‹ Histoire de l'historiographie moderneChapitre 24 sur 341 · Facius · texte numérisé non relu

Facius

Bartholommeo Fazio (né à Spezia, mort 1457), appelé comme historiographe à Naples par la protection de Beccadelli, y écrivit son Rerum gestarum Alfonsi I régis ncapolitani, 11. x (1420 à 1455), l'« éd. Lyon 1560 ; dernière dans Graevius, Thés. Ant. Ital. IX, 3. — Sur ses Viri illustres voir ci-dessous, p. 118 s.

Il y a une grande différence entre l'ouvrage original de Valla et ce livre qui ouvre proprement l'historiographie napolitaine officielle. Le lettré génois Bartholomé Facius est un représentant classique de l'historiographie humaniste. Facius a une grande sûreté de forme; il est supérieur même à un Poggio dans l'art de bien grouper le récit et de le dérouler en périodes latines harmonieuses : quant h l'histoire elle-même, elle ne l'intéresse pas du tout. Il pouvait d'autant plus aisément se consacrer à sa tâche principale, la glorification de son patron. Non content de le placer au centre de son exposition, il fait de lui le fameux héros de vertu sentimental en qui les officieux ont toujours vu l'idéal des monarques. Il restreignit ainsi le terrain de l'histoire plus encore que ne l'y obligeaient les règles de l'humanisme. On n'est pas même instruit par une introduction de la situation intérieure de Naples.

Il n'est pas étonnant que le roi ait été excessivement satisfait du travail. Outre sa pension annuelle, l'auteur reçut en récompense un don extraordinaire de 500 ducats. Une fois les prémisses de l'historiographie humaniste admises, le prince avait parfaitement le droit d'être ravi de cette œuvre. Si l'art du style seul pouvait assurer à un livre d'histoire l'immortalité, à voir ses hauts faits décrits par Facius il n avait plus lieu de douter que sa renommée fût impérissable.

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