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L'historiographie politique Strada

L'historiographie politique des Jésuites peut être caractérisée ici par son œuvre la mieux réussie, par les Décades de Famiano Strada .

Famiano Strada, né 1572 à Rome, reçu 1591 dans l'Ordre des Jésuites, professeur d'éloquence au collège romain, mort 1649, écrivit sur le désir et avec l'appui du duc Alexandre de Farnèse de Parme une histoire du soulèvement des Pays-Bas de 1555 à 1590 sous le titre de De bello helrjico décades II (l'^ décade Rome 1632: 2*^ ih,id. 1647). — Le jugement sur cet ouvrage a été influencé plus qu'il ne convenait par la critique haineuse qu'en fît dans ses Mémoires (1. 1 chap. ix) Bentivoglio, auteur de la Guerre de Flandre (ci-dessus, p. 156). parue la même année. Pour croire à l'impartialité de cette critique, il faut n'avoir jamais eu entre les mains le livre de Strada.

L'ouvrage de Strada peut passer pour un modèle de l'habile composition tendancieuse que les Jésuites pratiquèrent comme historiens politiques.

Strada a cherché avec une adresse extraordinaire à déguiser le caractère qu'a son histoire d'écrit départi confessionnel. Il s'applique à une grande modération de langage. Dans ses explications polémiques il feint de laisser parler les actes seuls (par les Farnèse il avait eu à sa disposition beaucoup de pièces d'archives). Il sait viser à coup sûr les côtés faibles de l'adversaire. L'intention édifiante, chez lui comme en général chez les Jésuites, ne s'allie pas à un idéalisme qui ignorerait la nature humaine; un léger souffle de scepticisme plane sur le récit d'incidents pathétiques. Son point de vue confessionnel a du moins cet avantage, qu'il permet d'embrasser le sujet sous des angles plus vastes ; Strada n'a pas besoin, comme Bentivoglio, d'entrer en concurrence avec les notes de journaux des mémoralistes antérieurs.

Strada est d'ailleurs un fort habile écrivain. Son latin vivant, qui lui attira de vives attaques de la part des puristes du temps, évite très heureusement la monotonie des imitateurs de Tite-Live. De nombreux concetti s'offrent au goût rococo de l'époque. Des portraits détaillés (encore une pierre d'achoppement pour les classiques rigoureux) donnent du relief à la narration. La composition de l'ouvrage a malheureusement souffert beaucoup des relations de l'au-

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teur avec les Farnèse. Strada était obligé de donner aux actes de Marguerite et d'Alexandre de Parn:ie un développement disproportionné.

Divers historiens jésuites ont été traités dans d'autres sections. CT. les chapitres sur Daniel (p. 176 s.), Mariana (p. 277 s.), Maimbourg (332), Pallavicino (p. 340 ss.), les Bollandistes (p. 403) et Papebroch (p. 409).

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