‹ Histoire de l'historiographie moderneChapitre 135 sur 341 · Genève [Bonivard · texte numérisé non relu

Genève [Bonivard

François BoNivARD, né 1493 à Seyssel d'une vieille famille savoyarde, 1514 prieur du couvent de Saint-Victor à Genève, prend le parti de la ville dans ses luttes contre le Duc de Savoie, et subit à plusieurs reprises la captivité (à Chilien 1530-1536), vit à Genève depuis 1544 jusqu'à 1570-71, date de sa mort. Ses œuvres sont :

1. Les Chroniques de Genét^e (jusqu'à 1530) achevées 1551. Edit. de G.Revilliod 1867.

2. Traité de l'ancienne et nouvelle police, c'est-à-dire du système de gouvernement à Genève. Il y peint surtout les troubles des années 1547 à 1555. Edit. dans Mémoires et Documents de laSoc. de Genève, Vol. V.

Gomme vrai critique dans le sens des Italiens on ne peut compter en Suisse, à côté de Vadian, que le Genevois François Bonivard, auteur de la première histoire do Genève dans le style humaniste.

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Il partit lui aussi, comme tous les historiens locaux ultérieurs, des grands exposés de l'histoire suisse, traduisit Stumpf en français pendant qu'il travaillait à sa Chronique, et utilisa les recherches archéologiques de Tschudi. Mais il se garda de suivre ces deux auteurs dans leur contamination entre la légende et l'érudition. Il fonça aussi énergiquement que les Italiens sur la tradition pseudohistorique. Comme Calchi, il consulta une grande quantité de documents, principalement pour l'exposé des questions de droit, et, en règle générale, cita exactement ses autorités.

Sans doute, l'emploi de la méthode savante eut pour conséquence que son ouvrage manque de composition. Son style n'est pas, il est vrai, sec et incolore comme celui de Blondus, il est franc, sans gêne et semé de grossières expressions populaires. Son jugement n'est pas aussi étranger au monde que celui de Calchi ; il saitfaire des peintures vivantes, et il a tiré pour l'histoire un parti assez heureux de son expérience politique. Mais lui aussi, au lieu d'une narration suivie ou d'une division objective de la matière, donne un mélange de recherches archéologiques spéciales et de notices d'annales, même de chroniques. Quelque relief qu'ait sa narration, sa Chronique ne peut rivaliser avec les ouvrages d'une si belle unité des grands Florentins.

Le Conseil de Genève provoqua et subventionna la Chronique de Bonivard. Elle ne laisse donc pas d'être tendancieuse. D'un autre côté, Bonivard écrit encore tout à lait en humaniste. Il est dégagé de la prévention confessionnelle qui régna plus tard.

A ce dernier égard Bonivard est en contraste direct avec Michel RosET (1534 à 1613), auteur des Chroniques de Genève [jusqu'à 1562; !'■« édit. H. Fazy 1894) . Roset reste comme historien rigoureux calviniste. Son travail est du reste, au point de vue littéraire, bien au-dessous de la Chronique de Bonivard.

■4 — Petits ouvrages.

La période des tentatives originales fut close avec la première moitié du XVI® siècle. Les ouvrages qui suivirent ne renferment rien de nouveau ; ils ne font qu'appliquer la méthode traditionnelle à un nouveau sujet. Nommons ici seulement l'enfant des Grisons Durich Chiampel (Ulricus Gampellus, circa 1510 jusque circa 1582), qui. s'appuyant sur Stumpf et Tschudi et par là indirectement sur Blondus. composa une

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description historico-lopographiquc et une histoire de son pays, Historia Raetica jusqu'à la79; publiée d'abord 1884 à 1890, comme tomes VII à IX des Quellen zur Schiveizer Geschichte, par Kind et Plattner (abrégée par endroits) — et le pasteur de la cathédrale de Schafthouse, Johann Jakob RùEGER (1548 à 1606) qui fit la même entreprise pour Schaffhouse. {Chronik der Stadt und Landschaft Schaffhausen, publiée pour la 1'"'' fois 1880 ss.) La censure devint toujours plus timorée, si bien que des œuvres aussi loyales que les travaux du Bernois Michael Stettleh (i580à 1642), tardif successeur d'Anshelm, ne purent être publiées qu'en extrait.

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