‹ Histoire de l'hérérie de BéarnChapitre 22 sur 48 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

Touchant Vhérésie de Luter.

Le temps auquel on parla de ceste hérésie dans le Bearn, ce feust en 1545 (6). Le lieu dans lequel on la prêcha, ce feust en l'église parroissiale d'Oloron (7) et le prédicateur hérétique, ce feust un

3 septembre 1546, et comme notaire du Conseil du roi, le 26 septembre 1558. Cf. Y. DuH.XRAT, Docum. cl hibliogr. sur la Réforme, l. Pau, Yignancour, 1900, pp. 39 et 54. In-8o.

(1) Il est question des notaires, secrétaires et garde-sacs dans la Compilation d'angtois Priviledges et Reglamem deu Pai/s de Bearn. Rubrique douzième. A l'article xi, Pierre d'Estandau, beau-père de Salefranque, est désigné nommément.

(2) C'est-à-dire au verso des pages du registre laissées en blanc et utilisées par P. de Salefranque.

(3) Ces mots prouvent que l'auteur de cette bistoire l'a écrite bien après la rédaction primitive du registre.

(4) Erreur et étourderie tout à la fois du copiste, qui a oublié que le Conseil souverain fut supprimé en 1620 et que la relation ici continue jusqu'en 1669.

(5) La première partie comprenait une Histoire de Béarn, malheureusement perdue aujourd'hui. Nous le disons dans la Préface.

(6) On en avait certainement parlé auparavant. Nos Archives départementales possèdent les lettres patentes d'Henri H, sur le pillage et la dévastation des églises, du 30 juillet 1531, mais surtout l'ordonnance du même prince contre les prédicateurs de fausses doctrines, du 1«'' mars 1542 (n. style). Cf. nos Documents, I, pp. 33 et 34. L'Édit d'Henri H contre les hérétiques est du 30 août 1546. Jhid., p. 36.

(7) Ville épiscopale du Béarn, chef-lieu d'ancienne cite, aujourd'hui souspréfecture du département des Basses-Pyrénées. L'église « paroissiale » était probablement la cathédrale de Sainte-Marie en 1545. L'église de Saint-Pierre était aussi une église paroissialr-, près de Sainte-Croix.

religieux de rOrdre de S' Aiigustin (i), nommé Bernard! Paloma (2), lequel, soubs des aparences catholiques, ayant obtenu de Messire Jacques de Foix (3), gouverneur, le pouvoir de prêcher en l'église d'Oloron, l'octave du S. Sacrement, y prêcha les opinions hérétiques de Luler (4). Ce qu'ayant esté recognu par le clergé, ce faux religieux se letira par la crainte qu'il eust de la peine de son crime. Mais la chose ayant esté rapportée au gouverneur et au Conseil souverain, le dit seigneur Jacques de Foix et les gens du Roy (5) tirent des procédures sur lesquelles, par le Conseil, fortifié de Jacques de Foix et de tous les juges du sénéchal (6), mesme du grand viquaire de l'évesque d'Oloron, nommé Raphaël Rordeilha (7), feust ordonné qu'il seroit informé de nouveau par le grand viquaire ou quelque officier de l'évesque touchant les prédications hérétiques de ce faux augustin, par arrest du 8 juin 1545 (vS), et que l'information seroit rapportée au dit seigneur, Jacques de Foix, pour esti'e par lui ordonné ce que de raison.

(1) Un des qitati'c ^ranils Ordres lueiuliants, ainsi appelé de la règle de saint Augustin qu'il avait adoptée. Luther était religieux de cet Ordre.

(2) Aucun document connu ne nous parle de ce personnage dont le nom est de désinence italienne.

(3) Fils de Jacques, infant de Navarre, qui était le quatrième fds de Gaston, comte de Foi.K et de Bigorre, vicomte de Béarn et d'Éléonore de Navarre et d'Aragon. Jacques de Foix fut évèque d'Oloron, de 1521 à 1534, ensuite de Lescar, ■1534-1554. 11 était, en 1.545, lieutenant général des souverains de Béarn, et il le sera jusqu'à sa mort. (Paul Labrouche, Archives d'Oihenart. — Documents sur les Gramont crAstc, Tarbes, Croliaré, 1907, in-8", pages 9 et 10.)

(4) Martin Luther, né à Eisleben (Saxe), en 1483, moine augustin, protesta d'abord contre 1» pape en 1517; il mourut en 1546. Salefranque écrit toujours Luler.

(5) Les gens du roi formaient ce qu'on appelle aujourd'hui le parquet.

(6) Les « juges du sénéchal » étaient la cour du sénéchal; voir, dans les Fors, la rubrique du « sénéchal et de sa cour » et le Stil du sénéchal compris dans le Sùl de la justice deu puis de Bearn, publié parmi les ordonnances d'Henri II.

(7) Inconnu juscpi'à [)rèseMt.

(S) Cet arrêté, contre Fhéi'èsie, du 8 juin 1.545, ne nous est pas parvenu.

Le nommé Guilhem de Bougarber(l), du lieu d'Audaux(2), barbier de son métier, feust en ce mesme tems prévenu du même crime de cette hérésie, feust décrété et emprisonné dans le château (3) de Pau. La lecture de ses charges ayant esté faite dans le conseil, il feust ordonné que le procès seroit fait à cest hérétique par le grand vicaire de l'évesque de Lescar, du diocèse duquel il estoit, avec un commissaire de la cour.

Monsieur l'évesque, procédant à ceste délibération, lit incontinent un des conseillers son vicaire général, appelle Lescure (4), comme prouvent les arrests des 15 et 22 juin 1545.

On n'y trouve pas ce qu'est devenu ce prétendu religieux et ce qu'on a fait contre ce prisonnier; il faut croire qu'on laissa courir le premier, et que trouvant que le second n'avoit pas des sectaires (5), et que peut-être il se dédit de son hérésie, la justice le laissa sortir de la prison sans autre peine que celle de la repentance. Car ce qu'on dit que l'évesque d'Oloron et la reyne Marguerite feussent hérétiques est une fable réfutée dans les chapitres suivans.

Car ce que l'histoire de Florimond (r))(au livre 7" chap. 4^ de son Histoire) raporte que Gérard Rossel (7), évesque d'Oloron, estoit

(1) Bougarber, village près de Lescar.

(2) Audaux, petit village du canton de Navarrenx; son château appartint plus tard aux Gassion.

(3) Le château de Pau, comme on le voit, servit à la fois de résidence aux rois et de cachot aux prisonniers.

(4) Il s'agit de Gratien de Lescurre ou d'Escurre, prêtre, conseiller au Conseil souverain. Il était né à Pampelune et vint en Béarn ; on le trouve établi et propriétaire à Pau au commencement du xvie s. Cf. L. Lac.^ze, Les Imprbneurs et les libraires en Béarn, Pau, 1884, p. 29. Il fit son testament le 25 avril 1547, en faveur de Pees de Gastellu, et^de son petit neveu Jean de Vallerian de Lescurre, aussi conseiller, correcteur et réviseur de la lie édition des Fors et costumas de Bearn publiée en 1551. Jean de Vallerian mourut en 1557, laissant ses biens à Jean d'Etchart. Ihid. et Locum. part. Cf. Séance de mars 1918 à la Soc. des Sciences, Lettres et Arts de Pau.

(5) C'est-à-dire des sectateurs ou prosélytes.

(6) Florimond de Rémond, Histoire de Vhérésie, in-4t>, 1623. Sur G. Roussel, voir p. 8.50.

(7) C. ScHMiDT, Gérard Roussel, prédicateur de la reine Marguerite^

hérétique, que même la reyne Marguerite de Navarre (I) l'estoit, il avance cella sans aucune preuve ; contre la preuve qui parut, lorsqu'en 1550, le roy Henri craignant que l'hérésie, qui ravageoit la France, ne feust entrée dans ses Estats, bailla commission à Monsieur Charles d'Aure (2) pour s'enquérir s'il y avoit des hérétiques en Béarn, qui visita tout le pays et raporta son verbal dont il paraissait qu'il n'y en avoit pas du tout (3). Ensuite, depuis, le roy décerna nouvelle commission à Messire Jacques de Foix et diverses commissions du Conseil afin de faire le procès à ceux qui se trouveroient coulpables d'avoir publié qu'il y avoit des hérétiques en Béar-n ; et partant il faut croire que ny l'évesque ny la reynè n'estoient pas hérétiques, ni personne quelconque de considération ; et la plus particulière [attention] montre ce dessus, touchant la reyne et cest évesque (4).

Ce roy (5) estoit si zélé pour la religion catholique que l'hérésie n'auroit osé pénétrer dans ses Etats ; ilauroit montré sa piété contre

Genève, 1845, in-8o. Il n'y a pas de doute que cet homme, devenu plus tard évèque d'Oloron, n'ait donné complètement dans la Réforme.

(1) Marguerite d'Angoulème, dite la Marguerite des Marguerites, naquit à Angoulême, le 11 avril 1492; elle était fille de Charles d'Orléans et de Louise de Savoie. François Jcr, son frère, avait deux ans de moins qu'elle. Elle épousa d'abord Charles, duc d'Alençon, à l'âge de 17 ans (1509). Charles mourut en avril 1.525. Veuve, elle épousa Henri d'Albret, roi de Navarre et souverain de Béarn, le 24 janvier 1527. Ils eurent pour fille Jeanne d'Albret. Elle mourut en décembre 1549 à Odos « au pays de Tarbes », dit Scevole de Sainte-Marthe. Amie des novateurs de son temps, nous savons qu'elle mourut dans le catholicisme. Son testament, qui n'a jamais été publié, nous dévoilerait ses sentiments intimes. La bibliographie relative à cette princesse est considérable. Cf. Arch. B.-P., E. 683, fo 218, où l'évêque de Lescar ordonne une neuvaine de prières pour le repos de l'âme de la reine.

(2) Les d'Aure étaient seigneurs de Larboust et de Serremedan en Nébouzan.

(3) N'oublions pas cependant l'ordonnance d'Henri II, de Navarre, du 1er mars 1541, contre les prédicateurs de fausses doctrines et l'édit du 30 août 1540 contre l'hérésie. Y. Dui5.\ii.\ï, Bociim. pL hihliogr. sur la Réforme en Béarn cl un Pays basque, I, pp. 34 et 30. On voit que Salefranque n'était pas suflisammcnt documenté.

(4) Phrase mal copiée et qui n'a pas de sens. On le devine cependant : « La plus particulière attention montre que Roussel et Marguerite de Navarre n'étaient pas hérétiques. »

(5) Henri II de Béarn.

les garnisons(l) des églises, lorsque certains abus s'estoient establis, qui faisoient que, si quelque bénéfice vaquoit, ceux qui prétendoient à ce bénéfice se saisissoient de l'église, mestoient garnison en icelle, troublant avec impiété le service. Ce roy défendit ceste pratique par son édifde 1531 (2), fondé sur la seule piété et le seul raportque les catholiques mesme avoient fait contre les blasphémateurs (3) de la majesté divine, surtout es églises ; et en 1551 (4), ordonna par décret que le crime d'hérésie'feust puni de confiscation de biens, de mesme que celui de lèze majesté par son édit de 1552, par lequel il ordonna l'union de ses sujets en la foy catholique dont est fait mention en l'arrêt du conseil de 1558(5). 11 défendit à ses sujets de se séparer de l'Eglise catholique. Notre Seigneur aussi bénit son zèle et préserva de toute hérésie cette province presque pendant sa vie, tandis qu'elle troublait toute la France.

Car, quoiqu'en 1553 ce roy saisit soubs sa main le revenu des hospitaux, fondés en Béarn pour la retraite des pauvres passans pèlerins, il ne songea jamais à faire préjudice à la religion ; il le fit, au contraire, fondé sur le principe de piété, que ne passant plus de pèlerins, le revenu de ces hospitaux appartenoit aux pauvres auxquels il le fit distribuer, tout ainsi que cella estoit à faire; que le feu roy Louis le Juste consentit à l'union de ces hospitaux à la mense des religieux de S^ Paul (6), de la ville de Lescar, afin de

(1) Voir Patente sous la garnison de las ylises, 30 juillet 1531. Docum., 1, p. 33.

(2) Dans le texte, il y a 1551, par erreur.

(3) Édit du 30 juillet 1550, Docum., I, p. 39.

(4) Nous n'avons pas cet édit de 1551, ni celui de 1.552. .

(5) Voir dans nos Docum., I, p. 43, une ordonnance d'Antoine de Bourbon et de Jeanne d'Albret contre « toute secte hérétique, per la conservation de la fée catholique », du 22 août 15.55.

(6) Les Barnabites (ou Congrégation de Saint-Paul) s'établirent en Béarn en 1608, obtinrent en IGll les biens de l'Hôpital de Sainte-Christine, situés en France. Le P. Fortuné de Colom, provincial de cette Congrégation en Béarn, l'établit en 1(524 à Lescar où s'éleva un beau collège qui subsista jusqu'à la ilévolution. Parmi ces religieux était le serviteur de Uieu Louis Bitoz, mort en odeur de sainteté à Monein, le 7 septembre 1617. Voir les Barnabites en Béarn dans nos Mélanges de bibliogr. et d'hist. lac, Pau, Lescher-Moutoué, 1904, VI, p. 225, et la Vie du Serviteur de Dieu, Louis Bito-,'l\\u, Vignancour, 1887, in-12, passim, et enfin Le tombeau du Servitrur de Dieu L. Bito:, dans le Bullet... de Pau, t. XLl, 1919.

sauver ce revenu de l'altus dont ce roy l'avoit sauvé par le moyen de ceste saisie.

Et pour ce que l'hérésie que ce religieux et cest homme d'Audaux (i)avoipnt pulMiée n'étoit pas celle qui du despuis (2) a ravagé cette [irovince, on ne doit pas la confondre ni parler de cella comme de la naissance de l'hérésie, mais comme d'un prélude et d'un avant-coureur, par où Notre Seigneur (3) nous admonestoit Gt nous menaçoit de ce qui suivit hientùt après.

Preuve. (4)

1 . — Lou (5) 8 de juin 1545, per mossenhor(6) de Lescar, loctenent général, d'Escure (7), Quasso (8), Xeys (9), MesmesHO), Marca(ll), Bartolomey (12^, conseil 1ers deuliey, losjudges,Tisnèsil3)etVinsa(14),

(1) II s'agit toiijoui's du P. Paloiiiaet de G. de Bougarber.

(2) Forme que nous avons déjà vue.

(3) Cette manière de pu-ler montre bien que l'auteur est ici un prêtre et non un laïque.

(4) C'est le mot dont se sert Marca dans son Histoire de Béarn pour dire « Pièces justificatives ». Salefranque l'emploie toujours. 11 indique chaque document ainsi : « Numéro » 1, 2, etc.

(5) Lou, terme, dont use à tort Salefranque au lieu de lo, forme béarnaise, ancienne.

(6) Dans le texte « messire », erreur du copiste. C'était alors Jacques de Foi.x, évêque de Lescar.

(7) Gratien d'Escure, dont nous parlons plus haut.

(8) Sans doute pour Cassa : Menand de Cassou, conseiller. Arcli. B.-P., E. -1987.

(9) Raymond de Neys. Voir un document curieux sur lui. Arcli. B.-P., E. 1987.

(10) Probablement Pierre de Mesmes, seigneur de Ravignan, mort premier Président. Il eut un gros différent avec Catherine de Bourbon, sœur d'Henri IV. Arcli. B.-P., C. 097, E. .567.

(11) Jean de Marca, arriére-grand-pèrc de l'historien de Béarn. Voir t. If de la nouvelle édition de VHistoire de Brurn. Généalogie.

(12) Pierre de Bartholomey, [)résident de la cliambi-e ci'iminclle en 1554. Arch. B.-P., E. 1993.

(13) Pierre de Tisnécs, marié avec J'"p de Bastanès. Voir leurs testaments. Arch. B.-P., E. 1987, 1991.

(14) Mauvaise lecture; sans doute Bimes, clian)bellan en 1.557. Cf. Comjiilalion d'auf/Kus rei/lamens (éd. de 1710), pp. 'M), 40. B<'(ilam. de lu justici. p. .5(1.

presens, et Mossen Raphaël Bordelha, viquari de mossenhor (1) d'Oloron, es estade viste la procédure feite per meste de Lostau et lous advocat et procuraire généraux, suus l'afïar de fray (2) Bernardi Paloma, de l'Ordi de Saint Augustin, qui abe prédicat à Oloron et ave commandât (3) aux Frais (4) d'Oloron ; et es estât concludit que abans de procedir à définition, sie enquérit per lodit vicari de mossenhor d'Oloron ou autre officier deudit evesque, quines et qualles que sien las propositions que loudit fray Paloma a prédicat. De feyt qu'es estât ordonnât per mossenhor de Lascar, loctenent gênerai, que lodit Paloma anasse predicar au dit Oloron. Seguien lou rest et articles qu'au dit Paloma eren estais baillais, et feyte la dite inquisition, sera raportade per devers mondit seigneur (5) lou loctenent gênerai, per après y ordonnar cum de rason.

Actum à Pau, en lou conseil, lou susdit jour et an.

Signé sur le registre. Jacques de Foix.

S. — Lou XII de juin 1545, per mess'* de Lescar, d'Escure, de Quasso, de Marca, Poey (6), Bartolomey et Gastille (7), fou conferit deu procès et charges contre Guillem de Bourgarber, d'Audaux, detengut presoner au castet de Pau et accusât d'hérésie.

Restât (8) lodit de Borgarber esser remetut per daban lodit

(1) Dans le texte à tort « mcssire ».

(2) On lit ces mots incompréhensibles dans le texte : « sauf la faye de fury »! Ici même leste au lieu de meste de Lostau.

(3) Mauvaise lecture, peut-être pour commeusat.

(4) Aux frais « chez les Frères », c'est-à-dire chez les Cordeliers d'Oloron.

(5) Salefranque écrit ainsi « seignour », qui est une faute, au lieu de senhor ; de même jour., à la phrase suivante, au lieu de jorn. Bref, Salefranque copiait comme on prononçait au xvii'- s.

(6) Un des magistrats du parti catholique, sous la Réforme, qui obtint sa grâce après 1570. Cf. V. Dub.\>rat, Le Protestantisme en Bêarn, Pau, Vignancour, 1895, in-S», p. 312.

(7) Famille de magistrats étrangère au Béarn. On voit mentionner les « Provisions de l'office de procureur de Pamiers du sieur Gastille » le 7 mai 1559, dans le Bulletin de la Soc. des Sciences., Lettres et Arts de Pau, série II, t. XXXV, p. 54; mais, ihid., t. XXV, p. 135, Jacques de Gastille, baron de Gasteignau, ayant été nommé sénéchal de Béarn, « les provisions accordées au dit de Gastille, furent révoquées, sur la requête des Etats, parce qu'il n'étoit pas du pays, ainsy qu'il est ordonné, par le premier article du for, rubr. Du Sénéchal, et il ne fut point receu ».

(S) V Restât ». 11 l'ut arrêté, décidé que.

segnour de Lescar, et en lou remelen, l'o exliortat de présentai* viquary per loii far lou procez, présent et assistent un de las gens deu dit Conseil, et per lo dit seignour fou (l) déclarât lui fase de receber (2) vicary à far lo dit procès, niossen d'Escure, aqui présent, ab puixance de aquet far instruir et complir entro à sentencie exclusive et se reserve que loudit d'Escure pousque procedir à degune ordonance, sie interlocutory ou définitive, chens (3) prender (4) los advis et vouler deu dit segnour.

Signé sur le registre, Jacques de Foix. Actum à Pau, en Conseil, lo dit jour et an.

3. — Lou quinze de Juin 1545, mess'"* (5) d'Escure, Marca, Candau (6), Lavigne (7) Rartolomey, de Gastille. Fou déclarât que Mossen de Neys assistesque ab lodit d'Escure à far lodit procès. Actum à Pau, en Conseil, lo dit jour et an.

4. — Lou XXII de juin 1545, per mess''^ de Quasso, de Marca, Bartholomey, de Gastille, fou restât que cum per cy d'abant fosse estât cometut mossen de Neys per assistir ab mossen d'Escure, viquary de mossenhor de Lescar, à far lou procès contre Guilhem de Bougarber, barber d'Audaux, accusât d'hérésie ; que en cas lou dit de Neys no posque y vaquar per affaire ou autres occupations, que au dit d'Escure assistire un deus autres mess'"' deu Conseil, prumer requerit : Actum à Pau, en Conseil, lou dit jour et an.

5. — Extreit deu registre de commissions et arrests et patentes deu Rey Henry second, f. 25. Vne commission à Monsieur d'Aure pour enquérir par tout le Béarn -contre tous ceux qui auront dit aucunes choses contre la sainte Eglise, et contre ceux qui ont contrevenu aux ordonances sur ceste affaire faites. Fait à Pau le

(1) Fou pour fo.

(2) Mauvaise lecture : Il fut déclaré par M. l'évéque qu'il avait réglé de prendre, pour vicaire au procès, M. d'Escure.

(3) Chens au lieu de senhs.

(4) Dans le texte précéder.

(5) Le texte met toujours v messieurs » au lieu de « messenhors ».

(6) Jean de la Salle, sgr de Candau, acheta une terre, vers 1.537. Arch B.-P., E. 1989.

(7) Le conseiller G">'î Lavigne, second président au Conseil souverain, fut exécuté le 10 août 1.569 à Pau, par ordre de Peyre, gouverneur catholique. Cf. N. de BonDKNAVK, Hist. de Béarn et Navarre, publiée par P. Raymond, Paris, 1873, p. 264.

22 Août 1551. Signé Henry. Par le Roy, souverain de Béarn susdit, signé Martret.

6. — Du même registre, f. LXi. Du 29« novembre 1551. Une commission adressade à mossenhor de Lescar, Bonnefon (1), Bartolomey, et aquo per que sie enquérit, far et perfar lou procès contre toute qualitat de gens qui troubaran aber dit, accusât et denomat (2), au pais de Béarn, a plusieurs hérétiques et gens mal sentens de la fée.

Signé Henry. Contresigné, Martret.

Page 1