Bucbanan
George Buchanan, humaniste, né 1506 à Killearn, Stirlingshire, étudia à Paris; depuis 1536 en Ecosse, précepteur d'un fils naturel de Jacques 'V, proscrit à cause de ses sentiments protestants ; 1539 de nouveau sur le continent, professeur d'humanisme à Bordeaux, Paris et Coïmbre ; vers 1562 de nouveau en Ecosse, prend part au gouvernement de l'Eglise presbytérienne ; choisi comme éducateur de Jacques VI, 1570 à 1578 garde des sceaux secrets, mort 1582 à Edimbourg. A écrit : Rerum scoticarum historia (jusqu'à 1571), i^° édition, Edimbourg 1582.
Cf. H. Forst, Vber Buchanans Darstellung der Geschichte Maria Stuarts 1882 (Dissert, de Bonn) avec un appendice dans Maria Stuart undderTod Darnleys 1894. Le Jubilé de l'année 1906 a provoqué une abondante littérature, mais qui, pour ce qui touche Buchanan historien, copie sans exception P. Hume Brown. G. B. humanist and re/'o?'/Her 1890 (Nommons : D. Macmillan, G. B. a biography ; R. Wallace and J. Campbell Smith, G. B.). Article sans valeur de J.-A. Balfour dans G. B. a Mémorial, édition Millar. Sur les traductions de V Historia, deux dissertations dans G. B. Glasgow Quaitercentenary Studies 1906 (1907).
Buchanan composa aussi une courte autobiographie, Vila (jusqu'à 1579) r-^ édition 1608.
Boethius et Leslie furent au bout de peu de temps rejetés dans l'ombre par l'ouvrage classique de Buchanan. La nouvelle histoire d'Ecosse n'était, ilestA'rai, classique que par la forme. Buchanan avait dans sa jeunesse imité Catulle et Martial : il reproduisit avec la même virtuosité dans sa vieillesse la manière de Tite-Live. Pour le style latin et l'art de la narration coulante, il fut supérieur à une
grande partie des humanistes italiens. Mais comme critique et comme chercheur il resta bien au-dessous d'eux. Au lieu d'écarter résolument, comme Bruni, les légendes patriotiques, il prit pour modèle l'historien national de Rome ; il se borna à rationaliser à moitié les récits de Boethius et les rendit ainsi inintelligibles et absurdes. 11 dépouille bien une fable trop absurde de ses traits les plus choquants; rarement il va jusqu'à la rejeter. Il n'effleure pas les problèmes historiques.
Buchanan s'arrêta à la forme rhétoricienne de l'ancienne école florentine, quand partout ailleurs elle avait été modifiée par les historiens de talent en faveur d'une conception plus réaliste. Bien qu'impliqué dans les luttes religieuses de sa patrie, il ne s'occupa pas plus que s'il vivait dans l'Italie du xv® siècle, de l'Église et de la religion : bien loin de nous peindre Knox, c'est à peine s'il le nomme. Il ne donne pas autant de détails sur l'action du réformateur écossais que Guichardin sur Savonarole. Jamais il n'eût osé, dans l'intérêt des faits eux-mêmes, s'écarter des préceptes de style de Bruni et de Poggio.
Il n'est du reste pas impartial. Son histoire ancienne est l'œuvre d'un nationaliste extrême (les attaques contre des auteurs anglais qui ont osé mettre en doute des exploits écossais, dépassent toute mesure) ; l'histoire contemporaine est l'œuvre d'un homme de parti très âpre. L'exposé du passé le plus récent n'est qu'un acte d'accusation haineux et sujet à caution pour les détails (la chronologie par exemple) contre Marie et les Hamiltons (qui avaient excité son mécontentement à cause de leur inimitié contre les Lennox). Dans les premiers chapitres, il est surtout partial quand il vient à parler de l'Église. Ses jugements sont ici encore ceux d'un protestant convaincu.