‹ Histoire de l'historiographie moderneChapitre 194 sur 341 · HUME · texte numérisé non relu

HUME

ver II prend son propre point de vue loin de la phraséologie officielle et des mots d'ordre de parti. Il avait déjà essayé, dans l'histoire du moyen âge, d'échapper à la manière formelle et juridique habituelle et de pénétrer Tessence de l'histoire constitutionnelle. Mais il était resté^mi^chemin et avait mêlé à ses propres considérations réa- ^*^' listes un vacarme de phrases vides de journaliste {liberté et excè& de la liberté, tyrannie et anarchie, etc.)- H n'alla plus loin que dans son histoire du xvii^ siècle. Il fit presque complètement abstraction des litiges de forme autour desquels, selon les légistes, s"était déroulée la lutte entre la couronne et le parlement. En opposition avec Clarendon, qui était resté enfermé dans le système du droit constitutionnel, il chercha à démêler les raisons politiques qui pouvalent justifier la conduite de Charles l". Il se demanda si, en présence des circonstances changées, la prépondérance normale de la Couronne pouvait être maintenue autrement qu'en négligeant la législation ancienne, qui n'avait plus de sens. Il traita ainsi l'histoire de la Révolution d'Angleterre, pour la première fois, non pas impartialement (Rapin Thoyras avait été impartial, beaucoup plus que Hume) mais au moins historiquement ; le premier il essaya de passer par-dessus les déductions des publicistes de parti pour aller plus au lond des choses.

On le voit, l'historiographie de Hume, au contraire de celle de Voltaire, ne garde en somme qu'une importance insulaire. Voltaire pensait en cosmopolite; Hume n'apporta d'innovation que dans les vues sur l'histoire d'Angleterre. Il évita entièrement de tirer des conséquences historiques générales. Ses sentences souvent très insignifiantes visent la plupart du temps le domaine de la conduite privée. Comme historien psychologue, il a sur Voltaire l'avantage que ses figures sont moias facilement converties en simples types ; ses portraits sont tracés avec plus d'amour que ceux du Français et dégénèrent moins facilement en antithèses malicieuses. Mais d'un autre côté, il était plus intellectualiste que Voltaire. Il comptait moins que lui avec les passions aveugles. Il tenait pour impossible que des hommes d'État se laissent diriger par des motifs religieux.

Pour la FORME, Hume maintient plus fortement que Voltaire le schéma humaniste. Il divise son histoire d'après la durée des règnes. L'histoire pohtique extérieure, l'histoire des princes et des ministres,

des guerres et des intrigues diplomatiques, se confondent de nouveau avec l'histoire en général. Un appendice seulement jenferme des digressions sur la constitution, la législation et les mœurs aux différentes époques. On voit réapparaître des anecdotes fortement enluminées.

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