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Plaisir à un paisible gouvernement indigène

l'école de voltaire (spittler) 469

sources. Ses observations sont dictées par un jugement sain; elles font voir que l'auteur a connu le fonctionnement d'un gouvernement.

C'était d'ailleurs un travailleur consciencieux. 11 puisait presque toujours ses renseignements dans des actes. Il apportait dans l'utilisation et la critique de ses matériaux bien autrement de soin et de précaution que Voltaire. Il est vrai qu'il s'était taillé un plus petit domaine. En restreignant son horizon, il avait au moins l'avantage de pouvoir se spécialiser dans ses études.

Il ne se sent tout à fait dans son élément que quand il traite l'histoire du xvii^ et du xviif siècle. Les chapitres sur le Moyen âge sont incontestablement en baisse sur Voltaire et Robortson, pour ne pas parler deMôser, auprès de qui non seulement Spittler, mais d'autres rationalistes paraissent superficiels. Aucun autre n'a construit son œuvre sur un fondement aussi peu historique ni une expérience aussi bornée. Il projetait dans le passé, en l'idéalisant, la vie idyllique d'un petit État allemand tel qu'il l'avait connue en Hanovre et en "V\^ûrtemberg et il donnait à ce tableau de fantaisie le nom de Moyen âge. Voltaire et les Anglais n'avaient pas oublié que dans l'histoire du Moyen âge aussi il s'agissait de questions de puissance. Spittler n'a jamais compris cela. Il fit de l'histoire du Moyen âge allemand une fade comédie avec des bretteurs bons buveurs et des chanteurs d'amour, c'est-à-dire qu'il inventa la conception gemûllich du Moyen âge qui domina pour longtemps la poésie populaire en Allemagne. Au Moyen âge, ainsi qu'il le dit du temps d'Henri le Lion [Hann. Gesch. 1, 123) il voyait den ganzen gesellschaftlichen Zustaîid noch unschuldig teulsch und ktonstlos naturlich^ . 11 n'est pas nécessaire de bannir l'humour de l'histoire — surtout chez un auteur aussi maître de ses expressions que Spittler. Mais il ne s'agit pas seulement ici d'une question de style. Son Moyen âge d'opéra a nui aussi aux connaissances historiques.

Spittler historien de l'Église. — 11 est ici moins original et de moindre importance. Il peut revendiquer le mérite d'avoir appliqué le premier les principes du Rationalisme à l'histoire entière de l'Eglise (à l'exception des premiers temps, c'est-à-dire la vie de

1. Tout l'état social encore dans l'innocence allemande et la simplicité de la nature.

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Jésus et des apôtres). l\ est aussi vraiment le premier historien pro-testant do l'Eglise qui ait en partie renié non seulement la tendance orthodoxe, mais, qui plus est, la tendance anti-calholique. Il a appris de Voltaire à modérer son jugenKMit sur le clergé du Moyen âge et à voir dans la papauté et le monachisme autre chose que des obstacles à la pure doctrine. Mais il était dans une fausse position vis-àvis de son sujet. Quand il jugeait des affaires politiques, son jugement était souvent unilatéral et étroit, mais ses critères étaient du moins empruntés à une doctrine politique. Quant aux héros et aux événements de l'histoire ecclésiastique, il les appréciait d'après des desiderata qui n'avaient rien à faire avec l'essence de la religion et de l'Eglise. Mosheim n'avait guère d'idées plus justes que Spittler sur les besoins religieux de l'homme ; mais il avait au moins vn dans l'Eglise une institution pour le progrès moral, Spittler se représente l'Eglise comme ayant pour tâche de favoriser le Rationalisme. Ceux qui ont travaillé dans ce sens obtiennent une bonne note ; ceux qui s'y sont opposés, comme Calvin — ivarnendes Beispiel eines Temperameni&theologen^ — , sont blâmés, même s'ils ont rendu à IÉglise d'éminents services. On le voit, Spittler prenait son point de vue tout à fait en dehors de l'Eglise, et n'en était pas mieux en état de traiter son sujet au point de vue de la psychologie religieuse ou de la science ; il posait arbitrairement à l'Eglise un but qui est tout à fait étranger à son histoire.

Spittler se montre encore dans ses travaux d'histoire ecclésiastique écrivain plein de goût. Il égalait Voltaire dans l'art d'animer le récit par des épigrammes, autant du moins que cela était possible en allemand. Non content d'abandonner, comme Schrôckh l'avait fait déjà, l'ordonnance par siècles, il introduisit dans l'histoire ecclésiastique une division nouvelle, d'après le caractère de chaque période.

La plupart de ces périodes sans doute ne sont désignées que par des individus ; avec Grégoire VII par exemple commence une nouvelle grande section. Spittler professait, comme la plupart des Aufklàrer, la théorie catastrophique, et faisait presque exclusivement provoquer les grands changem>ents historiqiues par l'appari-

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