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L'assemblée de Grenoble s'estant séparée, les députés des ministres présentèrent leur caher au Roi, lui exposèrent que ceux de la R. P. R., de toutes les parts de son royaume, s'estans assemblés en la ville de Grenoble, transmirent (?) à S. M. les protestations de leur fidélité très humble. Ils font cognoistre la crainte qu'ils ont de n'estre pas maintenus es grâces qui leur ont esté ci-devant octroyées et demandent par le 1" article que la doctrine de la souveraineté du Roy et son indépendance de toute autre puissance passe pour une loi fondamentale de l'Estat.
Au 2' ils demandent de requérir soigneusement, et plus qu'on n'a fait, du parricide abominable commis en la personne sacrée du feu Roy. Dans le 3e, demandent que le concile de Trente ne sera pas receu dans la France et que le serment fait par S. M. lors de son sacre n'empeschera pas ceux de la R. P. R. de vivre dans la liberté, qui leur appartient, en vertu des édicts et déclarations.
Le Roy respondit à ces 3 articles, que S. M. n'avoit pas entendu les comprendre dans ses promesses d'extirper les hérésies dans le serment qu'elle a voit fait à son sacre, ceux de lad. R. P. R. vivant en son royaume, sous le bénéfice de ses édicts. En l'art. 4. les ministres demandent que les ecclésiastiques, juges au Conseil de S. M., seront suspectés en leurs affaires et s'abstiendront de leur jugement.
Le Roy leur respond que les ecclésiastiques ont accoustumé de se retirer, lorsqu'au Conseil il s'agit de quelque affaire de ceux de la R. P. R., et qu'ils en feront autant à l'avenir.
Au 24" article qui suit le 4', les ministres se plaignent de ce que, quoiqu'il y ait union de doctrine et fraternité d'entre ceux de la R. P. R. de France, avec la doctrine de ceux de Béarn, et avec eux-mesmes qui d'autres lois s'estoient trouvés es assemblées de France, sans aucun empêchement; que mesme les évesques de Béarn se trouvent avec toutes sortes de libertés, dans l'assemblée générale du Clergé de France; ils sont avertis que le Conseil ordinaire de Pau avoit décrété les s' de Brassalai et de Bourgade, députés de ceux de Béarn, à l'assemblée de Grenoble, demandant qu'il plaise à S. M. faire cesser toute poursuite contre ces députés et permettre à ceux
(le Béarn de se trouver es assemblées générales, sans en demander aucune permission.
A quoi, le Roy respond que pour certaines considérations il veut que ces poursuites cessent et que ceux de la R. P. R. de Béarn se puissent trouver aus assemblées mixtes et politiques de France.
Par l'art, suivant, ils demandent, en faveur de ceux de Béarn, continuation des édiets. ce que S. M. leur accorde.
Monsieur le Prince soutenant les députés de l'assemblée de Loudun, en présentèrent un autre de 7 articles. Les deux premiers concernent l'exécrable parricide commis en la personne du l'eu Roy. le peu de soin qu'on a eu de taire rechercher les complices et faire les nouvelles poursuites, ce que le Roy leur accorde.
Le ?/' article concerne le 1" article du caher du Tiers-Eslat de France, touchant la souveraineté du Roy et l'indépendance de sa couronne. Le Roy respond qu'il respondra sur cet article lorsqu'il respondra sur l'art, du caher du Tiers-Estat de France.
Le 4" est la demande de lever les surséances ordonnées à l'exécution des arrests du Parlement de Paris en ceste matière. Le Roy respond que ces surséanees avoient esté or nées en présence de la Revue, sa mère, et les officiers de sa couronne, après meure délibération, afin, suivant l'exemple du feu Roy son père, et le bien de l'Estat. entretenir bonne correspondance avec X. S. P. le Pape, sans avoir en cela fait aucune chose préjudiciable à sa souveraine puissance, ni à l'indépendance de sa couronne.
Dans l'art, ô, ils demandent conserver les droits de l'Eglise gallicane, ce que le Roy leur accorde. Par l'art. 6", demandent que ce qui a esté fait touchant le concile de Trente soit approuvé.
S. M. respond que ce qui a été fait touchant le concile, n'a pas esté approuvé par elle; que cela n'a pas eu de suite et ne permettra pas (pie rien ne se fasse sans ni contre son autorité.
Par le 7 ", les ministres demandent confirmation des grâces qui leur ont esté concédées et S. M. le leur accorda et leur fit expédier des lettres patentes sur le tout, à Paris, le 6 août 1 61(>,
Ensuite de quoi, par arrest du Conseil d'Estat du 1" de janvier 1617, il feut dit qu'il estoit permis aux députés de ceux de la R. P. R. de Béarn de se trouver aux assemblées de France, à la charge que ces députés seroient agréables au Roy et qu'avant partir du pays, ils obtiendront permission de S. M. de se trouver èsd. assemblées et de faire apparoir au Conseil de cet agrément du Roy; défend à ceux de Béarn de faire aucune assemblée politique et mixte, ni recevoir en ces assemblées aucuns députés de celles de France sans permission du Roy deffendant de contrevenir à cest ordre.
Cela se trouve confirmé par l'édict de Paris du 2 juin 1617, par lequel le Roy permet à ceux de la R. P. R. de Béarn leur jonction aux églises P. R. de France, leur accorde la permission susdite, mais avec les conditions de l'arrest du Conseil d'Estat ci-dessus rapportées.
Les cahers et arrest du Conseil d'Estat t'eurent registres par arrest du 4 juillet 1617. Et quoique tant de grâces dussent obliger à l'obéissance ceux de la R. P. R., ils convoquèrent néanmoins une assemblée générale dans la ville d'Ortès en laquelle ceux de Béarn appelèrent ceux de France, qui se trouvèrent en grand nombre dans la ville d'Ortès, ce que le Conseil yaant su, fit commandement aux jurats d'Ortès de congédier tous ces étrangers et de les faire sortir de la ville, à peine contre les jurats et étrangers d'être punis comme contrevenans à la volonté de S. M.; du 28 et 29 mai 1618. S. M. mesme avertie de ceste contravention, condamna ceste assemblée, lui commanda de se séparer et d'en faire de semblables sans sa permission; à Paris le 28 mai 1618.
On eust avis que M's les évesques avoient si bien travaillé que le Roy reconnoissant la justice de leur demande, leur avoit octroyé la restitution de l'exercice de la religion catholique dans le Béarn, et de toutes les églises, ensemble mainlevée de touts biens ecclésiastiques en faveur des bénéficiers, comme ils estoient avant le changement arrivé sur la religion. Le Rov commit le s' Renard (1), conseiller d'Estat et mais-
Ci) Noir pour tout ceci le bel ouvrage de Mgr Puyol sur Louis XIII et /<• Béarn. Voir ;mssi notre livre sur Le Protestantisme en Béarn. Salefranque est un peu sec dans tout ce récit.
tre des requestes, afin de le porter et de le faire registrer. Il arriva dans Pau, le 15 juin 1618. A son arrivée, touts ceux de la R. P. R. touts effrayés accourent à Pau, font des oppositions aud. registrement de cest édict et quoique le Conseil fit commandement à touts de se retirer, qu'il refusa mesme la communication de l'édict au syndic du pays, qui s'estoit fait opposant, il déclara pourtant qu'il n'y avoit lieu de procéder à la vérification de cest édict, et quoique le Roy eust ordonné pour ceux de la R. P. R. sur son domaine, pour remplacement de ce que S. M. leur ostoit, ils firent des oppositions à cela mesme et le Conseil, qui les favorisoit, rejeta cette grâce royale par arrest du 29 juin 1618.
Le Roy envoya tout incontinent deffences au Conseil de se prendre fériés et se séparer, que plustost il n'eust vérifié cest édict et ses lettres de jussion sur cela; sur lesquelles et sur les oppositions des ministres et syndics de Réarn, le Conseil ordonna des remonstrances à S. M. pour qu'il pleut [laisser faire] ceux de la R. P. R. Cependant ceux de la R. P. R. de France résolurent de s'nssembler à Loudun; un grand nombre de ceux de Réarn viennent à Pau; enfin des députés [partirent] en vertu de la permission qu'ils en avoient obtenu de S. M., par un brevet, qui t'eut par eux remis au Conseil à satisfaction de son arrest du 21 aoust 1619.
Les troubles ayant été empêchés en France par l'édit de paix accordé par S. M. à ceux de la R. P. R.] du 11 aoust 1620, le Roy se résolut de faire le voyage de Réarn (1) afin de se faire obéir et de restituer à l'Eglise ce qui lui avoit esté ravi. II écrivit à M. de Casaux, premier président, qu'il seroit à Rordeaux le 20 de septembre 1620, lui commandant de travailler au registrement de son édict de main levée et de le venir trouver à Rordeaux avec des députés de ceux de la R. P. R. Le s' P. P. remit ceste lettre sur le bureau, sur laquelle le Conseil députa Mrs de et de Lendresse, conseillers, afin d'aller à Rordeaux faire de la part de la compagnie
(1) 11 parut à cette époque plusieurs récits du Voyage de Louis XIII eu Béarn, que Mgr Puyol ;i bien mis en œuvre.
à S. M. les protestations de sa soumission et de son obéissance. Le Roy féust à Bordeaux au jour susdit. Il écrivit au Conseil de lui envoyer des députés auxquels il put donner ses ordres et les envoyer à la compagnie; sur laquelle lettre le Conseil députa MM. Dupont et Dufour, conseillers, afin d'aller recevoir les ordres de S. M., par arrest du 23 septembre 1620, et déclara cependant le Conseil par son arrest de ce jour, 23 septembre, que le Conseil continuera ses séances et n'aura point de fériés. M. de Laforce receut alussi l'ordre du Roy de le venir trouver à Bordeaux, de quoi ceux de la R. P. R. voulurent le distraire, lui offrant leurs personnes et leurs biens pour la deffense de sa personne. Les députés de ceux de la haute Guyenne et basse se joignirent à -ceux de Béarn. firent mesmes offres à M de Laforce et firent ce qu'ils peurent pour divertir M. de Laforce d'obéir au Roy, ni de faire ce voyage; mais led. s', plus sage que touts, partit le mesme jour pour Bordeaux, suivi bientôt après de M. de Casaux, P. P. On députa [aussi] vers M. de Salles, gouverneur de Navarreinx, le priant de persévérer en ses saintes résolutions et d'employer ses biens et sa vie pour la défense de l'Eglise (1).
Enfin, le 12 d'octobre 1620, le Conseil ordonna par arrest que l'édict de main levée, lettres de jussion, et lettres de remplacement, seront vérifiées et registrées pour estre exécutées et observées, suivant leur forme et teneur. Les commissaires députés du Conseil arrivèrent à Preignac et y parlèrent au Roy. le 20 septembre, faisans excuse de n'avoir peu faire ce que le Boy leur avoit écrit; à quoi S. M. respondit en ces termes : « Puisque vous n'avés peu me faire obéir, je m'en y vais moi-mesme ». Et partit le lendemain de Preignac; alla coucher chés !e s' de Viçouse. Cella rapporté dans l'assemblée de ceux de la B. P. B. qui se tenoit à Pau, plusieurs opinèrent de s'en aller à Navarrenx et là tenir contre le Boy; mais ceux qui vouloient savoir plustost la volonté sur ce de M. de Sales, gouverneur, ayant prévaleu, ces gens envoyèrent à M. de Sa-
li Dans l'original, une partie de ce récit se trouve ;'i la p. 340.
les, tenter sa fidélité, qui leur respondit qu'il vouloit obéir. Ces gens lui asseurant les services des provinces voisines, il percista tous jours à se sousmettre à la volonté du Roy.
Cependant on prescrit le registrement de l'édict de jussion. Le Conseil s'estant assemblé sur cella, l'assemblée des ministres donna requeste de récusation contre M. de Laforce et contre M. de Cazaux. P. P., fondée sur ce que ceux de la R. P. R. soustenoient que M. de Laforce et M. de Cazaux avoient promis au Roy de faire vérifier et exécuter l'édict de main levée. Ceste récusation t'eut rejetée et le Î2 d'octobre, le Conseil print arrest portant que cest édict, lettres de jussion estoient vérifiées; qu'elles seroient enregistrées et exécutées, ensemble l'édict de remplacement en faveur de ceux de la R. P. R.
Le Roy feut à Pau. le jeudi 15 d'octobre. Le Roy convoqua les Estats au samedi 17 et, pendant les trois jours des requestes, il alla dans Xavarrens où il envoya deux compagnies du régiment de ses gardes; ce qui se passa dans Xavarrens ne peut estre mieux représenté que par les lettres escrites par led. s* de Sales, gouverneur, et le sr de Laur, pourveu du gouvernement en survivance au Conseil des églises prétendeues de Réarn. Celle du s* de S;des du 7 novembre 1020 contient qu'ayant sceu que M. de Laforce s'en alloit à Bordeaux afin de faire ses soubmissions à S. M. et que le Conseil avoit aussi député deux de la compagnie; il avoit jugé qu'il estoit obligé d'y aller aussi; mais à cause de son indisposition, il ne peut faire le voyage; mais il envoie le s1 de Laur. son neveu, pourveu en survivance du gouvernement et escrivit à S. M. que, si ses forces eussent esté assés grandes, il auroit esté luimesme rendre ses devoirs à S. M. mais, que ne le pouvant, il avoit envoyé pour cela le s' de Laur afin d'asseurer S. M. de la sincérité de ses volontés à son service. Le s' de Laur revint au s' de Sales avec une responce du Roy fort obligeante, disant au s' de Sales qu'il continuât à le servir et qu'il lui seroit bon maistre, de mesme de bouche au s' de Laur. qu'il ne changeroit rien au gouvernement de la ville, dit au sr de Laur qu'il ne craignit pas cella. Depuis donc led. s' de Sales avertit (pie le Roy s'approchoit et (pic M. de Laforce alloit le trouver ;i Arzac. Il y envoya pareillement le s' de Laur au quel s les
mesmes promesses feurent réitérées. Et M. de Luines l'asseure que le Roy ne feroit aucun changement au gouvernement de Navarrens et lui commanda de l'escrire à M. de Sales; que, le samedi, le Roy vint dîner à Monein et feut à trois heures à Navarrens, à la porte de laquelle le s' de Sales se présenta au Roy et lui dit qu'il y avoit 50 ans qu'il estoit le gouverneur de ceste place, qu'il l'avoit tous jours bien gardée, tant durant le règne du feu Roy, père de S. M., que durant le sien; et l'asseuroit que s'il y avoit encore dans la cour quelques-uns de ses vieux serviteurs, qu'ils attesteroient que S. M. estoit fort contente de son service, qu'il supplie très humblement S. M. de l'en croire et qu'en signe d'obéissance il lui présente les clefs de la ville. S. M. lui fit responce qu'elle estoit fort satisfaite de son service, qu'il continuât et qu'il lui seroit bon maistre, et lui commanda de bailler les clefs à M. de Laforce. Le Roy se retira du depuis à son logis, assembla le Conseil et le s' de Sales se retira chés soi où M. de Modène vint une heure après et lui dit de la part du Roy que, quoique S. M. feut fort satisfaite de son service, néanmoins il estoit obligé de retirer de lui le gouvernement à cause de sa religion et de le donner à un gentilhomme catholique; mais que le Roy vouloit lui donner récompense plus considérable (pie ce qu'il lui vouloit oter, laquelle led. s' de Sales refusa.
Quelque peu de temps après, led. sr de Modène et M. le maréchal de Cadene qui dirent aud. s' de Sales qu'il ne devoit pas trouver étrange le changement (pie le Roy faisoit en ceste pince, qui n'estoit pour aucune pensée du Roy. contre sa fidélité, mais pour des considérations d'Estat, que le Roy vouloit le récompenser, qu'il lui portoit un brevet de maréchal de camp et de cent (?) mille écus de récompense; enfin le sr de Sales feut obligé de signer la démission de ce gouvernement; c'est à peu près le contenu de la lettre du s1 de Sales; celle du s' de Laur, du 5 décembre 1620, est de mesme teneur.
Le lundi, 19 d'octobre, le Roy tint les Estats en présence desquels, assemblés en la grande salle du chasteau, les officiers du Conseil de Pau, et ceux des Conseillers de S. M., présents, le Roy vouleut faire le serment et le prendre de ses sujets. A ces lins. M. de Cazaux, président au Conseil, exhiba le for et coustume de Béarn, à l'ouverture duquel se trouve
ce que le seigneur est obligé de jurer et ce que les sujets sont obligés de jurer au seigneur, en deux divers articles, dont lecture t'eut faite par led. s' Président, et les termes dudit. qui sont en langage de Béarn, expliqués en françois.
Après quoi, le Roy, la teste découverte, leva la main droite au Ciel et jura trois fois l'observation de eeste coutume. Les Estats acceptant ce serment, se mirent incontinent à genoux devant S. M. et tenant les mains levées au Ciel prestèrent à S. M. le serment de fidélité et d'obéissance. Ce fait, les Estats se retirèrent à la maison de ville où bientost après arrive M. de La Ville aux Clercs qui lui déclara que le Roy vouloit que les évesques et abbés eussent entrée, présidassent mesme aux Estats. ce qui feut fait. Ensuite led. s' porta pareillement au Conseil le caher des évesques et responce de S. M. sur lequel le Conseil print arrest, le 19 octobre 1('>20, portant que toutes les responces seroient enregistrées, sans préjudice de taire les remonstranees sur les 5", (V. 7' et 14' art., qui sont de mesme nature; sur les 12'. 17' et 3<S' art. et sur le contenu en la requeste pour les difficultés qui s'y rencontrent.
Ce mesme jour, le Roy fit union de la couronne de Navarre et souveraineté de Béarn à la couronne de France; fit union en outre de la chancellerie de Navarre au Conseil souverain de Pau, dont il fit un Parlement. Et pour que les catholiques eussent justice, le Roy leur donne pouvoir de se faire juger par des juges en nombre égal de la religion catholique et de la R. P. R. Le Roy rétablit à Pau l'exercice de la religion catholique, dans l'église de Pau, et le lendemain assista à la procession générale en laquelle feut porté le S. Sacrement. Le mesme jour, le Roy supprima les offices de capitaines des parsans, qui ne servoient qu'à favoriser la révolte de ceux de la R. P. R. Le mercredi, 23 octobre 1620, le Roy partit de Pau, reprint son chemin vers Bordeaux et peu de temps après il osta le gouvernement du chasteau d'Ortès au sr de Brassalai, qu'il bailla au s' Lamet. maistre de camp du régiment de Picardie, lequel estoit en garnison en la ville d'Ortès.
Comme les officiers du Conseil avoient vérifié l'Edict de main levée, non de gré, mois de crainte d'estre punis au cas où ils le refusassent, comme désohéissans à la volonté du Roy, donnans l'arrest, susd., [ils dirent! qu'on mettroit cet arrest au nombre de ceux qu'on donne de peur et de force; ceux de la R. P. H. firent des projets afin de reprendre la ville de Navarrens, en égorgeant la garnison de la ville; cella fut découvert, dix des traistres pendus et le ministre prisonnier, le 9 novembre 1620; ce qui fist que le Parlement print arrest et commit (?) (\vu\ conseillers affin d'informer de tout, qui se transportèrent en la ville, parlèrent aux capitaines affin de les persuader à remettre l'affaire à la cour, laquelle semble possédoit le droit de juger de sang et de connaître des matières criminelles au contenu du for et de représenter le gouverneur absent. Les capitaines de la garnison s'en moquèrent et constraignirent les commissaires, nommés MM. de Laugar et de Claverie, de se retirer de la ville, sans faire procédure quelconque, ni rien écrire, quoique ces capitaines requissent ces MM. commissaires de faire saisir le s' de Bensin, l'aîné, et le s' de Maisonave, chef de la conjuration de ceux de la R. P. H. Mais le Roy, averti de tout, renvoya l'affaire et la cognoissance totale du crime au Conseil, qui députa les s's de Laugar et de Claverie pour faire dans la ville de \avarrenx, et partout ailleurs où besoin seroit, les informations, affin ensuite de procéder, ainsi que de raison, par arrest du 12 décembre 1620.
Quelque conspiration ayant esté découverte sur la ville et sur le château d'Ortès, les s" de Livron et de Sencricq, procureurs généraux, t'eurent commis, afin de s'y transporter et de pacifier les choses avec les capitaines de la garnison, par arrest du même jour. Ces avis t'eurent cause que, sur la réquisition du procureur général, le Conseil fît défïences à touts, de l'une et de l'autre religion, sujets du Roy en Béarn, de faire des assemblées, ni publiques, ni secrètes, et de porter les mines, leur enjoignant de vivre en paix, soubs l'obéissance du Roy, et ne se provoquer aucunement par injures, à peine d'estre punis comme perturbateurs du repos public, par arrest (\u 1") décembre 1620.
Huit jours après, savoir le 29 décembre 1 620, les jurats <)<• Luc, :1e Bielleségure, joints avec les sindics de Béarn, donnèrent requeste au Conseil, exposant plusieurs excès et demandant d'en estre informés; sur quoi, le Conseil ordonna l'information requise par lesd, s's de Laugar et de Claverie, et cependant deffences aux soldats de rien exiger pour raison de leur nourriture qu'en payant; et pour procéder justement, le Conseil ordonna que les capitaines de la garnison d'Ortès remettroient par devers le Conseil leurs procédures afifin de faire justice suivant la volonté du Roy, par arrest du 4 janvier 1621.
Plus, le Conseil eut plainte des habitans d'Aspis et d'Atos se plaignans des excès commis en ces lieux par des personnes armées et assemblées en iceux, et le Conseil, opinant M. de Laforce, commit encore les s's de Laugar et de Claverie pour en informer, par arrest du 10 janvier 1621. Ceux de la vallée d'Ossau firent aussi plainte de diverses assemblées faites es lieux de la vallée et résolutions prinses en icelles envoyées et portées en divers endroits, afïin d'exciter à sédition. Le Conseil ordonna qu'il en seroit informé par le procureur général, par arrest du 12 janvier 1621 et par arrest du 19 janvier, il feut ordonné que pour le jugement du procès touchant l'entreprise contre Xavarrens, seroient juges MM. de Casaus, P. P., MM. Dufour, Laugar, Claverie, conseillers, M. de Goheneehe, conseiller en la chancellerie de Navarre, et M. Dàbadie, procureur patrimonial, afïin de satisfaire à la volonté du Roy contenue dans ses lettres.
Comme ceux de la R. P. R. perdirent l'espérance de surprendre la ville de Xavarrens, ils se saisirent de la tour de Mongiscart, où le s' de Bensin se jeta et la fortifia. M. de Poyane l'escrivit à M. de Laforce et, sur ses lettres, le Conseil print arrest, le â mars 1621, M. de Laforce présent, qui commandoit au s' de Bensin de sortir de la place; dont M. de Laforce ayant prins sujet de s'armer, il appela force gens de guerre dans la ville, mais le s' de Poyane ayant constraint le sr de Bensin de sortir de la place et prins icelle, le Conseil députa des commissaires afïin de supplier M. de Laforce de congédier ses troupes, par deux arrests du 15 mars 1621; mais le sr de Laforce n'ayant pas voulu les congédier et commencé
mesnie de faire des fortifications dans la ville de Pau, le Conseil fit deffence d'y travailler et voyant le seig' résolu de continuer, délibéra de quitter la ville et de transporter son siège au lieu d'Arudy pour y rendre la justice (1). par ses arrests des 20 et 27 avril 1621, Tous ces arrests sembloient estre des tesmoignages et semblans de volonté de servir le Roy; ce n'estoient que des apparences et de là t'eut cause que le Roy, par ses lettres patentes du 10 mai 1621, interdit les s,s de Lendresse, de Gilot et de Laugar, conseillers, en leurs offices, priva le sr de La force de son gouvernement, par ses lettres patentes du 1" avril 11)21 et bailla commission à M. le duc d'Epernon affin l'exécuter cella par ses lettres patentes du mesme jour; et parce que M. de Casaus P. P. quitta le pays, le Roy envoya M. Dalïis, président au Parlement de Rordeaux, affin de tenir sa place par procuration, par ses lettres patentes du 10 mai 1621, pourvut M. de Poyane, gouverneur de Navarrens, de la lieutenance générale et M. de Témines du gouvernement de Réarn; et cependant le jugement des accusés de la trahison de Navarrens estoit sursis et enffin les coupables garantis par l'édict d'abolition générale, octroyée par lettre du mois de juin 1021 .
Plus, ceux de la R. P. R. ne voulant pas se soubsmettre aux édicts, ni se détacher de la prétention des biens ecclésiastiques que le Roy rendoit aux catholiques en vertu de ses édicts. machinèrent contre cella, résolus de payer les dismes et les prémisses aux ministres, et c'est pour cella que les communautés de Pontaq et de Relloq firent des résolutions de ne payer pas ni la disme, ni la prémisse aux curés, mais bien aux ministres, par actes de 1619, qui feurent cassés par les arrests de mars et de mai 1019; les officiers du Conseil leui avoient inspiré ceste prétention, lesquels opinant sur l'édict de main-levée avoient esté d'avis que les catholiques payeroient les dismes et prémisses aux curés et ceux de la R. P,
(1) Détail important et peu connu de cette époque troublée.
R. les payeroient à leurs ministres, ce qui ne feut pas sui\i, comme disent les Mémoires de M. de Lescun, conseiller. Des Mémoires de M. de Lescun, conseiller : Le 29 avril, un page du baron de Navailles, fds aîné de M... (1).