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Petits historiographes vénitiens

Plus que chez les historiographes d'État nous trouvons dans les trois livres de Francesco Contarini, Historix Hetrurix sivc Commentarionim de rcbus in Hetriuia a Senensibus gestis quelque chose de l'esprit de la politique vénitienne. A vrai dire, ces commentaires ne sont pas une histoire, mais, plus encore que le modèle donné par César, une simple relation à demi officieuse.

Francesco Contarini, né 1421 , professeur de philosophie à Padoue, mort 1460; reçut 1454 le commandement de l'armée que Venise envoyait au secours de la ville de Sienne contre Florence. Il décrivit cette campagne dans ses Commentaires édités par Brutus (ci-dessous, p. 83) à Lyon 1562 et fortement remaniés, surtout aux^2'' et 3° livres. L'édition est reproduite chez Grœvius. Anl. Ital. Vlil, 2; on n'a jamais imprimé la rédaction originale.

Nous rangerons dans la même classe le rapport du capitaine Coriolan Cepio (de Dalmatie, mort 1493) sur les hauts faits du capitaine de la flotte Pietro Mocenigo dans la guerre contre les Turcs 1471 à 1475 (De gestis P. Mocenigiimperatoris 11. 111 Venise 1477 et autres édit. fréquentes). Comme Cepio voulait magnifier son héros, il écrit moins en Vénitien officieux. Sabellicus avoue avoir largement puisé dans ce livre.

Cest une monographie insignifiante et de forme très maladroite que l'histoire de la Guerre de la ligue de Cambrai par Andréa Mocenigo. Mort 1542, a écrit 1515 à 1517 les Belli cameracensis historix, qui vont de 1494 à 1517, 1™ édit. Venise 1525; réimpr. dans Grœvius, Thés. Ant. Ital. V, 4, Cf. Ranke, Zur Kritik neuerer Geschichtschreiber, 86 s.

b. — Naples.

Les historiographes napolitains ne sont pas moins bien doués ni moins habiles écrivains que les Vénitiens. S'ils sont à un rang inférieur, c'est que dans l'État de Naples leurs écrits étaient non seulement officieux, mais obligés de servir des intérêts dynastiques. L'histoire personnelle des familles princières régnantes, parée des attraits du roman, est ici tout à fait prédominante et l'on est beaucoup moins encore en contact avec l'histoire véritable qu'à Venise, où du moins les historiens officiels avaient des sujets vraiment historiques.

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