie de cinq pièces très vieille, i communément appelé tapis de Turquie ».
A la maison d'Estandau, couverte d'ardoises, basse-cour, deux granges, apentif et jardin, le tout en un tenant, confrontant par le devant avec rue publique appelée de Nay, de l'un côté avec maison et jardin de MM. de Domec et de Casenave, conseillers, de l'autre côté avec la maison de M. de Casaux, procureur général » ainsi qu'à
(1) Arch. comm. d'Oloron S'o-Marie. État civil de Legugnon. Commun. de M. A. de Dufau de Maluquer.
la maison de FunlelVède on trouva de nombreux papiers : Commission d'Henri de Navarre pour le baron Bernard d'Arros, à TelTet de convoquer les Etats le '25 juin 1573; testament de ce dernier, retenu par Larre, notaire, du 13 janvier 1584 ; contrat de peine en faveur de Pierre de Biron et Elisabeth d'Arros, son épouse, 26 avril 1597 ; testament de celle-ci, 9 novembre 1604 ; contrat de mariage de Jacques de G.-B. d'Arros et de Paule des Voisins, du 29 décembre 1611 ; un inventaire de ses biens laissé par le marquis, du 22 mars 1754 ; généalogie des Gontaud, en 8 pages, et mémoires sur cette généalogie; papiers d'Estandau, d'EscIaux, Paraige, tournedot par Jeanne d'Esclaux, en faveur do Marie, sa tîllc, épouse de Jacques de Gassion,du 4 février 1660; tournedot par Armand de G.-B. en faveur de Jacques de G.-B., seigneur et baron d'Arros, son frère, du 4 avril 1656; inventaire des biens laissés par « Arnaud » de G.-B. à la requête de Marie d'Estandau, sa veuve, 18 mai 1685; censier du marquis de Biron, 1734, en 82 feuillets ; fiefs et possessions, de Lée ; testament de Paule des Voisins, veuve de Jacques de G.-B. du 19 septembre 1654 ; permission à P. d'Estandau de bâtir un colombier à Fontefrède, mai 1634 ; arrêt pour J" Couder, aubergiste de Paris, contre Marie d'Estandau et Jac([ues de G.-B., le 31 janvier 1689; déclaration du s"' d'P^spalungue, baron d'Arros, pour la marquise de Biron, 18 juillet 1755.
Inventaire continué à Fontefrède le 11 mai ; meubles, linge, ustensiles de cuisine : « Un tableau à cadre doré de forme quarrée, intitulé sur le haut : M. le maréchal de Biron ». Dossier Salaignac : Testament d'Armand de G.-B., mari de M""' de Salaignac, 18 octobre 1589 ; meubles portés par M. de G.-B. à Salaignac, le 15 mai 1642 ; contrat de mariage entre M. de Biron-Salaignacet Marguerite de Lhopital, 22 juin 1585; procès Biron-Marca ; actes de vente à Bizanos pour Pierre d'Estandau depuis 1607; maison Péfaur- Destandau, en 1648 ; inventaire des biens de Jacques de G.-B.; procès entre Jacques de G.-B. et Marie d'Arros, veuve de noble Jean do Peyré, 1670;
Petite maison et terres de Fonto(i'èd(> ; pièces d'argent pesées par l'orfèvre Corneille ; mobilier porté à Oloron pendant la maladie du jeune Biron, par sa mère; censier de Fontefrède du 14 octobre 1538 ; contiMt do mariage de Pierre de Casamajor-Jasses et de Henriotto do Hiron-Arros, assistée de Pierre de B. son père (souche (lu marquis de Jasses), 24 juillet 1614.
Comme mobilier on trouve à FontelVèdo 3 lonturos do tapisse-
série verdure, de 5, 4 et 3 pièces, a toutes vieilles et en désordre » ; plus « 10 vieilles chaises garnies d'étotTe, façon de tapisserie, dont les deux sont faites en forme de fauteuils » ; argenterie, 8 cuillers, 8 fourchettes, 2 salières, 1 cafetière. « Plus, dans une petite boete, une croix d'or de l'ordre de chevalier de S. Louis, émaillée » et quelques livres sans importance.
Cet inventaire, oi^i figurèrent tous ceux qui avaient quelque intérêt à la succession du marquis de Biron, est le prélude d'un grand procès.
Jacques de Salefranque disait être le plus proche parent dans la ligne d'Estandau. Le domaine de Marque-Fontefrède avait été acheté par Pierre d'Estandau. Or, tous les biens d'Estandau étaient avitins et dotaux, ajoutait-il.
On va voir le Parlement trancher le dillérend, au grand dommage de Pierre de Salefranciue.
Proci's de Jacques de Salefranque contre Clément de Bals-Diusse.
La mort du « jeune marquis de Biron » survenue, comme nous l'avons dit, le 5 avril 1759, ouvrit une succession dont les Salefranque avaient la plus grande part, en vertu des lois béarnaises, si sages, qui rendaient à la famille d'origine les biens avitins, lorsque la maison bénéficiaire venait à s'éteindre.
C'est ainsi que le marquis de Biron, dernier héritier des Estandau, étant mort, les biens de ceux-ci revenaient régulièrement aux Salefranque, issus de Jeanne dEstandau, épouse de l'historien.^ Mais le père du marquis avait eu le soin de laisser sa fortune à sa femme, Cécile de Bats, « en cas que le tils mourut en pupillarité », et c'est ce qui arriva.
. Après la mort du jeune marquis, Jacques de Salefranque lit faire, avec quelque presse, l'inventair-e de la succession (1759) et obtint gain de cause sur bien des points contre la veuve devant les tribunaux du pays, très méticuleux sur la conservation du bien de t'airiille. Sui'vint bientôt après le marquis de Jasses, débouté plus tard de ses demandes, et prétendant à un retour de 12000 1. connue descendant d'une d""^ de Gontaut-Biron.
Cécile de Bats mourut prématurément, laissant par lestament du
11 juin 1765 tous ses biens à son frère Clément qui va réclamer ses droits en faisant un procès à Jacques de Saîefranque.
Il y eut de part et d'autre de nombreux Mémoires imprimés (1); aujourd'hui généralement connus sous le nom de Factums, ils sont ^l'ordinaire fort intéressants. Il y en a un de Bats-Diusse à la bibliothèque de Pau (!2), où se trouve une généalogie des Estandau ; bon fil conducteur, malgré quelques erreurs.
Le vieux béarnais, M. Ernest Lasserre, ancien bâtonnier et doyen des avocats de Pau, a eu l'amabilité de m'en céder deux complets et un incomplet où bien des renseignements utiles sont à notre portée. Ils suffisent à peu près pour nous faire suivre tous les débats.
Nous y verrons, en définitive, que Jacques de Salefranque perdit à peu près tous ses procès, et que, de ce fait, il y aura des arriérés à solder par ses héritiers jusqu'en pleine Révolution.
Un Mémoire (3) nous apprend que le premier de Gontaud de Biron, baron d'Arros, fut marié le 28 janvier 16G2, avec Marie d'Estandau, « héritière de sa maison ». Il était cadet de la sienne et « promit de porter en faveur du mariage 12000 1. qu'il avoit reçues de sa légitime, pour y succéder les enfants qui en naîtroient, le mâle excluant la femelle, suivant le for, même aux biens qu'il pourroit acquérir ci-après au delà de la dite légitime, à la réserve de la quarte dont il se réservoit la disposition et de nommer auxd. biens futurs tel desd. enfants que bon luy semblerait. »
Un autre factum nous donne, en ces termes, le résumé de tout le procès, jusqu'en 1776 (4) :
« Le 11 janvier 1749, Arnaud (^5) de Gontaut, marquis de Biron,
(1) En 1774, il y en avait déjà douzo. Nous en avons encore deux après cette date.
(2) Procès de Bals-S((lrfra)i<iiie,l'iiu, Vignancour, i77(). In-4ode 14 pages avec une généalogie. (Bibliothèque de Pau.)
(3) Ihid. Au commencement.
(4) « .1 XN. .y.S'. lUi P((rleme)ii. .■supplie liKnihlemriU noble Jacques de iîallef'ranque de Pau, contre Messire Clément de Bals, chevalier de Diusse. En 'présence du niar(iuis de Jasses... A Pau. De l'impr. d'Isaac Charles Desbaratz, seul impr. libr. du lioi et de la souveraine Cour de Parlement, 1776. Chez le s' hin lau, près l'Académie des Belles-Lettres. » In-4" de 10 pages, p. 2.
(5) Arnaud j)uur .\rmaiid.