CHAPITRE II
De la reyne Marguerite et de Gérard Rossel, évesque d'Oloron.
On demeure d'accord que cette reyne estoit accomplie (3). Ce qu'on a fait imprimer à son nom est une preuve qu'elle estoit très dévote et très scavante. On allègue deux moyens atin de prouver qu'elle estoit hérétique. L'un qu'elle donna quatre mille francs à quelques écoliers hérétiques hors du royaume. C'est un discours imaginaire dont il n'y a preuve quelconque; qui d'ailleurs n'est pas digne de considération. Car, quand il seroit véritable que cette reyne eust fait ceste aumosne, cella ne peust conclure (4) qu'elle feust hérétique; non plus qu'on ne peut dire que cest Israélite de la Sainte Escriture feust samaritain, parce qu'ayant esté laissé misérablement blessé, par les autres, il feust assisté par un samaritain. Il peut estre que ceste reyne fit ce don à la sollicitation de quelqu'un de sa cour et sur ce principe de justice qu'on ne connoit pas (5) ; et partant il n'est pas raisonnable sur un fondement sy léger, de diffamer ainsi la mémoire d'une sy sage princesse que cest auteur (6) relève ailleurs et confesse ne s'estre jamais
(1) Pierre de Bonnefont, originaire de .Salies, plus tard procureur général, eut pour successeur Pierre d'Etchart, le 12 décembre 1507. (Bidlelin de la Société des Sciences, Lettres et Arts de Pau, II" série, t. XXIV, p. 60.) Le copiste n'a pas mis le chiffre 6 en tète du document.
(2) Mauvaise lecture.
(3) Ce n'est pas le lieu de contredire Salefranque dont l'appréciation est bien indulgente pour l'auteur de VHeplameron. )
(4) Il faudrait au moins « ne peut faire conclure ».
(5) Mauvaise lecture.
(6) Florimond de Rémond. C'est lui qui parle de ces 4000 francs, 1. VII de son ouvrage.
sépai'ée de l'Eglise, mais èstre décédée dans la religion catliuliqiie et reçu les sacremens (1).
Le second moyen seroit plus considérable, s'il estoit véritable. C'est que le livre composé par ceste reyne intitulé: Le miroir de Vàme pécheresse auroit été condamné par la Sorbonne (2). C'est une avance toute fausse. Qu'on lise le livre du Concile de Trente, qui contient un catalogue des livres condamnés (3), on n'y trouvera rien d'iiérétiquo, ni d'impie (4), mais tout dévot et catholique. Ce prétendu livre n'est ([u'iin poème i]c quatre on cinq cens vers, qui est le premier livre de la Marguerite des Marguerites (5), dans lequel poëme se trouve l'invocation à laS'^" Vierge, l'invocation aux Saints, la manducalion du corps et du sang précieux de Xotre-
(1) Voici le texte si important de F. de Rémond : « Il est certain que quelques années avant son décès, elle recognut sa faute et se retira du précipice où elle estoit quasi tomljée, reprenant sa première piété et dévotion catliolique avec protestation, jusques à sa mort, qu'elle ne s'en estoit jamais séparée... Estendue au lit de la mort, elle receut le corps de son Créateur et rendant l'âme, embrassant la croix qu'elle avoit sur son lit, comme j'ay ouy raconter à un bon religieux Cordelier, nommé frère Gilles Caillau; il luy donna l'extrême-onction et l'assista jusqu'au dernier soupir». Histoire des hérésies, 1. VII.
(2) La célèbre Colleclio judiciorinn d'Argentré (1728) n'offre pas un seul texte sur cette condamnation, sans doute parce qu'elle fut ensuite levée, mais tous les auteurs la l'appellent, et M. J. Darmesteter dans La Reine de Navarre (Paris, G. Lévy, 1900, in-12, p. 143) nous apprend, sans indiquer ses sources, que « tout récemment, M. Léopold Delisle a découvert l'acte de délibération où la Sorbonne formule au roi François I" les excuses les plus humbles et déclare même n'avoir jamais condamné le livre royal ». Ge l'ut certainement après 1531, date du Miroir de Vàme, de la l<e édition d'Alençon.
(3) Les deux phrases ne se suivent pas, mais chacune offre un sens complet et acceptable.
(4) Le motif de la condamnation, d'après Théodore de Bèze et Genin (Lettres de Marguerite d'Angoulènie, édit. de la Soc. de l'Histoire de France, 1841, notice, p. 49), était que dans ce poème Marguerite « n'y avoit parlé ni des saints ni du purgatoire ».
(5) Ou plutôt Les Marguerites de la Marguerite des princesses. Salefranque ne se trouve pas d'accord ici avec les autres auteurs sur ce que renferme le Miroir de la pécheresse. Notre historien béarnais n'est pas grand clerc en matière de bibliographie.
— 2C - Seigneur et autres clioses qui ne sont pas de l'estile (1) des hérétiques. D'ailleurs ce qui fait connoître que cette allégation n'est aucunement véritable, c'est que ceste revue mourut en 1549, ainsi qu'il sera montré cy après, et ce livre fut imprimé à Paris en 1558, après mesme le décès du roy François premier, frère de la Reyne, et trois ans après le décès de Gérard Rossel, et partant ce que l'historien dit que la censure de ce livre faite par la Sorbonne feust la cause pour laquelle le roy François premier fit venir à sa cour ceste reyne, sa sœur, et que cest évesque estoit à sa suite est une allégation notoirement fausse; que si on vouloit prétendre que, quoique ce livre feust imprimé en 1558, c'est une seconde et troisième édition, on ne pourroit prétexter cella parce que si ceste impression estoit une seconde édition, cela se trouveroit infailliblement au commencement de ce livre, ce qui ne se trouve pas (2); partant, n'y ayant aucune preuve de ceste avance, il n'est pas raisonnable d'écrire, ny de croire, que ceste princesse, sœur et femme de roys très catholiques, soit tombée dans l'hérésie, d'autant plus que cest historien dit ailleurs qu'elle décéda fort catholique, ce qui n'auroit pas été sy sa religion avoit esté corrompue, puisque son imaginaire corrupteur, Gérard Rossel, évesque d'Oloron, feust toujours son directeur de conscience.
Gérard Rossel (3), évesque susdit, est accusé d'hérésie par le rnesme auteur (4); et pour le prouver, il allègue que cest évesque bailloit au peuple la communion soubs les deux espèces, à la mode lutérienne et dit qu'il preschoit publiquement l'hérésie (5). L'His-
(1) Ce mot eslyle est-il de Salefranque ou du copiste? Peut-être bien de Salefranque.
(2) Salefranque est un fort mauvais bibliographe, car Le Miroir de l'unie pécheresse auquel elle recognoisl ses fautes et péchés, aussi ses grâces et bénéfices à elles faicts par Jésus-Christ, son époux, eut, avant 1558, deux éditions : Alençox, Simon du Bois, 1531, et Paris, Antoine Augereau, 1533. — A. Lefranc, dans les Dernières Poésies de Marguerite de Navarre (Paris, 1890) croit au protestantisme de la reine.
(3) En latin Ruftis. Théodore de Bèze l'appelle Girard Ruffi dans son Hist. des églises réformées, 1. I (1524). Les historiens et les documents béarnais lui donnent les noms de Gérard Roussel et Rossel. Voir nombre de textes latins et français dans Touvrage déjà cité de Schraidt.
(4) Florimond de llémond.
(5) Yoici quelques lignes curieuses de F. de Rémond sur ce prélat : « Roussel... se mit à sauveté dans Nérac. Elle (Marguerite) le fit abbé de
toire ecclésiastique de d'Esponde (l) dit qu'en 1545, il prechoit en l'église de Mauléon l'hérésie, ce que le sieur de Maitye ne pouvant
Clairac et puis évesque d'Oléron. Ainsi les hrebis sont données à la garde du loup qui, revestu de sa chape et de sa mitre, fait la mine d'un bon évesque, se disant toujours enfant de l'Eglise romaine... protestant par ses lettres et par ses propos qu'il n'étoit ni Lutériste, ni Zwinglien, mais Rousseliste... Ce fut le premier, revestu d'une robe catholique, qui donna ouvertement à l'autel la communion sous les deux espèces au peuple ». F. de Rémond accuse encore Roussel d'avoir voulu introduire une messe étrange sans élévation, sans adoration, sans commémoration de la Vierge et des Saints, mais avec communion publique sous les deux espèces et « un grand pain commun à la grecque ». Telle était « la messe à sept points, sur la(juelle plusieurs philosophèrent, chacun prenant la mesure selon la grandeur de son pied ». Schmidt ne parle pas de cette messe singulière.
(1) Henri de Sponde, second fils d'Eneco de Sponde, secrétaire de Jeanne d'Albret, né à Mauléon, se convertit au catholicisme, écrivit VEpitome Annalium de Baronius (2 vol. in-fol.) et devint évéque de Pamiers (1568- 1643). Les récits de Sponde sont un peu sujets à caution. Celui-ci est douteux et celui qu'il donne du massacre des seigneurs catholiques au château de Pau (1569) est erroné, car il eut lieu à Navarrenx.
Voici le texte de Sponde dans VA^ïuaUtim Baronil continuatio (Paris 1641, in-fol., t. III, p. 266) :
« Memorabile est quod circa eumdem Roussellum episcopum ibidem contigit. Miserat ille primùm ad hœresim in eodem oppido Malleone, ubijam radiées egerat, fovendam, concionatorem queradam monachum
apostatam Petrus xVrnaldus quidam Maytia, ex honestis loci incolis, eum
acriter arguens ab oppido fugere compulit. Eam injuriam ulturus Roussellus e Bearnia Malleonem accurrens,... pulpite publiée conscenso, cum rem ad plebem urgeret... idem Petrus Arnaldus, zelo fidei incensus, ad cathedram pestilentise accedens, securi, quam ad id sub pallio attulerat, illam magnis ictibus in frusta conscidit, Roussello prostrato semimortuo, nec tamen
laeso Cum non multo post tempore, ad vires firmandas, balnea peteret,
mortuus est in via. »
Maytie fut traduit devant le Parlement de Bordeaux où il fut acquitté. Sponde rapporte ce fait en l'année 1549, tandis que Salefranque le met à l'année 1545. Il y a peut-être quelque lien entre ces récits et le fait suivant raconté dans le Journal de Casaliveterij, en 1546 : « En lod. an, ung religios
de l'ordi de S. Frances deu conbent d'Ortes predica contre lo voler de
monsenhor fray Gérard Rossel, evesque d'Oloron... et fo admonestât... de no predicar sens lo conget deud. evesque et lo poble menut tira In radryrc (lehore la f/leyse sus lo cymeteri, dont fon fevtes informations tant contre
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souffrir, donna d'une hache divers coups à sa chaire ; de quoy le prédicateur elTrayé tomba en sincope. Des gens le portèrent à son logis et de son logis aux eaux et qu'au retour en 1545, il mourut. Ce sont de pures inventions et contre la vérité ; car puisqu'un religieux a été chassé d'Oloron en 1545 parce qu'il y préchoit l'hérésie, puisqu'on a fait faire des informations, d'autorité du gouverneur, du chancellier et du Conseil mesme, qui a, commis les officiers de cet évesque pour faire l'information et qu'on la receut mesme pour juger au Conseil en ceste délibération; puisque mesme ensuite les commissaires du roy ont trouvé, après une perquisition d'actes, qu'il n'y avoit point d'hérétiques en Béarn, pourquoi est ce qu'on diffame la réputation d'un prélat et que cet auteur dit ailleurs qu'il ne vouloit jamais se séparer de l'Eglise, qu'il avoit une mense des pauvres qu'il nourrissoit et non pas une meute de chiens, et au lieu de carrosses et de chevaux, un grand traing de fort honnestes ecclésiastiques, qu'il entretenoit, et pourquoi dire qu'il étoit mort en 1545, puisqu'il étoiten vie en 1554? 11 mourut sur la fin de céste année (1) et eust pour successeur à l'évesché, Claude Regin (2). Les hérétiques soustienent opiniastrement leur hérésie et dès qu'une personne est entrée dans la doctrine des hérétiques, elle fait gloire de la soustenir et de la confesser. Et cest évesque, adverti par trois commissaires du Conseil d'avoir avancé en des discours familiers, qu'il sentoit l'hérésie, cest évesque se plaignit au Conseil par requeste pour faire refuser les commissaires, soustenant qu'il estoit catholique et révoquant ce que des conseillers eussent dit, qu'il estoit lutérien, et ce que cest auteur (3) a dit du sieur de Maytie est sans aucune preuve. C'est
lod. religios que... Perarnaud de Maytie, à requeste deu procurayre gênerai deu rey à Bordeu. Et aussi fon feytes plusors informations contre certans lutturiens de Mauleon. » J. de Jaurgain, Journal de Pierris de Casaliveterij dans les Archives histor. de la Gascogne, 1909, fasc. XIII, p. 8.
(1) La date exacte de la mort de G. Roussel est 1555. Cf. Revue de Gascogne, 1869, p. 558, et 1870, p. 46.
(2) Claude Regin, chevecier de Vendôme, évêque d'Oloron (1556-1592) : caractère faible, irrésolu, mais attaché à sa foi jusqu'à la mort. A A'endôme, où il était revenu, il se disait Episcopus dolorum, faisant allusion à son siège d'Oloron. Nous en reparlerons plus loin.
(3) Salefranque poursuit encore F. de Rémond et le contredit.
sans doute pour faire sa cour auprès de M. de Maytie (1), évesque, ne prenant pas garde qu'il lui fait tort de vouloir rendre cest honneste liomme coupable d'une violence si grande, et de la prétention (2) de condamner seul la doctrine portée par un évesque contre la Sainte Escriture ; et quant à la prophétie de d'Esponde, que la prélature ne sortira pas de la famille de Maytie, tandis (3) qu'il s'y trouvera quelqu'un de capal)le à la posséder, il ne faut pas la fonder sur cette violence prétendue, mais sur la piété et le zèle de deux évesques (4) de ceste famille, décédés, qui n'ont jamais eu de repos qu'on n'ait rendu à Notre Seigneur les moyens et les droits à l'Eglise. Et quant à ce que Florimond dit, eu son histoire, qu'un homme qui avoit esté présent à la mort de l'abbé de Clairacq (.5), lui avoit assuré, que cest abbé revenant d'une sincope avoit dit que le diable lui avoit apparu et lui avoit reproché qu'il avoit paillarde si longtemps avec la messe, cella ne peut être dit de cest évesque, parce que, quoiqu'il eust esté abbé de Clairacq, avant d'estre évesque, il ne l'estoit pas au t^ms de son décès. C'estoit un autre qui se nommoit, non pas Gérard, comme l'évesque, mais Jean Ilossel, témoin au testament de Jacques de Foix, en 1555 (6). Cest historien (7) s'est encore trompé quand il a dit que le vicaire général de cest évesque se nomoit Aimericq (8j. Car son nom estoit Raphaël Bordeilles. Il se trompe (9) en outre, quand il dit que cest évesque [succéda] à Louis d'Albret (10), évesque de Lescar depuis 1535,
(1) Il y eut trois Maytie, évèquès d'Oloron : Arnaud (l.-)99-i623), Arnaud II (1623-1646), Arnaud-François (lOOl-KJSI ).
(2) Sous-entendu « et ne prennent pas garde de sa prétention, etc. ».
(3) Pour tant que.
(4) Le troisième Maytie fut évêque d'Oloron de 1661 à 1681. Ce texte fut donc rédigé avant 1061.
(5) Clairac, au diocèse d'Agen. Son abbaye fut donnée en 1604 par Henri IV au chapitre de S. Jean de Latran à Rome, qui depuis lors envoyait le titre de chanoine à nos souverains et présidents. On célébrait, chaque année, la fête de S'"" Lucie, le 13 décembre, en l'honneur de la naissance d'Henri IV. Cf. Etiid. hist. et reîig. du dioc. de Bayo}ine, t. XI, p. 207 (article du R. P. Othon, alors défuiiteur général de l'Ordre de S. François, à Rome) et t. XII, p. 319.
(6) Tout ceci est de la mauvaise histoire.
(7) Toujours Florimond de Rémond.
^8) Il pouvait y avoir deux vicaires généi-aux.
(9) Dans le texte : Le temps en outre — inintelligible.
(1) Au lieu de Louis d'Albret, mettons Pierre d'Albret (1534-1536).
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jusqiies à son décès en 1555 (l) ; et Rossel teust évesque d'Oloron dès que l'autre feust évesque de Lescar. Tout cela sufit afin de justifier la mémoire de cest évesque (2) duquel Louis d'AUjret, évesque de Lescar, parloit de la revue par une de ses lettres; lorsque lui parlant des désordres du temps en l'Eglise, il lui conseilloit (3) d'apobler en ce pais (4) des gens da sçavoir et de la vertu de teu Monseigneur d'Oloron.
Cette Reine mourut en 1549 (5) et son corps porté et enterré dans l'église cathédrale de Lescar; après, la messe [feut] solennellement célébrée, assistans à ce le Roy avec ses conviés, sauf M. de Gramont (6), quoyqu'invité par lettre du Roy pour s'y trouver, comme il paroit de la procédure tenue sur l'ordre que le Roy voulut estre observée par les maîtres des cérémonies. Plusieurs princes, leurs invités, y feurent aussy. Les Evoques, Messieurs du Conseil souverain et de la Chancellerie de Navarre, y estoient aussy. Messieurs les juges du sénéchal, les Estais de Navarre, Béarn, et ses barons et autres, y estoient aussy (7).
(1) Tout ceci n'olfi-e aucun sens. Jacques de Foix fut évèque d'Oloron de 1523 à 153i; il fut transféré à Lescar, dont il gouverna le diocèse jusqu'en 1554; Pierre d'Albret lui succéda à Oloron en 1534; Roussel fut son successeur en 1536.
(2) Salefranque s'évertue inutilement à vouloir donner un certificat de catholicité à Gérard Roussel. En fait, cet évoque était un protestant avéré. Sa vie ne fut qu'une suite de démêlés, pour cause de religion, avec la Sorbonne et le pouvoir séculier. Celle-là le condamna, le 12 mai 1533 ; elle condamna encore sa Familière exposition, en forme de colloque, du symbole, le 15 octobre 1550. D'Argextré, Collect. judic, t. II, pp. 120 et 261. Le mémoire de Schmidt sur les idées novatrices de G. Roussel ne laisse place à aucun doute à ce sujet.
(3) La copie de Bonnecaze s'arrête ici.
(4) C'est-à-dire « de peupler ce pays ».
(5) A Odos en Bigorre, comme nous l'avons dit plus haut.
(6) Dans le te.xte « Gramon ». Après ce nom, il y a le pronom « qui », en l'air, laissant une phrase inachevée.
(7) « Florim., Hist. l. 7, ch. 3. — L'histoire de l'Eglise de M. d'Esponde ». Dans le texte, on lit : « L'histoire de las de M. d'Esponde. » — Cette note est insérée aux Preuves dans le manuscrit ; nous avons leporté ici ces deux lignes.
Preuve.
7. — La rcqueslc do Gérard Rosscl. Au Rey en Conseil. Remonstre humblement mossen Gérard Rossel, evesque d'Oloron, que lui a cy daban déclarât per suspects en touts son aPTars, en lou présent concistori en pendent, egregis mossen Jean d'Escurre, mossen Martin de Poey et Jean de Marca, pour tant que son sons ennemicqs capitaux, sço es que loud. d'Escurre, qui a enquérit abusivament et cheins commission contre lou suppliant (1), sus lou affaire de la i-eligion chrestiane et en plusieurs procès, et lour a dit que lou suppliant es liomi de bien, mes sentibe à las oppinions et propositions luterianes.
Et lou dit de Poey, cum a capital ennemicq deu dit suppliant, lou a diffamât en lou présent païs,disen que contre loud. suppliant, comme suspect d'hérésie, lou Parlament de Bourdeu habe balhat dus ajournaments personals, joint qu'à cause de la difîamation, enter lour son estats passais prepaus piquants et [non] ordinaris, de sorte qu'en la sale de M. de Montant, de la présente ville, lou suppliant fou constret luy diser.que lui fousse content de mourir quoand loud. de Poey moiirire, car cred que lous diables auren asses à far ab loud. de Poey et tais parlations lou dichou (2), en^ tenden la diffamation et aussy la mauvaise intention deu dit de Poey en lou christianisme (3).
Et quand au dit de Marca, que luy fousse en plusiours endrets déclarât ennemicq capital et manifeste deud. suppliant; purmerament, juus rason (4) de une pretendude commission, abe enquérit ab autres, tais quoals, à sa perte, eslegits testimonis, qui habitaben ny frequentaben ab lou suppliant, quinhe (5) doctrine predicabe, sy rninjabe carn lou coaresme, et en diffamation lou suspectan (6); plusiours lou disen qu'ère suspect d'hérésie et déniât de la fee,
(1) Nous trouvons souvent « suppliant » au lieu de « supplicant ».
(2) Dichou, forme gasconne au lieu de dixo, forme béarnaise littéraire.
(3) Mauvaise lecture.
(4) Evidemment, il faut ici J«i<.s rason, sous prétexte, au Vicu de jutts vuluur. {b) Abe enquérit... quinhe doctrine. — Dans le texte, ny rninjabe.
(6) Mauvaise lecture.
JLinct que, à rason deus perpaus siisd., lou suppliant lou dichou au debant plusieurs testimonis dignes de fee, que enseignabe, nou V abe goayre, un horroldgé (1), ainsy que luy suspectât abe cy devant.
Et per sas causes de récusation, en las peces qui abe contre loud. de Casteide, supplican humblement lou admetter a diser et rediser a probar de son dret, ab tous sons advis (2) intégra, et, davant toutes causes, mandar ausd. d'Escurre, Poey, de Marca, se abstenir de intervenir aud. procès. Et de tout avem signât. Landerio (3).
Lou Rey en conseilh appunte et ordonne per lou supplican assignar lousd. supplicans prepausats et per cy aqueres, en tant que pouyren estar denegades, per oeyt jours ou environ, et comme la réception de la dite aftiction et réparation et faction d'inqueste à un notary deus notaris deu Conseil, purmer requis, per après estar ordonnât cum de raison. Feit à Pau, en Conseil, lou 28 de novembre 1545. Per mandament deudit seignour en Conseil. Mauco (4).