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Boethius leur fondateur

Généralités. — Contrairement à la France et à l'AnsTleterre, l'historiographie nationale en Ecosse fut dès le début entre les mains d'indigènes. Les recherches historiques n'y gagnèrent pas. Les fables médiévales étaient balayées de partout; elles se maintinrent en Ecosse. Les légendes tendancieuses sur le passé reculé de l'Ecosse furent non seulement adoptées intégralement, mais enrichies de nouvelles fictions. L'historiographie humaniste eut même pour suite en Ecosse une réaction dans la critique historique.

Cela est surprenant, car l'historiographie écossaise du moyen âge s'était close par un ouvrage qui avait traité la légende patriotique d'une façon remarquablement sobre. Mais l'exemple du scolastique John Mair — qui d'ailleurs, en adversaire de la politique anglaise d'extension, n^avait osé exercer sa critique que sur les légendes anglaises — ne porta pas de fruits. On récusa son livre. Non pas uniquement à cause de son latin barbare. Mais le public écossais n'était pas mûr pour les recherches indépendantes. Que l'on songe à quelle résistance la critique humaniste itahenne se heurta en France et en Angleterre : on ne s'étonnera pas que les humanistes écossais, qui avaient, en outre, reçu leur éducation de la France, non de l'Italie, ne soient pas entrés en lice contre la tradition populaire.

John Mair (Johannes Major), théologien, née à Gleghornie près North Berwick vers 1470, depuis 1493 à Paris, lecteur au collège Montaigu, de 1518 à 1522 Principal à l'Université de Glasgow, plus tard à lUniversité de Saint-André, mort vers 1550. A composé Historia Majoris Britanniae tam Angliae quant Scotiae (jusqu'à la fin du xv° siècle). D'abord Paris 1521; en traduction anglaise, nouv. édit. par la Scottish Hist. Soc. 1891 (avec biographie parMackay). — Ci. Hume Brown dans Cambridge Hist. of Engl. Literature III, 152.

Boethius. — En tout cas, les tendances critiques de Mair n'avaient pas effleuré la première histoire d'Ecosse écrite peu après dans le style humaniste. Hector Boethius, non content de s'attacher servilement à l'ancienne forme rhétoricienne, recueillit de nouveau dans

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riiistoire l'amas do fables des chroniqueurs du moyen âge. Il ne s'en tint pas là. Quand la docte légende venait à lui manquer, il suivait l'exemple d'Anniusde Viterbc (ci-dessus p. 165), il imaginait lui-même ses chroniques. H laissait passer les miracles sans critique. La glorification de sa patrie est tout pour lui. L'ancienne histoire d'Ecosse se réduit à une série de scènes de théâtre idylliques ou pathétiques.

iroctor BoETHius (proprement Boyis ou Bois), théologien humaniste, né 1465 probablement à Dundee, environ de 1492 à 1498 professeur au collège xMontaigu à Paris, plus tard recteur de l'Université d'Aberdeen, fondée en 1505, mort 1536. H écrivit Scotorum historiae a prima gentis origine II. XIK. Inachevé ; du dix-neuvième livre, qui devait traiter du règne de .lacques III nous n'avons que le commencement (il fut plus tard terminé par le Piémontais Ferrerius). 1™ édition, Paris 1526, avec la suite ibid. 1574. L'auteur s'était essayé 'd'abord dans l'histoire de l'évêché d'Aberdeen, imprimée à Paris 1552.- Vitac Episcoporum Murthlacensium et Aberdonemiam. Nouvelle édition pour le Bannatyne Club 1825 et le New Spalding Club, 1894. — C'est Bœthius qui a lancé dans le monde la légende du Jus primac noctis ; cf. Karl Schmidt, Jus primae noctis (1881), 196 ss.

Leslie. — L'histoire d'Ecosse qui suivit n'est pas, au point de vue des recherches, à un rang supérieur. L'évêque Leslie n'était pas plus liistorien que Boethius. Son Histoire est un ouvrage catholique tendancieux : il voulait mettre sous les yeux des nouveaux croyants la fidélité à la foi et à l'Eglise de leurs ancêtres. La critique historique pour elle-même n'est pas son affaire. Il blâme Boethius non pas de son peu de sûreté d'informations, mais de la rhétorique et de l'ampleur de son exposition. Aussi ne donne-t-il lui-même qu'un résumé assez maigre. La science en profita peu. Le ton de la narration est devenu plus sobre, plus réaliste; mais le fond même est bâti en l'air comme chez Boethius. La description de l'Ecosse qui sert d'introduction montre cependant que l'auteur a une nature plus sérieuse, une plus grande connaissance des affaires ; c'est un progrès sur l'indigente peinture de Boethius. Les dernières parties sont les mieux réussies, Leslie quoique homme de parti, est bien renseigné et a pu fréquemment s'appuyer sur des actes. L'ordre des annales est (comme plus tard chez Camden, ci-dessus p. 203 s.) observé extérieurement aussi dans l'impression.

John Leslie (Lesley) ecclésiastique, né io27, fils d'un prêtre écossais, pourvu 1547 d'un canonicat, après des études prolongées à Paris et à Poitiers revient 1554 en Ecosse ; chef des catholiques écossais, au temps de Marie Stuart, 1565 membre du Conseil secret, 1566évèque de Ross; plusieurs fois emprisonné par le gouvernement anglais; 1574 banni d'Angleterre; vit dès lors à Rome; 1591 nommé évèque de Coutances en Normandie ; mort 1596 dans le voisinage de Bruxelles. Il écrivit : De origine, moribus et rébus gestis Scotorum IL X. 1™ édition, Rome 1578, Il avait composé d'abord en écossais une partie de son ouvrage : c'est VHistory of Scotland from the dcath of K. James I in the year 1436 to the year 1561, composée 1568 à 1570 pour la reine Marie et qui fut publiée 1830 par le Bannatyne Club. Dans le remaniement latin postérieur, Lesley ajouta le chapitre sur l'ancienne histoire et fit plusieurs changements aux dernières parties. Une vaste continuation jusqu'en 1571 en traduction anglaise est publiée dans Forbes-Leith Narrative of Scottish Catholics 1885. — Cf. Hume Brown dans Cambridge Hist. of Engl. Literat. III (1909) 154 s.

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