VENISE
ces ouvrages ofticiels l'esprit de la politique vénitienne. Il n'y est presque aucunement question des affaires intérieures; les affaires internationales sont exposées d'après les règles de la rhétorique humaniste ; un abîme sépare les historiographes classiques des relations prudentes des diplomates vénitiens, qui se tiennent en dehors de la psychologie d'école en analysant des motifs politiques. Et cela non pas seulement parce qu'ils n'osaient rien dire à cause de la censure, mais parce que souvent ils n'avaient rien à dire Avant la seconde moitié du xvi* siècle, il est plus rare à Venise qu'ailleurs de voir dans la même personne un homme d'État et un historien humaniste. D'une part la sévérité du régime familial, très fermé, ne permettait guère à des littérateurs étrangers d'arriver par leur talent de styliste à occuper une haute position dans les bureaux de l'Extérieur, comme avaient pu le faire Bruni à Florence, Simonetta à Milan, Pontan à Naples. D'autre part, les patriciens qui s'adonnaient à des études humanistes manquaient généralement de loisirs pour de grands travaux historiques. Nommé historiographe, A. Navagero fut arrêté par les affaires dans l'élaboration de son ouvrage d'histoire, et Bernard© Giustiniani n'a pas été plus heureux. La Répubhque, dans les premiers temps au moins, a donc dû prendre à son service surtout des lettrés restés en dehors de la vie politique, soit étrangers comme Sabellicus, soit indigènes comme Bembo.
Son attention fut éveillée de bonne heure sur l'historiographie humaniste. Elle pensa d'abord, entre autres, à Blondus (Masius, Blondus, p. 59 s.) mais n'eut pas de succès auprès de lui. L'historiographie vénitienne ne commença dorjc, un peu plus tard qu'ailleurs, qu'avec Sabellicus;
Littérature. — Travail d'ensemble dans l'histoire littéraire vénitienne laissée inachevée par le doge Marco Foscarini [Délia letteralura veneziana libri otto [il n'en a paru que quatre] Padoue 1752). C'est sur cet ouvrage que reposait à peu près tout ce qu'on connaissait jusqu'à ces derniers temps sur les historiens vénitiens. On ne consultera pas sans fruit, aujourd'hui encore, Tœ-uvre pondérée de cet homme d'Etat averti. Renseignements bibliographiques chez Prost, Les chroniques vénitiennes, dans la Revue des questions historiques, XX.Xl (1882) 512 ss. Les œuvres des historiographes officiels depuis Sabellicus ont été spécialement groupées dans les Istorici délie case veneziane i qiuili hanno scritto per pubblicu décréta, Venise, 1718-1722.
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