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Les Annales

a. — Mabillon.

Jean Mabillon, né 1632 à Saint- Pierremont en Champagne, 1653 moine Bénédictin, appelé 1664 au couvent de Saint-Germain-des-Prés à Paris pour seconder Luc d'Achery dans ses travaux sur l'histoire de l'Ordre, mort 1707 à Paris. 11 composa : Annales ordinis S. Benedicti (jusqu'à 1157), Paris 1703 à 1739 (les deux derniers volumes terminés par Massuet et Martène). Cet ouvrage avait été précédé par les Acta sancto- .^ rum ordinis S. Benedicti (1688 à 1701) .

Mabillon est en outre l'auteur de la première Diplomatique scientifique : De re diplomatica 1681.

Ses nombreux autres écrits sont énumérés dans la Bibliographie, dressée par H. Stein (dans les Mélanges et Documents publiés à l'occasion du deuxième centenaire de la mort de Mabillon, 1908, qui renferment

aussi un article de Lecomlo sur les Annales). Cf. on outre le travail presque uniquement biographique de E. de Broglie, Mabillon et la société de Vabbaye de Saint-Crcnnain- des -Prés à la fin du XVIP siècle, 1888. L'intention apologétique a inspiré JadartD. J. Jlf. 1879; II. Bitumer M. 1892. — Rosennuind, Die Fortschritte der Diplomatik seit M. 1891.

Des lettres de Mabillon sont publiées entre autres dans les Studien und Mitteilungen aus dcm Benediktiner-und Cisterzienserorden X et XI (1889 8.) de Goldmann et dans Gigas, Lettres inédites de divers savants, II (1892). — Valéry, Correspondance inédite de Mabillon et de Montfaucon avec l'Italie, 1846. U. Berlière dans la Revue Bénédictine, XXVIII (1911), 37 ss.

Mabillon a créé le chef-d'œuvre de la nouvelle historiographie érudite. Ses Annales de VOrdre des Bénédictins sont l'œuvre maîtresse du genre.

Il connaissait parfaitement ses matériaux et en était maître. Il était familiarisé avec les documents originaux aussi bien qu'avec les sources littéraires. Il avait acquis dans des voyages d'étude systématiquement entrepris la connaissance de la tradition tout entière.

Il a laissé paisiblement mûrir son œuvre. Un jugement réfléchi et une probité absolue caractérisent sa manière de travailler. Il n'émet pas une opinion qui ne soit méditée avec soin. Il distingue plus exactement qu'aucun autre entre les relations anciennes et les plus récentes. Pour la première fois des actes et des formulaires sont non seulement cités et extraits, mais rendus féconds pour l'histoire. Il traite avec une circonspection particulière les questions chronologiques. Et sans s'inquiéter de la tradition ecclésiastique ou de la réputation de son Ordre. Il ne se laisse par aucun moyen acheter son silence. Son jugement est modestement formulé, mais catégorique pour le fond; il n'évite pas la polémique, tout en gardant constamment le ton de lurbanité. 11 est peu de livres d'histoire qui éveillent autant d'attrait pour la personnalité de l'auteur que les Annales de Mabillon.

Sans doute, il ne faut pas lui demander davantage. Il est naturel qu'il ne renie pas sa foi, qu'il répète comme vraies, par exemple, des histoires de miracles pourvu qu'elles parviennent de bonnes sources, et qu'il parle avec une chaude sympathie des idéals de la vie claustrale. Mais même en deçà des limites très larges que lui permettait sa piété, on ne trouvera pas chez lui les rudiments d'une analyse histo-

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