Schmidt
Michael Ignaz Scii.midt, né 1736 àArnstein,évèchédeWûrzbourg, prêtre séculier, 1771 bibliothécaire de l'Université et professeur d'histoire du droit germanique à Wûrzbourg, depuis 1780 à 'Vienne, mort 17&4 directeur des archives impériales privées. 11 a composé une Geschichie der Dcuischen. L'Histoire ancienne (Ulm 1778 ss.) va jusqu'à l'explosion de la guerre de Smalkalde (15-4.4), l'Histoire moderne (1785 ss.) jusqu'à 1660. Elle a été continuée par d'autres.
Schlôzer et Gatterer écrivaient pour la jeunesse académique; Michel Ignace Schmidt, auteur distingué de la Geschichie der Deutsche?! qui fut longtemps populaire est le premier historien allemand du BationaiHsme qui se soit adressé au grand public. 11 voulut faire pour l'Allemagne à peu près ce que Roberlsoa avait fait pour l'Ecosse, et faire servir à l'histoire de sa patrie les inspirations des historiens très lus de la France et de l'Angleterre.
Il était bien qualifié pour cela. Non pas qu'il eût une grande originalité de pensée (dans ses vues historiques il est tout à fait sous la dépendance de Voltaire et de ses disciples, particulièrement de Robertson), mais c'était un homme intelligent, capable d'un jugement sobre et objectif. Ses considérations ne sont pas profondes ; mais on ne peut pas dire qu'elles soient inférieures à celles de ses modèles. Il expose avec calme; les épigrammes sont relative-ment rares dans la narration; dans l'histoire du Moyen âge seulement ce Joséphin convaincu se laisse souvent entraîner à de malicieuses sorties anticléricales. Sa manière de traiter la Réforma:tion, qui fut vivement attaquée par ses contemporains protestants, mérite .particulièrement l'approbation du chercheur moderne; Schmidtest le premier qui ait tenté de juger la Réformation sans passion et
l'écoim de voltaire (spittler) 467
impartialement, autant que l'impartialité était possible à un auteur qui partag-eait oomplètement les principes du Rationalisme.
Schmidt était guidé par un instinct sûr vers les bonnes sources. Il recherchait aussi les témoignages non littéraires et il savait en faire un usage habile, H écartait par le silence les anecdotes romanesques ; il ne cite pas môme dans une intention polémique la légende de Tell (VU'' livre, ch. m). Il était presque aussi exempt que Voltaire «t Robertson de ppévention niationajle. Vis-à-vis de jugements défavorables de l'étranger, il aimait à plaider les cipconstances atténuantes ; mais il était fort éloigné de vouloir glorifier sa patrie par l'histoire, et il ne saurait être question d'altérations volontaires des faits.
Dans la disposition de son ouvrage, il se rattache tout à fait à Voltaire. Sur le modèle de l'Es&ai sur les mœurs, il intercala de temps en temps dans la narration des événements extérieurs des chapitres sur les mœurs et la civilisation, la science et l'éducation, la constitution et la législation, etc. Csomme le Français, il porta spécialement son attention sur l'état des finances publiques.