Laurent Valla
Lorenzo délia Valle, latinisé en Laurentius Valla, célèbre humaniste et critique (né autour de 1407 à Rome, où il mourut en 1457), vécut de
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1436 à 1447 en qualité de lecteur et de secrétaire à la cour du Roi Alphonse de Naples. il écrivit comme tel son Historiarum Ferdinandi régis Aragoniae (le père de son protecteur) 11. m (achevé 1445; l''^ édit. Paris 1521. Ne figure pas dans ses Opéra). Sur ses autres ouvrages voir ci-dessous (p. 135 s.)-
Tel est surtout le caractère du premier ouvrage, d'histoire humaniste qui apparut à Naples, \ Histoire de Ferdinand /", roi d'Aragon. Valla avait une personnalité trop marquée pour accepter simplement la forme de Bruni. Mais ce qu'il y substitua ne valait pas beaucoup mieux.
Il ne s'intéressait qu'à la philologie, à la philosophie morale et à la critique ; les problèmes politiques ou militaires ne l'attirèrent jamais. Aussi son Histoire trahit-elle un penseur fort intelligent, un bon observateur, mais non un historien.
Valla rompit sciemment avec le programme humaniste. Il s'éleva contre l'usage de remplacer les noms géographiques modernes par des noms antiques (voir l'observation au début du premier livre f. 8 b) et il reproduisit, sans les affaiblir, des détails techniques et réalistes. Mais son histoire concerne presque exclusivement la vie des personnes régnantes et avant tout leur viepHuée. Il rapporte avec une complaisance particulière les cancans scandaleux. Qu'on admire tant qu'on voudra la connaissance cynique des hommes et l'incroyable manque de respect, à peine contenu par son mandat officiel, que Valla étala, ici comme ailleurs : ces qualités n'ont guère avancé les connaissances historiques. Des anecdotes malignes, pas plus alors qu'au xviii^ siècle, n'ont pu constituer un livre d'histoire. Nous passerions sur les offenses à la dignité de Vliistoire et sur les 500 fautes de langue que Facius (voir ci-dessous) a récoltées dans le premier livre des Histoires (cf. Valla, Opéra [Bâle 1540], 465 ss.) si la valeur historique de l'œuvre était plus grande.
Ces défauts s'expliquent pour une bonne part par le fait que Valla n'écrivait que contraint et forcé. Il s'aperçut bien dès le début qu'il n'était pas fait pour le métier d'historiographe officiel. Il esquiva jusqu'à la fin sa mission propre, qui était de décrire les années de jeunesse de son protecteur, le roi Alphonse. Avant tout sans doute parce qu'il aurait dû, bien plus que dans son ouvrage antérieur, réfréner son humeur malicieuse. Il ne connaissait que trop la soii
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insatiable d'Alphonse pour une glorification par les lettres (cf. Voigt, Wiederbelebung I, 488). Il avait travaille dix ans à ses Historiae peu volumineuses et certes pas trop limées ; la polémique qui s'y rattacha acheva probablement de le dégoûter de riiistoriographie. De l'histoire de la jeunesse d'Alphonse il n"a jamais rien paru.