Ocampo, ses continuateurs et successeurs
L'historien national classique de l'école pseudo-scientifique est l'ecclésiastique Florian de Ocampo, né vers 1499 à Zamora, mort après 1558, qui fut nommé par Charles-Quint 1539 Chroniqueur royal. Ses Quatro libros primeros de la Corônica gênerai de Espana (1544 Zamora, avec un 5*^ livre 1553 ; reproduit Madrid 1791-92 et 1852), non contents de répéter sans critique les faux étrangers, y ajoutent des inventions nouvelles par des raisons patriotiques (Ocampo veut prouver que la monarchie espagnole est la plus ancienne de l'Europe, plus ancienne même que Rome). Comment l'auteur aurait-il pu autrement remplir cinq livres de récits fleuris et romanesques sur l'histoire d'Espagne jusqu'au commencement de la conquête romaine! Cf. Cirot, Les histoires générales d'Espagne {i90i), 97 ss. et A. Morel-Fatio. Historiographie de Charles-Quint, I (1913), 79 ss.
C'est en opposition voulue avec la manière d'Ocampo que travailla Ambrosio de Morales, né 1513 à Cordoue, mort 1591, qui fut chargé de continuer l'œuvre inachevée de son prédécesseur. 11 s'éleva en principe contre l'emploi de sources imaginées. Son principal mérite est d'avoir, le premier parmi les Espagnols, systématiquement mis au service de l'histoire des témoignages autres que littéraires (inscriptions, monnaies, actes, etc.). Ses recherches critiques ne sont pas profondes, mais toujours honnêtes et consciencieuses; 1 historiographie venue après lui n'a pas gagné à s'écarter de ses voies. La première partie de sa continuation d'Ocampo parut à Alcala 1574 à 1577 ; les Cinco libros postreros, qui conduisent jusqu'à 1039. à Cordoue 1586 (reprod. dans les nouvelles éditions d'Ocampo, Madrid 1792). — Cf.sur les recherches d'inscriptions de Morales les lettres publiées dans la Revue hispanique XX (1909), 450 ss.
Un autre ouvrage qui. avant même Morales, chercha â rendre féconde pour l'Espagne la méthode de Blondus, ne résista pas à
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la suggestion exercée par les faux d'Annius et d'Ocampo. C'est le Chronicoii rerum memorabilium Hiapanix (jusqu'à 1020; le l^"" vol. seulement paru Salamanque 1552. aussi dans Schottus, Hispania illmt., I, [1603]) qui a pour auteur le Flamand Jean Vassée, latinisé en Vasaeus, né 1510 à Bruges, depuis 1531 en Espagne, depuis 1550 professeur à Salamanque, mort 1552. Vasaeus imprima à son travail plus décidément encore que Blondus le caractère d un manuel érudit : les faits, chez lui. sont simplement juxtaposés, non pas groupés en un récit. Il aurait pu servir de base estimable aux travaux d'autres historiens, si l'auteur avait résolument écarté les inventions mensongères de ses devanciers. Il n'en eut pas la force. Il avait bien des doutes sur les fables d'Ocampo ; mais il n'eut pas le courage de dire un adieu définitif aux faux pseudoantiques de l'illustre Chroniqueur. — Cf. Cirot, Les histoires générales, 157 ss.