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L HISTOIRE NATIONALE

eux plus que Schedel (il supprima la division en chapitres et disposa sa matière en annales). Il tenta même çà et là de prendre une attitude critique, avec assez peu de bonheur, à vrai dire : il fit un accueil crédule au faux Bérose. Mais en gros le canoniste de Tubingue resta empêtré dans les opinions de sa classe. Il conserva le système des six âges du monde, et le combina avec une division d'après les générations du Christ. Tout en mettant l'histoire d'Allemagne au premier plan, il n'osa pas encore la détacher de l'Histoire du monde. Les formules juridiques étaient pour cela trop sacrées à ses yeux. On peut dire qu'à mesure que la sphère du pouvoir impérial se rétrécit, l'étendue de la matière historique diminue aussi, sans que l'auteur renonce à la prétention d'écrire une histoii'e du globe terrestre.

Comme chez la plupart des humanistes allemands, le patriotisme de tribu est plus développé chez Nauclerus que le patriotisme d'empire. En parlant des luttes entre l'empire et la papauté, il penche pour les idées de la Curie, et en tout cas cherche à être impartial : mais les empereurs souabes de la famille des Staufen, qui sont de sa tribu, il n'a pas pour eux assez d'éloges.

Quelques productions de l'historiographie humaniste allemande sont tellement dominées par des tendances patriotiques qu'elles sont œuvres de publicistes plutôt que d'historiens. Nous nommerons comme représentant de ce genre VEpitome renim Germanicarum de Wimpfeling, écrit qui se signale autant par son manque de critique et sa composition toute scolaire que par son nationalisme fanfaron. 11 n'a pas d'autre importance que de constituer le premier essai d'une histoire d'Allemagne.

Le but de Wimpfeling est de mettre en honneur l'histoire de sa patrie en face de l'histoire étrangère; ses moyens sont d'un coté des louanges enthousiastes pour lesempereurs allemands (notammentpour l'empereur vivant Maximilien) et les vertus allemandes, de l'autre des sorties haineuses contre les peuples voisins, surtout les Français. Les renseignements qui ne concordent pas avec sa tendance, il les altère sans scrupule : Tatsachen,dieden Ruhm Deutschlandsoder seiner Hcrrscher verkleinern, werden meist weggelassenoder in ihrer Wirkung auf den Léser abgesehwâcht ^ . (E. Bickel, W. alsHistoriker, Diss. de Marbourg 1904 ,p. 64.)

Au reste, Wimpfeling sait bien profiter des historiographes italiens (son récit jusqu'au temps de Frédéric III ne se compose presque que d'extraits de Platina, de Blondus, et d'Aeneas Sylvius) ; mais l'esprit de l'humanisme ne la touché que superficiellement : il ne discerne pas la fausseté des fables prétendues antiques, et il croit encore qu'une Providence divine agit dans l'histoire. Lui aussi, en dépit de son nationalisme, est un fervent de la patrie locale : sans égard au contexte, il intercale dans son Epitome des éloges de l'Alsace.

Jacob Wimpfeling (Wimpheling), né 1450 à Schlettstadt, professeur de théologie à Heidelberg, à partir de 1501 à Strasbourg, mort 1528 à Schlettstadt. Il composa, en utilisant un écrit non imprimé de Sébas-

1. Les faits qui diminuent la gloire de l'Allemagne ou de ses souverains, il les omet ou atténue l'impression qu'ils pourraient faire.

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tienMurrho de Schlcttstadt, De virtutibiis et magnificentia Germanorum, son Bpitoma Rerum Gennaidcarum usquc adnostra tcmpora (jusqu'à 1504) l™édit. Strasbourg 1505 ; rcimp. entre autres dans Schardim redivivus I (Giessen 1673)!'— Cf. outre Bickel, .1. Kncpper J. W. 1902 (Eclaircissements, et additions à .lansscn III. 2 à 4) : Joachimsen GcschickUauffassung 64 ss. et Mémoire dans Festgabe Hermann Grauert zur Vollendung des 60. Lcbeusjahres gewidmet von seinen Sc/irt/ern publié par M. Jansen, 1910.

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