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Un tout cohérent qui s'est formé dans le peuple

2. De travailler à la continuilé raisonnable du développement du droit qui se fait dans le peuple.

526 HISTOIRE DE L IlISTORlOGUArUIE MODERNE

publicislc, dans son écrit iibcr den Benifunserer Zeit zur Geseizgebung und Rcchts\vissenschafl (1814) il a émis plus dogmatiquement que tout autre les opinions romantiques sur l'origine du droit dans le génie national. Son aclivilê en histoire ne se rattache pas absolument à ce programme. Son ouvrage principal, Ge>sc/«c/Ue des rônmchcn Rechts im MUlclalter (1815 à 1831) prend bien aussi énergiquenicnt position contre la théorie rationaliste de la puissance créatrice du despotisme éclairé. 11 souligne que l'étude du droit à Bologne fut nicht durch den Willen einer Rcgierung, sondcrn durch innere JSotwendigkeit hervorgerufen ^ et qu'on ne devait pas invoquer pour rcxpii([uer die Guiist der sclnvdbischen Kaiser'^ (III, 76 et 80). Mais il est caractéristique que comme historien il n'essaye pas de prouver par un exemple que l'origine du di'oit est bien le génie national. Savigny remplace seulement par la tradition la création ex nihilo. Il ne décrit pas un phénomène mystique, mais la survivance d'un droit tout à fait concret et codifié. 11 n'est romantique qu'en ce que, par réaction contre le pragmatisme, il détachait trop l'histoire du droit de l'histoire politique : la situation juridique des temps modernes sort chez lui de l'état de l'empire romain d'Occident par une simple évolution (Cf. spéc. la Préface, p. v).

Savigny préserva son style du chatoiement romantique. C'était un esprit clair, un penseur sérieux, et il aimait à s'exprimer avec précision. II n'avait aucune vénération pour les fables et les contes; il louait Niebuhr comme son modèle. Il sera toujours regrettable que son histoire, qui aurait pu devenir un chef-d'oeuvre littéraire de l'historiographie allemande ait dévié à partir du troisième volume d'une façon inorganique, en histoire de la littérature des Romanistes, de sort.e que l'histoire du droit romain n'est traitée qu'à moitié. Cf. Edouard Mïdler, F. K. V. S., 1906. Sur tous ces historiens du droit, les meilleurs renseignements sont donnés par E. Landsberg. Gesch. der deutschen Rechtswissenschafi, III, 2 (1910). Dans les Notes du deuxième demi-tome se trouve réunie la littérature de la philosophie du droit i-omantique. Ont paru depuis : Rexius, Studien zùr Staaislehre der historischen Schide dans la Hiitor. Zeilschrift CVU (1911) 496 ss. et H. U. Kantorowicz, Volksgeist u. idstorische Rechts^chùle, ibid. CVllI (1912) 295 ss.

L'ouverture des Archives. — La Révolution française n'a pas seulement agi sur la conception de l'histoire, elle a aussi grandement facilité l'ÉTUDE de l'histoire. Un fait qui est d'une haute importance, c'est que, par suite des bouleversements radicaux qu'elle amena, un grand nombre de documents historiques perdirent leur valeur juridique. Il n'y en avait guère auparavant qui n'eussent à côté de leur intérêt historique une importance pratique. Le droit public n'était d'ordinaire pas basé sur des principes juridiques ou constitutionnels généraux, mais sur de nombreux privilèges et contrats particuliers. Autant

1. Provoquée non par la volonté d'un gouvernement, mais par une nécessité intérieure.

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